Apnée obstructive du sommeil et issues périnatales dans une cohorte de femmes enceintes japonaises

Apnée obstructive du sommeil et issues périnatales dans une cohorte de femmes enceintes japonaises

Introduction. L’apnée obstructive du sommeil pourrait être plus fréquente chez les femmes enceintes ayant un indice de masse corporelle plus faible que ce que l’on supposait auparavant, selon une nouvelle étude prospective menée sur une cohorte japonaise. Ces résultats suggèrent que les seuils de dépistage élaborés principalement dans les populations occidentales pourraient ne pas détecter les cas dans les groupes asiatiques plus minces.

Ce qu’ils ont trouvé. Les chercheurs dirigés par Manaka Moro et Jun Hosomichi à l’Institute of Science Tokyo ont recruté 185 femmes enceintes à 28 semaines de gestation ou plus à l’hôpital Toranomon de Tokyo. Chaque participante a subi une évaluation du sommeil nocturne à l’aide d’un appareil WatchPAT, un test d’apnée du sommeil à domicile validé. L’équipe a défini l’apnée obstructive du sommeil comme un index d’apnée-hypopnée de 5 ou plus.

Au total, 29 des 185 femmes (15,7 %) ont atteint le seuil de l’AOS. La grande majorité des cas étaient légers : 23 femmes présentaient une AOS légère, 5 une maladie modérée et 1 seule une AOS sévère. Les femmes du groupe AOS avaient un poids pré-grossesse et un indice de masse corporelle plus élevés que celles sans AOS. Cependant, le groupe AOS présentait un taux de variation de l’IMC plus faible pendant la grossesse, un profil qui pourrait refléter des adaptations métaboliques ou physiologiques différentes.

Malgré ces différences dans les caractéristiques maternelles, l’étude n’a révélé aucune différence significative dans les résultats néonatals entre les deux groupes. Le poids de naissance, la taille à la naissance et l’âge gestationnel à l’accouchement étaient comparables chez les femmes avec et sans AOS.

Pourquoi c’est important. Le résultat central de cette étude n’est pas simplement que l’AOS survient pendant la grossesse, mais qu’elle survient à des niveaux d’IMC étonnamment bas dans une population japonaise. Les recherches antérieures sur l’AOS liée à la grossesse proviennent en grande partie de cohortes occidentales, où un IMC plus élevé est un facteur de risque dominant. Les femmes japonaises de cette étude avaient un IMC pré-grossesse moyen bien inférieur au seuil d’obésité typique, mais la prévalence de l’AOS de 15,7 % correspond aux estimations rapportées dans des populations occidentales plus lourdes.

Ce profil suggère que la relation entre le poids corporel et les troubles respiratoires du sommeil peut différer selon les groupes ethniques. L’anatomie craniofaciale, la collapsibilité des voies aériennes et la répartition des graisses varient toutes selon les populations et peuvent contribuer à un risque élevé d’AOS à un IMC plus faible chez les personnes asiatiques. Pour les cliniciens qui s’occupent de femmes enceintes d’origine est-asiatique, le recours à la seule stratification du risque basée sur l’IMC pourrait conduire à un sous-diagnostic de l’AOS.

L’étude a été financée par des subventions JSPS KAKENHI et a utilisé un recrutement prospectif avec des tests objectifs du sommeil, ce qui renforce la confiance dans l’estimation de la prévalence.

Limites. L’étude présente plusieurs limitations importantes. La taille de l’échantillon de 185 femmes est modeste, et la conception monocentrique dans un hôpital de Tokyo limite la généralisabilité. La plupart des cas d’AOS identifiés étaient légers, de sorte que l’étude n’avait pas la puissance nécessaire pour détecter des différences dans les issues périnatales indésirables rares. L’appareil WatchPAT, bien que validé, estime l’IAH sur la base du tonus artériel périphérique plutôt que par mesure directe du débit d’air, ce qui peut introduire des différences de classification. Les auteurs notent également que l’étude n’a pas évalué des symptômes tels que les ronflements ou la somnolence diurne, ce qui complique le tableau clinique des femmes qui pourraient bénéficier d’un dépistage.

Conclusion. L’AOS était présente chez environ une femme enceinte japonaise sur six en fin de grossesse dans cette cohorte, principalement légère, et n’était pas associée à des différences mesurables dans les résultats néonatals. Le résultat le plus notable est que cette prévalence est survenue à des niveaux d’IMC où l’AOS n’est souvent pas suspectée en pratique clinique, renforçant la nécessité d’approches de dépistage spécifiques à chaque population pendant la grossesse.

Traduit de l’anglais par l’équipe 1ban.news.

Scroll to Top