La réponse pupillaire à la lumière décline progressivement du vieillissement sain au trouble du comportement en sommeil paradoxal puis à la maladie de Parkinson

La réponse pupillaire à la lumière décline progressivement du vieillissement sain au trouble du comportement en sommeil paradoxal puis à la maladie de Parkinson

La réponse pupillaire à la lumière médiée par la mélanopsine présente une réduction graduelle des sujets sains aux patients atteints de trouble du comportement en sommeil paradoxal isolé (TCSPi) puis à ceux atteints de la maladie de Parkinson (MP), ce qui en fait un biomarqueur non invasif potentiel pour la synucléinopathie précoce, selon une étude publiée dans Movement Disorders.

La réponse pupillaire post-illumination (PIPR) était également associée positivement à l’amplitude du rythme circadien repos-activité et aux performances cognitives, reliant le dysfonctionnement de la mélanopsine aux caractéristiques non motrices de ces affections.

Ce qu’ils ont découvert

Chan et ses collègues de l’Université chinoise de Hong Kong et de l’Université de Pittsburgh ont mesuré la PIPR à 6 secondes après l’extinction lumineuse chez 135 participants, 45 par groupe, appariés selon l’âge (moyenne 64,4 ans) et le sexe (56 % d’hommes). La PIPR nette a été calculée en soustrayant la réponse à la lumière rouge de la réponse à la lumière bleue, isolant ainsi la composante mélanopsique des contributions des cônes et des bâtonnets.

Les résultats ont montré un gradient progressif clair :

  • Sujets sains : 23,8 % de PIPR-6s nette
  • TCSPi (synucléinopathie prodromique) : 18,6 %
  • Maladie de Parkinson : 13,3 %

Les différences étaient hautement significatives (p < 0,001), avec une réduction progressive entre les groupes.

La PIPR-6s nette était également associée positivement à l’amplitude du rythme circadien repos-activité et au mésor (mesuré par actigraphie sur une semaine), ainsi qu’aux scores au Hong Kong Montreal Cognitive Assessment. Cela suggère que le dysfonctionnement de la mélanopsine est lié non seulement à la neurodégénérescence, mais aussi aux perturbations circadiennes et au déclin cognitif courants dans la MP et ses stades prodromiques.

Pourquoi c’est important

Le TCSP idiopathique est le prédicteur connu le plus fort de la synucléinopathie prodromique, plus de 80 % des patients atteints de TCSPi développeront éventuellement la maladie de Parkinson ou une démence à corps de Lewy. Cependant, des biomarqueurs fiables et non invasifs pour suivre la progression de la maladie depuis le stade prodromique font défaut.

La PIPR est rapide, non invasive et ne nécessite qu’un équipement standard de pupillométrie. La réduction graduelle le long du continuum sain-TCSPi-MP suggère qu’elle pourrait servir de marqueur de progression dans les essais cliniques de thérapies modificatrices de la maladie, ou comme outil de dépistage pour identifier les patients TCSPi les plus à risque de conversion imminente.

Les associations avec l’amplitude circadienne et la cognition impliquent également les cellules ganglionnaires rétiniennes intrinsèquement photosensibles exprimant la mélanopsine (ipRGCs) dans le fardeau plus large des symptômes non moteurs des synucléinopathies, ce qui pourrait ouvrir de nouvelles cibles pour des interventions circadiennes.

Limites

L’étude est transversale. Des données longitudinales sont nécessaires pour déterminer si la PIPR diminue avec le temps chez les individus et si le taux de déclin prédit la conversion du TCSPi vers la MP. Les résultats nécessitent également une réplication dans des populations plus diverses au-delà de la cohorte hongkongaise.

L’essentiel

La réponse pupillaire médiée par la mélanopsine est progressivement réduite le long du continuum sain-TCSPi-MP et corrèle avec la force du rythme circadien et les performances cognitives, soutenant son développement en tant que biomarqueur non invasif de la progression de la synucléinopathie.

Source : Chan JWY, Huang B, Gong S, et al. Melanopsin-Mediated Post-Illumination Pupillary Response in Idiopathic REM Sleep Behavior Disorder and Parkinson’s Disease. Movement Disorders. 29 juin 2026. DOI : 10.1002/mds.70412

Traduit par Lydie

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