Des millions de personnes se rassemblent alors que les funérailles de Khamenei débutent à Téhéran, une cérémonie de six jours en cours

Cet article fait suite à l’article de ce matin sur les préparatifs funéraires iraniens pour Khamenei (iran-khamenei-funeral-plans-july-2026). Ce qui suit est le prochain chapitre de cette histoire.

Les funérailles du guide suprême iranien Ali Khamenei ont véritablement débuté samedi, alors que des millions de personnes en deuil ont afflué dans les rues de Téhéran lors du premier jour d’une cérémonie de six jours que les organisateurs estiment pouvoir attirer jusqu’à 30 millions de personnes à travers le pays. L’ampleur du rassemblement a dépassé les prévisions les plus optimistes.

Le corps de Khamenei a été transporté à la salle de prière Mosalla de Téhéran tôt samedi matin, où il reposera pendant deux jours. Les foules ont commencé à se rassembler avant l’aube, remplissant les rues autour de la salle de prière et s’étendant sur des kilomètres dans toutes les directions. Des témoins ont décrit une mer de personnes vêtues de noir, beaucoup se frappant la poitrine et scandant des slogans dans une traditionnelle démonstration de deuil chiite.

La scène rappelait les funérailles de 1989 de l’ayatollah Ruhollah Khomeini, lorsqu’environ 10 millions de personnes s’étaient déplacées. Les foules de samedi pourraient avoir dépassé ce nombre dès le premier jour. La municipalité de Téhéran s’était préparée à accueillir près de 20 millions de visiteurs, installant des postes médicaux d’urgence, des points de distribution d’eau et des installations sanitaires temporaires dans toute la ville.

Les funérailles ont lieu quatre mois après que Khamenei a été tué lors d’une frappe aérienne conjointe américano-israélienne le 28 février. Ce délai était dû à la guerre en cours et aux préoccupations sécuritaires. Les responsables craignaient qu’un rassemblement de masse ne soit la cible de frappes aériennes ou ne provoque une bousculade similaire à celle qui a tué au moins 56 personnes lors des funérailles de Qasem Soleimani en 2020. Le régime a établi des zones d’exclusion aérienne au-dessus des parcours des cortèges et déployé des milliers d’agents de sécurité.

La cérémonie se déroulera dans plusieurs villes au cours des prochains jours. Après avoir reposé à Téhéran les 4 et 5 juillet, un cortège funèbre traversera la capitale le 6 juillet. Des cérémonies suivront dans la ville sainte de Qom le 7 juillet, puis à Najaf et Kerbala en Irak le 8 juillet, avant que le corps ne retourne en Iran pour être inhumé le 9 juillet au sanctuaire de l’imam Reza à Machhad, la ville natale de Khamenei.

La signification politique des funérailles dépasse le deuil. L’ampleur des foules sera interprétée comme une mesure de la légitimité du régime à un moment où il mène une guerre, gère une économie en effondrement et fait face à une dissidence interne. Pour la République islamique, une forte affluence est une démonstration visible que le système commande toujours la loyauté de millions de personnes, même après la perte de son leader. Le fait que la participation semble être énorme, malgré quatre mois de guerre et de difficultés économiques, est un élément que le régime utilisera pour arguer qu’il conserve le soutien de la population.

Le fils et successeur de Khamenei, Mojtaba Khamenei, n’est pas apparu publiquement depuis la frappe de février qui a tué son père et plusieurs membres de sa famille. Il aurait été blessé lors de la même attaque et n’a communiqué que par des déclarations écrites. Son absence aux funérailles a alimenté les spéculations sur sa santé et la stabilité de la succession. Certains analystes se demandent s’il possède l’autorité que son père détenait, particulièrement alors que les Gardiens de la révolution détiennent un pouvoir indépendant substantiel après la guerre.

Pour la communauté internationale, les funérailles rappellent que, bien que la direction ait changé en février, la République islamique reste intacte. Que les funérailles servent de moment d’unité nationale ou de catalyseur pour des questions plus profondes sur la direction du pays dépend de ce qui se passera une fois que les foules seront rentrées chez elles.

Traduit par Lydie

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