La sonde Tianwen-2 de la Chine atteint la quasi-lune de la Terre et renvoie les premières images de Kamo’oalewa

La sonde spatiale chinoise Tianwen-2 a réussi à rejoindre Kamo’oalewa, une quasi-lune de la Terre, et a renvoyé les premières images en gros plan de cet astéroïde énigmatique que certains scientifiques pensent être un fragment de la Lune.

Lancée en mai 2025 à bord d’une fusée Longue Marche 3B, la sonde a atteint Kamo’oalewa le 7 juin 2026. Bien que l’Administration spatiale nationale chinoise n’ait pas encore officiellement confirmé la manœuvre, une vérification indépendante de l’AMSAT-DL utilisant des télescopes en Allemagne et aux Pays-Bas a détecté l’insertion orbitale. La sonde se trouve actuellement à environ 2 000 kilomètres (1 240 miles) de l’astéroïde et passera les prochaines semaines à s’en approcher progressivement jusqu’à environ 20 kilomètres (12 miles).

Kamo’oalewa (désigné 469219) est l’un des sept seuls quasi-satellites connus de la Terre, des objets qui orbitent autour du Soleil sur une trajectoire qui les maintient perpétuellement près de la Terre sans y être gravitationnellement liés. L’astéroïde mesure entre 40 et 100 mètres (130 à 330 pieds) de diamètre et effectue une rotation complète toutes les 28 minutes, plus rapidement que la barrière de rotation typique des astéroïdes, ce qui suggère qu’il s’agit d’un corps solide et monolithique plutôt que d’un tas de débris meubles.

Ce qui intéresse particulièrement la communauté scientifique, c’est le spectre de réflectance de l’astéroïde. Des observations du Large Binocular Telescope en Arizona, publiées en 2021, ont révélé que le spectre de Kamo’oalewa correspond étroitement aux minéraux silicatés lunaires, ce qui a conduit à l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’un fragment éjecté de la Lune par un impact ancien, peut-être celui qui a créé le cratère Giordano Bruno sur la face cachée de la Lune il y a environ 10 millions d’années. Il pourrait également s’agir d’un astéroïde migrant de la ceinture principale. Les échantillons que Tianwen-2 rapportera devraient trancher définitivement la question.

Échantillonnage et calendrier

La mission cartographiera la surface de Kamo’oalewa à l’aide de LiDAR, de caméras et d’un radar de sondage jusqu’en avril 2027. L’échantillonnage impliquera une approche délicate en vol stationnaire : la sonde doit s’adapter à la rotation rapide de l’astéroïde, puis descendre et utiliser un bras robotique pour collecter du matériel. Les ingénieurs ont conçu des méthodes d’échantillonnage redondantes, notamment l’ancrage à la surface, pour maximiser les chances de succès.

Le départ est prévu pour le 24 avril 2027, Journée nationale de l’espace chinoise. La capsule de retour d’échantillons devrait rentrer dans l’atmosphère terrestre environ 1 an et demi plus tard, à la deuxième vitesse cosmique (environ 12 kilomètres par seconde, soit 7,5 miles par seconde), un profil de rentrée exigeant que la Chine n’a pas encore tenté avec des échantillons rapportés.

Après avoir libéré la capsule d’échantillons, la sonde Tianwen-2 continuera vers la comète de la ceinture principale 311P/PANSTARRS, arrivant vers 2035 après une croisière de huit ans dans l’espace lointain qui servira également de démonstration des capacités chinoises de longue durée dans l’espace profond.

Tianwen-2 est la première de trois missions chinoises prévues qui s’appuient sur les avancées techniques des unes et des autres. Tianwen-3, visée pour environ 2028, vise à ramener des échantillons de Mars, tandis que Tianwen-4 ciblera le système de Jupiter vers 2030.

Sources : China’s Tianwen-2 Space Probe Has Rendezvoused With Earth’s Quasi-Moon (Wired, 11 juillet 2026) ; China’s Tianwen-2 mission has (probably) arrived at a quasi-moon of Earth (The Planetary Society, 24 juin 2026)

Traduit par Lydie

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