L’Ukraine frappe des installations pétrolières et militaires près de Saint-Pétersbourg alors que la guerre de drones s’étend

L’Ukraine a mené des frappes de drones contre des installations pétrolières et militaires près de Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie, élargissant la portée de sa campagne de frappes à longue distance plus loin en territoire russe que jamais auparavant. L’attaque a perturbé le service internet et les vols dans la région, selon les autorités locales, alors que Kiev continue de démontrer qu’aucune partie de la Russie n’est hors de portée.

Les frappes ont touché un terminal pétrolier et des installations militaires dans la région de Léningrad entourant Saint-Pétersbourg, à environ 1 000 kilomètres de la frontière ukrainienne. Ce n’est pas la première fois que l’Ukraine frappe près de la ville. En juin, des drones ukrainiens ont touché un terminal pétrolier et une base navale dans la zone, programmés pour coïncider avec le forum économique annuel de Poutine dans la ville. Mais l’attaque du 4 juillet suggère que la campagne s’accélère, sans ralentir.

Le rapport d’Al Jazeera qui a mené l’histoire a également noté que les frappes russes ont interrompu une installation gazière dans le centre de l’Ukraine, soulignant la nature de représailles de la guerre énergétique qui est devenue une caractéristique déterminante du conflit. Les deux camps ciblent les infrastructures énergétiques de l’autre, perturbant les chaînes d’approvisionnement et forçant les civils à supporter le coût d’une guerre qui ne montre aucun signe de fin.

Les frappes contre Saint-Pétersbourg ont un poids symbolique particulier. Saint-Pétersbourg est la ville natale de Poutine et le cœur culturel de la Russie. C’est également une grande ville portuaire sur la mer Baltique, abritant des terminaux pétroliers qui traitent une part significative des exportations de pétrole brut de la Russie. Frapper des cibles là-bas envoie un message qu’aucune distance ne peut protéger les infrastructures russes des représailles ukrainiennes. Cela sape également le discours du Kremlin selon lequel la guerre se déroule ailleurs, dans les champs de Donetsk et de Kharkiv, loin de la vie des Russes ordinaires du cœur européen du pays.

Le réseau de défense aérienne russe autour de Saint-Pétersbourg est parmi les plus denses du pays, reflétant l’importance politique et économique de la ville en tant que deuxième plus grande ville de Russie et un important port baltique. Le fait que les drones ukrainiens aient atteint la zone deux fois en un mois suggère soit une lacune dans la couverture, soit une tactique à laquelle les défenses russes ne se sont pas encore adaptées.

Les frappes interviennent à un moment où l’Ukraine approfondit sa dépendance aux armes produites sur son territoire pour les opérations à longue distance. Le missile de croisière FP-5 Flamingo et diverses plateformes de drones se sont révélés capables d’atteindre des cibles que les armes fournies par l’Occident, avec leurs restrictions d’utilisation, ne peuvent pas atteindre. L’avantage de coût est frappant : un drone ukrainien qui coûte des dizaines de milliers de dollars peut fermer un terminal pétrolier qui génère des millions de dollars de revenus. Cette asymétrie est le moyen le plus efficace dont dispose Kiev pour contrer l’avantage écrasant de la Russie en artillerie et en main-d’œuvre, et elle ne nécessite aucune approbation de Washington ou de Bruxelles pour fonctionner.

Pour la Russie, l’expansion de la guerre des drones jusqu’à la région de Saint-Pétersbourg crée un nouvel ensemble de problèmes. La ville est un centre logistique majeur pour l’armée russe, avec des liaisons ferroviaires la reliant aux lignes de front. Si les drones ukrainiens peuvent perturber les opérations là-bas, l’effet se répercute sur toute la chaîne d’approvisionnement. L’impact psychologique ne doit pas non plus être sous-estimé. La Russie a dépensé massivement pour les systèmes de défense aérienne autour de ses grandes villes, mais le fait que les drones passent à travers suggère que les défenses ne sont pas aussi infaillibles qu’annoncé.

Le schéma est désormais établi. L’Ukraine frappe plus loin. La Russie s’adapte. L’Ukraine trouve un nouvel angle. Les frappes contre Saint-Pétersbourg sont le dernier chapitre d’une guerre qui ne cesse d’étendre sa géographie, et il n’y a aucune raison de croire que le prochain chapitre sera différent.

Traduit par Lydie

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