
Le télescope FAST scrute l’objet interstellaire 3I/ATLAS à la recherche de signaux radio extraterrestres
Le télescope sphérique de cinq cents mètres d’ouverture (FAST), le plus grand radiotélescope mono-antenne au monde, a mené la première recherche de signaux radio périodiques provenant de 3I/ATLAS, le troisième objet interstellaire confirmé à visiter notre système solaire. Aucun signal artificiel n’a été trouvé, mais la recherche elle-même représente un bond méthodologique pour le domaine du SETI.
L’étude, soumise à The Astronomical Journal par une équipe dirigée par Jian-Kang Li de l’Université Shanghai Dianji, a ciblé 3I/ATLAS pour des transmissions modulées périodiques, une classe de signaux distincte des signaux dérivants à bande étroite que la plupart des recherches SETI précédentes ont recherchés. L’objet a été observé avec le récepteur à 19 faisceaux en bande L de FAST à trois dates distinctes entre octobre 2025 et janvier 2026.
Un visiteur venu d’une autre étoile
3I/ATLAS a été découvert le 1er juillet 2025 par le système ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System) au Chili, et immédiatement reconnu comme le troisième objet interstellaire confirmé après 1I/’Oumuamua (2017) et 2I/Borisov (2019). Contrairement à ‘Oumuamua, 3I/ATLAS est clairement une comète active, présentant une chevelure et une queue à mesure qu’elle s’approchait du Soleil. Le JWST a détecté de la glace d’eau et de la vapeur, du dioxyde de carbone, du monoxyde de carbone et du méthane dans sa composition, un échantillon vierge d’un autre système planétaire.
L’objet a atteint son périhélie le 29 octobre 2025, à une distance de 1,36 UA du Soleil. Sa trajectoire hyperbolique, avec une excentricité de 6,137, a confirmé son origine interstellaire sans aucun doute.
Une nouvelle méthodologie de recherche
L’équipe a employé une technique appelée décomposition polyadique canonique (CPD) pour analyser les données multifaisceaux de FAST. Les recherches SETI traditionnelles nécessitent généralement des observations séparées sur la source et hors source pour distinguer les signaux authentiques des interférences radioélectriques terrestres (RFI). La CPD factorise plutôt l’ensemble complet des données multifaisceaux en un ensemble de composantes séparables, chacune avec des signatures temporelles, fréquentielles et de faisceau caractéristiques. Cela permet à l’algorithme d’identifier les signaux concentrés dans le faisceau central (pointant vers 3I/ATLAS) tout en rejetant ceux qui apparaissent sur plusieurs faisceaux (caractéristiques des RFI locales), le tout en une seule opération.
Lors des trois sessions d’observation, l’équipe a analysé près de 2 000 composantes de chaque tenseur de données. Après avoir appliqué une série de critères de filtrage stricts, trois signaux candidats ont survécu à l’examen initial. Les trois ont été attribués à la diode de calibration de FAST elle-même, qui injecte un signal périodique à intervalles de 300 secondes pour calibrer l’instrument.
Aucune émission radio artificielle crédible n’a été détectée. La recherche a établi une limite supérieure de 0,146 watt de puissance isotrope rayonnée équivalente (PIRE) à la distance de 3I/ATLAS, bien plus sensible que les efforts précédents, y compris les recherches du Allen Telescope Array et du Green Bank Telescope.
Cohérent avec une origine naturelle
Le résultat nul est cohérent avec toutes les autres recherches SETI de 3I/ATLAS menées à ce jour. Les observations de Breakthrough Listen avec le Allen Telescope Array (couvrant 1 à 9 GHz sur 7,25 heures) ont détecté 74 millions d’émissions à bande étroite, toutes rejetées comme RFI, avec des limites supérieures de PIRE de 10 à 110 watts. Le télescope MeerKAT en Afrique du Sud a recherché des signaux intelligents et n’en a détecté aucun. Le Green Bank Telescope a couvert une large gamme de fréquences avec des résultats similaires.
Dans l’ensemble, la couverture SETI cumulative soutient fortement la conclusion que 3I/ATLAS est une comète naturelle provenant d’un autre système stellaire, et non un objet artificiel.
Ce que la méthodologie signifie pour l’avenir
La signification de l’article va au-delà de son résultat nul. L’approche basée sur la CPD pour la détection de signaux périodiques est la première application de la décomposition tensorielle aux données SETI multifaisceaux, et pourrait s’avérer précieuse pour les futures recherches avec FAST et d’autres grands radiotélescopes. La technique gère naturellement le rejet des RFI multifaisceaux, réduisant les faux positifs et rationalisant le pipeline d’analyse.
L’article compagnon de l’équipe (Li et al. 2026b, arXiv:2603.19023) couvre une recherche de dérive Doppler à bande étroite utilisant les mêmes observations FAST, offrant la couverture SETI la plus complète de tout objet interstellaire à ce jour avec le télescope le plus sensible au monde.
L’article, « Periodic Radio Technosignature Search toward 3I/ATLAS with FAST », est disponible en prépublication sur arXiv (2607.01666) et a été accepté pour publication dans The Astronomical Journal.
Traduit par Lydie

