
Effet de l’exercice de relaxation de Benson sur le niveau d’anxiété et la qualité du sommeil chez les adolescents hospitalisés en clinique psychiatrique
Un essai contrôlé randomisé montre qu’une technique de relaxation simple, menée par une infirmière, réduit significativement l’anxiété et améliore le sommeil chez les adolescents hospitalisés.
Introduction
Les adolescents admis en unités psychiatriques font face à un double fardeau : le trouble de santé mentale aigu qui les a menés à l’hôpital et les niveaux élevés d’anxiété et de mauvais sommeil qui accompagnent les soins hospitaliers. Les médicaments sont souvent la première ligne de défense, mais les interventions non pharmacologiques que les patients peuvent apprendre et utiliser par eux-mêmes offrent des avantages complémentaires importants. Un nouvel essai contrôlé randomisé publié dans le Journal of Psychosocial Nursing and Mental Health Services a testé si l’exercice de relaxation de Benson (BRE), une technique structurée corps-esprit, pouvait réduire l’anxiété et améliorer la qualité du sommeil chez les adolescents recevant des soins psychiatriques hospitaliers. Les résultats sont encourageants : après seulement cinq séances sur six jours, les adolescents ayant pratiqué le BRE ont rapporté une anxiété significativement plus faible et un sommeil significativement meilleur par rapport à ceux ayant reçu des soins standard seuls.
Ce qu’ils ont découvert
Des chercheurs de trois institutions d’Istanbul, en Turquie, ont recruté 60 adolescents âgés de 12 à 18 ans hospitalisés dans une clinique psychiatrique pour enfants et adolescents. Les patients ont été répartis aléatoirement soit dans le groupe d’intervention (n=30), qui a pratiqué l’exercice de relaxation de Benson deux fois par jour pendant cinq jours consécutifs, soit dans le groupe témoin (n=30), qui a reçu des soins hospitaliers standard sans protocole de relaxation structuré. Les deux groupes ont été évalués à trois moments : un prétest avant l’intervention, un post-test au sixième jour (immédiatement après la période d’intervention de cinq jours) et un test de suivi au dixième jour (quatre jours après la fin de l’intervention).
L’exercice de relaxation de Benson est une technique simple que les patients peuvent apprendre en quelques minutes. Il consiste à s’asseoir ou s’allonger dans une position confortable, fermer les yeux, détendre progressivement tous les groupes musculaires, respirer lentement et rythmiquement tout en répétant silencieusement un mot ou une phrase simple (comme « un »), et maintenir cette concentration passive pendant 10 à 20 minutes. Dans cette étude, des infirmières formées ont guidé les adolescents à travers chaque séance.
L’anxiété a été mesurée à l’aide du State-Trait Anxiety Inventory for Children, et la qualité du sommeil a été évaluée avec l’indice de qualité du sommeil de Pittsburgh.
Les résultats ont montré des différences statistiquement significatives entre les deux groupes. Au post-test au sixième jour, le groupe d’intervention avait un score d’anxiété état moyen de 37,50 (ET = 7,90) contre 45,70 (ET = 8,20) dans le groupe témoin. Au suivi au dixième jour, l’écart s’est encore creusé : le groupe BRE a obtenu 34,80 (ET = 7,10) contre 46,50 (ET = 8,60) chez les témoins. Les deux différences étaient statistiquement significatives (p < 0,001).
La qualité du sommeil a suivi la même tendance. Au post-test, le score moyen de l’indice de qualité du sommeil de Pittsburgh du groupe d’intervention était de 6,30 (ET = 2,40), significativement meilleur que celui du groupe témoin de 9,10 (ET = 2,70). Au suivi, le groupe BRE a maintenu son avantage avec un score de 5,60 (ET = 2,10) contre 9,40 (ET = 2,80) dans le groupe témoin (p < 0,001). Notamment, le sommeil du groupe d’intervention s’est encore amélioré entre le post-test et le suivi, suggérant que les bénéfices ne se sont pas estompés une fois les séances formelles terminées et pourraient même s’être renforcés à mesure que les adolescents continuaient la pratique de manière indépendante.
Pourquoi c’est important
Ces résultats ont un poids clinique pour plusieurs raisons. Premièrement, le BRE est peu coûteux, non invasif et ne nécessite aucun équipement ni formation spécialisée au-delà d’une brève séance d’instruction infirmière. Cela le rend hautement adaptable dans les unités psychiatriques de tout niveau de ressources. Deuxièmement, les adolescents de l’étude ont continué à montrer des améliorations au suivi de dix jours, indiquant que la technique pourrait doter les patients d’une compétence durable d’autogestion qu’ils peuvent utiliser après leur sortie.
L’anxiété et les troubles du sommeil sont omniprésents dans les populations psychiatriques adolescentes. Un mauvais sommeil, en particulier, est lié à la dysrégulation émotionnelle, à une altération des fonctions exécutives et à un risque accru de rechute. Une intervention qui améliore à la fois l’anxiété et le sommeil simultanément, sans le fardeau des effets secondaires d’une pharmacothérapie supplémentaire, constitue un ajout précieux à la boîte à outils hospitalière.
Les infirmières et autres personnels de première ligne sont bien placés pour dispenser le BRE. Le protocole utilisé dans cette étude nécessitait environ 15 minutes par séance et était intégré à la routine quotidienne du service sans perturber les autres activités thérapeutiques. Pour les cliniciens travaillant en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, proposer un exercice de relaxation structuré simple peut être l’une des mesures les plus pratiques et fondées sur des preuves qu’ils peuvent prendre pour améliorer l’expérience et les résultats des patients.
Limites
Plusieurs limitations doivent être prises en compte lors de l’interprétation de ces résultats. La taille de l’échantillon était relativement petite (n=60), et tous les participants provenaient d’une seule clinique psychiatrique en Turquie, ce qui limite la généralisabilité à d’autres contextes et populations. L’étude n’a pas inclus de groupe témoin actif (tel qu’une technique de relaxation différente ou une condition de contrôle de l’attention), il n’est donc pas possible d’attribuer les effets spécifiquement au mécanisme du BRE par rapport au bénéfice général de recevoir une attention structurée en tête-à-tête de la part d’une infirmière. De plus, la période de suivi n’était que de quatre jours après la fin de l’intervention ; des données à plus long terme aideraient à déterminer si les bénéfices persistent pendant des semaines ou des mois. Les mesures des résultats étaient autodéclarées, ce qui introduit la possibilité d’un biais de réponse, en particulier dans un plan d’étude non aveugle où les adolescents savaient s’ils faisaient partie du groupe de relaxation.
L’essentiel
L’exercice de relaxation de Benson est une intervention efficace, peu coûteuse et pratique pour réduire l’anxiété d’état et améliorer la qualité du sommeil chez les adolescents hospitalisés en unités psychiatriques. Cinq séances deux fois par jour sur six jours ont produit des améliorations cliniquement significatives qui ont persisté et même se sont renforcées lors d’un suivi à quatre jours. Les infirmières psychiatriques et les cliniciens devraient envisager d’incorporer le BRE dans les soins hospitaliers standard comme complément sûr et non pharmacologique aux protocoles de traitement existants.
Traduit par Lydie
Source : Aydan Akkurt Yalcinturk, Elcin Babaoglu Gulseven, Yeliz Bicer, Beyza Gul. « Effect of Benson Relaxation Exercise on Anxiety Level and Sleep Quality in Adolescents Receiving Inpatient Treatment in a Psychiatric Clinic: A Randomized Controlled Trial. » Journal of Psychosocial Nursing and Mental Health Services, publié en ligne le 17 juillet 2026. DOI : 10.3928/02793695-20260710-03. PMID : 42461159.

