
Le typhon Dolphin a passé samedi à marteler la préfecture la plus méridionale du Japon et se dirige désormais vers la côte chinoise. La tempête, qui doit son nom au dauphin blanc de Chine des eaux de Hong Kong, a frappé Okinawa avec des vents assez puissants pour couper l’électricité dans quelque 14 000 bâtiments et envoyer cinq personnes âgées à l’hôpital, dont trois blessées par le vent lui-même. Les blessures ont été décrites comme ne mettant pas leur vie en danger. Dans la soirée, le système poursuivait sa course vers l’ouest, en direction d’un atterrissage que les prévisionnistes chinois attendent tard dimanche ou tôt lundi sur la côte est ou sud du pays.
Le schéma est connu, ce qui explique la réaction des deux gouvernements. Okinawa, qui se trouve sur la trajectoire des tempêtes plus souvent que presque tout autre lieu peuplé de la planète, s’est préparée, a encaissé le choc et a commencé à faire les comptes. En Chine, la réponse a été préventive : ports fermés, liaisons par ferry suspendues et vols annulés le long de la trajectoire attendue, Pékin affirmant suivre le typhon de près et préparer des plans d’évacuation. Taïwan, qui se trouve également près de la trajectoire de la tempête, s’est jointe aux annulations de vols. Le Centre météorologique national chinois prévoit un atterrissage quelque part le long de la côte est et sud, entre tard dimanche et tôt lundi, sans s’engager sur un point précis.
Les chiffres en provenance d’Okinawa racontent l’histoire d’une tempête qui est arrivée avec force mais, pour l’instant, sans catastrophe. Cinq blessés, tous âgés, aucun dans un état critique. Des coupures d’électricité dans des dizaines de milliers de foyers plutôt que des centaines de milliers. Aucun décès signalé. Les responsables de la préfecture ont décrit les dégâts comme importants mais gérables, le type de résultat que des années de normes de construction et de systèmes d’alerte précoce sont censés produire. Le véritable test se déplace désormais vers la Chine continentale, où un grand centre de population se trouve sur la trajectoire prévue et où les autorités ont fermé les ports et annulé les vols plutôt que d’attendre de voir.
L’Asie de l’Est est en plein milieu d’une vague de chaleur record, et Dolphin traverse une région déjà éprouvée par des températures extrêmes. La tempête apportera de la pluie aux zones qui en ont besoin, mais elle mettra aussi à l’épreuve les réseaux électriques et les systèmes de drainage qui ont passé l’été à être mis à rude épreuve par la chaleur. La saison des typhons arrive au pire moment possible, dans les pires conditions possibles, et les dégâts résultant de cette combinaison pourraient durer plus longtemps que la tempête elle-même.
Dolphin devrait faiblir en approchant de la côte chinoise, mais les prévisionnistes préviennent que les typhons qui s’affaiblissent en haute mer ont l’habitude de reprendre des forces avant d’atteindre les terres. Les ports sont fermés, les vols sont cloués au sol, les plans d’évacuation sont prêts. Okinawa a été frappée et fait le compte de ses pertes, qui sont pour l’instant légères. La Chine, elle, attend. Dolphin a déjà franchi une frontière ; la question des deux prochains jours est de savoir s’il causera de réels dégâts lors de son second atterrissage.
Les bilans des dégâts ont évolué au fil de la journée. Les premières estimations faisaient état de coupures d’électricité dans 14 000 bâtiments ; les chiffres ultérieurs, notamment ceux rapportés par Reuters, sont montés plus haut, au-delà de 50 000. Le nombre de blessés est passé de cinq à six au fil des rapports des hôpitaux. Aucune de ces blessures n’est grave et aucun décès n’a été signalé, mais l’élargissement des chiffres montre à quel point les premières heures d’un typhon se mesurent en révisions. La prochaine révision viendra de la côte chinoise, où les ports fermés et les vols cloués au sol seront enfin mis à l’épreuve.
Traduit par Lydie

