
Trump donne 48 heures à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz, sous peine de frappes contre ses centrales électriques. L’Iran répond en menaçant d’arrêter toutes les exportations énergétiques du Moyen-Orient.
Les États-Unis et l’Iran s’acheminent vers un nouveau seuil de destruction, chaque côté menaçant les infrastructures civiles de l’autre.
Le 15 juillet, le président Donald Trump a publié sur Truth Social que si l’Iran ne « OUVRIT PAS TOTALEMENT, SANS MENACE, le détroit d’Ormuz, dans les 48 HEURES », les États-Unis « frapperont et anéantiront leurs diverses CENTRALES ÉLECTRIQUES, EN COMMENÇANT PAR LA PLUS GRANDE ». La menace de frapper les infrastructures électriques — ce qui, en droit international, constituerait une attaque contre un objectif civil — marque une escalade significative dans la rhétorique d’une guerre qui a déjà tué des milliers de personnes.
L’Iran a répondu de la même manière. L’armée iranienne a prévenu que si les États-Unis mettaient leur menace à exécution contre les sites civils, « toutes les infrastructures de la région seront écrasées sous des coups d’acier ». La menace est délibérément ambiguë : « toutes les infrastructures de la région » pourrait désigner les installations énergétiques iraniennes, mais aussi les infrastructures pétrolières et gazières des États du Golfe qui accueillent des bases américaines, le Koweït, Bahreïn et les Émirats arabes unis.
Le contexte est celui d’une guerre qui a déjà transformé le marché mondial de l’énergie. Les États-Unis ont rétabli un blocus naval des ports iraniens et annoncé un péage de 20 % sur le fret transitant par le détroit d’Ormuz, que Trump a déclaré que les États-Unis garderaient en tant que « Gardien du détroit d’Ormuz ». L’Iran a effectivement fermé le détroit au trafic commercial normal. Les transits quotidiens de navires sont passés de 138 avant la guerre à moins de 20. Le brut Brent a bondi au-delà de 86 dollars le baril.
La menace de Trump de frapper les centrales électriques reflète une stratégie visant à augmenter les coûts jusqu’à ce que l’Iran capitule. Axios a rapporté qu’une offensive majeure planifiée ciblerait les actifs stratégiques de l’Iran plutôt que les sites de défense aérienne et de missiles qui ont fait l’objet de frappes récentes. L’objectif, selon le rapport, est de forcer le régime iranien à capituler sur des questions clés : le détroit d’Ormuz, le programme nucléaire iranien et sa posture militaire régionale.
Le problème de cette stratégie est qu’elle suppose que l’Iran va soit se rendre, soit s’effondrer. L’Iran ne montre aucun signe de l’un ou l’autre. Les 14 et 15 juillet, l’Iran a lancé environ 50 projectiles contre Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, la plus grande salve quotidienne depuis le cessez-le-feu du 8 avril. Les médias d’État iraniens ont fait état de frappes contre des sites américains au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie, ainsi que contre deux pétroliers géants dans le détroit d’Ormuz.
Pendant ce temps, la guerre s’enlise sans issue. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit se rendre à Washington le 18 juillet. Le président libanais Joseph Aoun suivra le 22 juillet. Les dirigeants régionaux appellent Trump pour proposer des accords d’investissement comme alternative aux péages menacés sur le trafic d’Ormuz. Aucun de ces fils diplomatiques n’a produit d’arrêt des combats.
L’Organisation maritime internationale a déclaré qu’il n’existe aucune base juridique pour imposer des péages obligatoires sur un détroit international. Aucun organisme international n’a approuvé le blocus de Trump. Et l’Organisation des Nations Unies n’a pas été en mesure de négocier un cessez-le-feu.
Ce qui reste est une épreuve de volonté. Deux camps, chacun convaincu que l’autre cédera le premier. Et au milieu, les Iraniens qui perdront l’électricité si les menaces sont exécutées, et les populations du Golfe qui perdront les exportations énergétiques qui soutiennent leurs économies.
Traduit par Lydie

