Guerre et guerre des prix : le casse-tête à deux fronts de Toyota s’aggrave alors que les ventes chutent à nouveau

Les ventes mondiales de Toyota ont chuté pour le cinquième mois consécutif en juin, alors que la guerre au Moyen-Orient et une guerre des prix qui s’intensifie en Chine ont entamé les bénéfices du plus grand constructeur automobile mondial.

L’entreprise a vendu 926 688 véhicules dans le monde en juin, y compris sa filiale Daihatsu, soit une baisse de 1,1 % par rapport à l’année précédente. La production a augmenté de 2,2 % pour atteindre 984 408 véhicules, mais l’écart entre la production et les ventes indique une accumulation de stocks plutôt qu’une demande solide.

La géographie du déclin révèle tout. Les ventes des marques Toyota et Lexus ont chuté de 24 % au Moyen-Orient et de 27 % en Chine. L’Amérique du Nord et le Japon sont restés solides, portés par une forte demande de véhicules hybrides, mais cela n’a pas suffi à compenser les pertes ailleurs.

L’effondrement au Moyen-Orient est directement lié à la guerre entre les États-Unis et l’Iran, maintenant à son troisième mois. Toyota exporte entre 500 000 et 600 000 véhicules par an dans la région. L’entreprise s’attend à ce qu’un peu moins de la moitié de ce volume soit affecté par le conflit, qui a fait grimper les coûts du pétrole et des matières premières tout en perturbant les routes d’approvisionnement via le détroit d’Ormuz.

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La Chine est un problème différent. Toyota fait face à une concurrence acharnée de BYD et d’autres constructeurs de véhicules électriques locaux qui ont réduit leurs prix et inondé le marché de nouveaux modèles. Les consommateurs chinois choisissent les marques locales au détriment des marques étrangères à un rythme qui a pris tous les constructeurs traditionnels au dépourvu. La baisse de 27 % des ventes de Toyota en Chine est la plus forte parmi les grands constructeurs japonais ; Honda a enregistré une chute de 44 % en Chine, tandis que les ventes mondiales de Nissan ont baissé de 8,3 %.

L’impact financier est déjà visible. Toyota prévoit un bénéfice d’exploitation de 3 000 milliards de yens (18,4 milliards de dollars) pour l’exercice clos en mars 2027, en deçà des estimations des analystes et bien loin des 3 800 milliards de yens enregistrés au cours des 12 mois précédents. L’entreprise a cité la hausse des coûts des matières premières due aux perturbations au Moyen-Orient.

La pression combinée marque un retournement par rapport aux bénéfices records que Toyota avait affichés pendant la reprise post-pandémique, lorsque les contraintes d’approvisionnement et la forte demande avaient créé un marché vendeur. Cette époque est révolue. La guerre en Iran a simultanément supprimé un marché majeur et augmenté les coûts des intrants. L’offensive chinoise des véhicules électriques ne montre aucun signe d’apaisement. Toyota, pour toute sa puissance manufacturière, ne peut contrôler aucune de ces deux forces.

Traduit par Lydie

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