
Le Pakistan a confirmé jeudi que les négociations entre les États-Unis et l’Iran sont en cours, offrant la première reconnaissance officielle de canaux diplomatiques indirects alors qu’un navire gazier qatari est devenu le premier navire commercial à traverser le détroit d’Ormuz depuis que Téhéran a imposé un blocus il y a trois semaines.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères pakistanais, Tahir Andrabi, a déclaré aux journalistes que des pourparlers étaient en cours entre les deux parties, notamment au sujet du détroit d’Ormuz. Il a indiqué qu’Islamabad encourageait les deux parties à respecter pleinement leurs engagements à tenir des discussions techniques dans le cadre du protocole d’accord d’Islamabad, un cadre signé à la mi-juin qui devait ouvrir la voie à des pourparlers de paix.
Cette annonce est intervenue un jour de combats intenses. Les États-Unis ont achevé ce qu’ils ont qualifié de série intense de bombardements sur l’Iran tôt jeudi, frappant des dizaines de cibles des Gardiens de la révolution dans les provinces du sud-ouest du Khouzistan et d’Hormozgan, près du détroit, notamment des centres de commandement, des installations de missiles et de drones, et des sites de défense côtière.
Trois civils iraniens ont été tués sur l’île de Qeshm, dont un couple et leur enfant de deux ans. Deux autres enfants, âgés de 7 et 9 ans, ont été blessés. L’agence iranienne Tasnim a également fait état de trois soldats des Gardiens de la révolution tués dans la province du nord-ouest de Zanjan, loin des frappes.
L’armée américaine a déclaré qu’elle répondait à une tentative iranienne mardi de lancer une attaque surprise de missiles balistiques contre les forces américaines au Moyen-Orient, tentative qui aurait été entièrement interceptée.
Pourtant, au milieu des bombardements et des déclarations, alors que Trump a déclaré mercredi que les États-Unis les frapperaient très durement parce que c’était à leur tour, le passage du pétrolier qatari à travers le détroit suggérait une voie parallèle. L’Iran a bloqué le trafic commercial à travers cette voie navigable le 7 juillet après avoir accusé les États-Unis d’avoir violé le protocole d’accord d’Islamabad. Le navire qatari a traversé avec l’autorisation de Téhéran et se dirige vers les eaux internationales.
Le tableau qui se dégage est contradictoire mais pas inhabituel pour ce conflit : de lourdes frappes aériennes américaines sur le sol iranien, des civils iraniens morts, et des canaux diplomatiques qui bourdonnent en arrière-plan. Le Pakistan s’est positionné comme intermédiaire, maintenant des liens avec Washington et Téhéran.
La question de savoir si les pourparlers produiront du concret reste ouverte. Le protocole d’accord d’Islamabad est quasiment mort depuis le début du blocus. Mais le fait que les deux parties continuent de parler, même en se bombardant mutuellement, suggère qu’aucune des deux ne croit qu’une solution militaire est la seule issue.
Traduit par Lydie

