
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a publié samedi une déclaration agressive accusant le président Trump de violer l’accord américano-iranien et promettant une réponse ferme de l’Iran et de ses proxies si les combats continuent de s’intensifier.
La déclaration, relayée par les médias d’État, intervient alors que la fragile trêve américano-iranienne continue de s’effriter après une semaine d’échanges de plus en plus tendus. Khamenei a accusé Washington d’avoir violé les termes du protocole d’accord signé le mois dernier, pointant en particulier la décision de l’administration Trump de révoquer les dérogations qui permettaient à l’Iran de vendre du pétrole brut sur les marchés internationaux.
« Il ne peut y avoir qu’une conformité mutuelle », a écrit le ministre iranien des Affaires étrangères, Araghchi, sur X, appuyant la position du guide suprême.
Trump a déclaré l’accord « caduc » lors d’une conférence de presse après le sommet de l’OTAN à Ankara plus tôt ce mois-ci. Depuis, les États-Unis et l’Iran ont échangé des frappes dans toute la région. Les États-Unis ont frappé plus de 160 cibles à l’intérieur de l’Iran depuis que le CENTCOM a lancé de nouvelles frappes le 8 juillet, selon des responsables iraniens. Washington a également rétabli les sanctions sur les ventes de pétrole iranien, une mesure que Téhéran considère comme une violation directe de l’accord.
La déclaration de Khamenei est la plus conflictuelle depuis qu’il a assumé le rôle de guide suprême après la mort de son père, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors des frappes américano-israéliennes du 28 février. Le jeune Khamenei n’a pas été vu en public depuis le début de la guerre, mais ses déclarations écrites sont devenues de plus en plus belliqueuses à mesure que les combats s’intensifient.
Le guide suprême a déclaré que la vengeance pour la mort de son père « est la volonté de notre nation et doit absolument être exécutée », un langage qui semblait exclure toute issue diplomatique à court terme.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, a séparément accusé les États-Unis de « violations graves » du protocole d’accord, y compris les nouvelles sanctions sur le pétrole iranien et ce qu’il a appelé un modèle d’« intimidation et d’extorsion ». Sa liste de griefs comprenait les frappes américaines contre les infrastructures iraniennes et les opérations israéliennes au Liban.
Sur le terrain, la guerre continue de s’étendre. Les États-Unis et l’Iran ont frappé des cibles d’infrastructure dans toute la région, ponts, centrales électriques et installations de dessalement, suscitant des avertissements de la part des groupes de défense des droits humains selon lesquels l’un ou l’autre camp pourrait commettre des crimes de guerre. Le détroit d’Ormuz reste un point chaud central, Téhéran insistant pour conserver le contrôle de la voie navigable et le droit de facturer les navires qui la traversent.
La question à laquelle personne à Washington ou à Téhéran ne répond : que faudrait-il pour arrêter l’escalade ? La déclaration de Khamenei suggère qu’il considère l’accord comme déjà mort. Trump n’a montré aucun intérêt à le raviver. Les deux camps échangent des coups, pas des négociations.
Traduit par Lydie

