L’Inde accélère vers une marine de 200 navires alors que la Chine et le Pakistan développent leurs flottes

Un chantier naval indien livre un nouveau navire de guerre environ toutes les six semaines. Le rythme est délibéré, et il va bientôt s’accélérer.

L’ambition de l’Inde de porter sa marine à plus de 200 navires dans la prochaine décennie a pris une urgence nouvelle alors que la Chine exploite la plus grande flotte navale du monde et que le Pakistan ajoute des sous-marins d’attaque avancés de construction chinoise à son inventaire. La marine indienne compte actuellement environ 130 bâtiments — un nombre qui la laisse en infériorité dans toute comparaison numérique directe avec la marine de l’Armée populaire de libération, qui dépasse déjà 370 coques et en construit davantage.

La réponse est un programme de construction qui mêle production indigène et partenariats étrangers. L’Inde a environ 50 navires de guerre en construction dans des chantiers publics et privés, y compris des frégates, des destroyers, des sous-marins et des navires de soutien. Le nouveau chasseur de sous-marins INS Malvan, mis en service plus tôt cette année pour traquer les sous-marins chinois et pakistanais dans l’océan Indien, s’inscrit dans un effort plus large visant à combler le retard sous-marin qui a longtemps favorisé les rivaux de l’Inde.

Toutes les six semaines environ, un chantier naval indien met en service un nouveau navire de guerre. Le rythme n’est pas un hasard.

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La construction navale est ancrée dans un calcul stratégique selon lequel l’océan Indien sera l’arène décisive de la compétition entre grandes puissances du XXIe siècle. Le « collier de perles » de la Chine — ports et accords d’accès s’étendant de la mer de Chine méridionale à travers l’océan Indien jusqu’à la Corne de l’Afrique — encercle déjà l’Inde. La présence navale de Pékin dans la région est passée de transits occasionnels à des déploiements quasi permanents, soutenus par un accès aux bases de Djibouti, Gwadar et Hambantota. La réponse de l’Inde est de construire suffisamment de combattants de surface et sous-marins pour contester cette présence et maintenir les voies maritimes ouvertes.

Mais le plan a ses limites. Les contraintes budgétaires ont déjà forcé certains réajustements. Des rapports de New Delhi indiquent que le calendrier initial pour atteindre 200 navires a été repoussé, et certains hauts responsables militaires plaident pour retarder un troisième porte-avions en faveur de davantage de sous-marins — un débat qui oppose la projection de puissance à la discrétion et à l’endurance.

Même à un rythme réduit, l’ampleur de la construction est significative pour une marine qui était, pendant des décennies, principalement une force de sécurité côtière. L’Inde construit une flotte de haute mer conçue pour opérer dans tout le bassin de l’océan Indien et au-delà, avec un accent sur la guerre anti-sous-marine, les groupes aéronavals et la reconnaissance à longue portée. Que le budget, les chantiers navals et la patience stratégique puissent soutenir l’ambition est une question à laquelle il faudra répondre au cours de la prochaine décennie — une quille à la fois.

Traduit par Lydie

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