
La Commission européenne a infligé à Google une amende de 890 millions d’euros (environ 1 milliard de dollars) jeudi pour deux violations distinctes du Digital Markets Act, marquant la première action d’application majeure du DMA contre le géant de la recherche et portant son total cumulé de sanctions antitrust dans l’UE à plus de 10 milliards d’euros.
Les deux décisions ciblent des pratiques différentes, mais partagent une origine commune : Google utilise sa position dominante sur sa plateforme pour orienter les utilisateurs vers ses propres services au détriment de ses concurrents.
La première amende, 460 millions d’euros (environ 516 millions de dollars), concerne Google Search. La Commission a constaté que Google affiche ses propres services, shopping, voyages, jeux et traduction linguistique, plus en évidence en haut des résultats de recherche tout en reléguant les services concurrents plus bas dans la page. Cette auto-préférence viole l’exigence du DMA selon laquelle les contrôleurs d’accès doivent traiter leurs propres produits et services pas plus favorablement que ceux de tiers.
La deuxième amende, également comprise dans le même ensemble de 890 millions d’euros, vise le Google Play Store. Les régulateurs ont conclu que Google impose des restrictions injustes empêchant les développeurs d’applications de communiquer avec les clients concernant des canaux d’achat alternatifs, souvent moins chers, une pratique connue sous le nom d’anti-steering. Le DMA exige explicitement que les développeurs soient autorisés à informer les utilisateurs des offres en dehors de l’écosystème de la boutique d’applications.
Les amendes sont significatives, mais l’impact réel réside dans les mesures correctives comportementales requises. Google doit modifier la façon dont son moteur de recherche affiche les résultats et dont sa boutique d’applications régit les communications des développeurs. Contrairement aux affaires de concurrence traditionnelles qui peuvent traîner en appel pendant des années, le DMA est conçu pour la rapidité : les contrôleurs d’accès font face à des délais stricts de conformité, et la Commission peut imposer des pénalités périodiques pour violations continues.
Cette décision porte le total des amendes antitrust de Google dans l’UE à plus de 10 milliards d’euros accumulés à travers plusieurs affaires remontant à 2017, y compris l’affaire Android de 4,3 milliards d’euros, l’affaire shopping de 2,4 milliards d’euros et l’affaire AdSense de 1,5 milliard d’euros. Cependant, le DMA représente un régime d’application fondamentalement différent, il ne s’agit pas de punir des comportements passés mais de restructurer la façon dont les contrôleurs d’accès opèrent à l’avenir.
Google devrait faire appel de la décision. La société a fait valoir que ses pratiques de recherche améliorent l’expérience utilisateur et que les règles du Play Store sont une pratique standard de l’industrie.
Sources : Google hit with $1 billion fine for breaking EU antitrust rules (The Verge, 23 juillet 2026) ; EU fines Google $1B for breaking antitrust regulations (AP News, 23 juillet 2026)
Traduit par Lydie

