1 000 jours, 21 500 enfants morts

Les chiffres dépassent l’entendement. Plus de 21 500 enfants morts en 1 000 jours de guerre. Plus de 1 000 d’entre eux étaient des bébés de moins d’un an. Ce ne sont pas des dommages collatéraux. Ce n’est pas un accident. C’est un crime de guerre commis au vu et au su de tous, et le monde n’a rien fait pour l’arrêter.

1 000 jours, 21 500 enfants morts

Le 2 juillet, le Bureau des médias du gouvernement de Gaza a publié son dernier bilan. Le nombre s’élève à 73 066 Palestiniens tués depuis qu’Israël a lancé sa guerre soutenue par les États-Unis contre Gaza le 7 octobre 2023. Parmi eux, 21 500 étaient des enfants. Parmi ces enfants, 1 022 étaient des nourrissons, des bébés qui n’avaient pas encore atteint leur premier anniversaire.

C’est un enfant tué, en moyenne, toutes les heures pendant plus de deux ans et demi.

Près de la moitié de ces bébés sont nés pendant la guerre et ont été tués avant de pouvoir ramper. 44 500 enfants supplémentaires ont été blessés. Jusqu’à 4 000 ont subi des amputations, beaucoup d’entre eux sans anesthésie. Plus de 58 000 enfants ont perdu au moins un parent. Plus de 2 700 familles entières ont été rayées du registre civil, aucun survivant.

Et les meurtres n’ont pas cessé avec la signature du cessez-le-feu. Plus de 1 000 Palestiniens ont été tués depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu d’octobre 2025. Au moins 265 d’entre eux étaient des enfants.

Ciblage délibéré, pas un accident

La Commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies a publié ses conclusions le 23 juin. Sa conclusion est sans appel : les autorités et les forces de sécurité israéliennes ont délibérément ciblé les enfants palestiniens. Ce ciblage, selon la commission, constitue l’un des éléments clés établissant l’intention génocidaire.

« Même après le cessez-le-feu d’octobre 2025, les enfants continuent d’être tués et gravement blessés, avec un mépris persistant d’Israël pour le cessez-le-feu et pour la protection due aux enfants palestiniens en vertu du droit international », a déclaré Srinivasan Muralidhar, président de la commission.

Les preuves incluent des données divulguées de l’armée israélienne montrant que 83 % des personnes tuées au cours des 19 premiers mois étaient des civils. Elles incluent l’utilisation de l’IA dans la sélection des cibles. Elles incluent le largage de bombes de 450 et 900 kilogrammes dans des zones densément peuplées, dont beaucoup fournies par les États-Unis. Elles incluent des règles d’engagement qui autorisaient un nombre illimité de pertes civiles pour tuer un seul combattant de rang subalterne du Hamas.

Le langage de la commission est précis. Elle affirme qu’Israël commet un génocide au sens de l’article II de la Convention sur le génocide. La Cour internationale de justice examine actuellement l’affaire portée par l’Afrique du Sud et soutenue par une vingtaine de nations.

Ce qu’ont dit les dirigeants

L’enquête a répertorié les déclarations des plus hauts responsables israéliens.

Le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a exhorté les Israéliens à « se souvenir de ce qu’Amalek vous a fait », une référence biblique à l’extermination totale des hommes, des femmes, des nourrissons et des enfants à la mamelle. Le président Isaac Herzog a déclaré qu’« il n’y a pas d’innocents à Gaza ». L’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant a ordonné un « siège complet » qui a alimenté la famine. Le politicien d’extrême droite Moshe Feiglin a déclaré : « Chaque enfant à Gaza est l’ennemi. »

Ce ne sont pas des propos anodins. C’est le langage de l’anéantissement prononcé par ceux qui commandent.

Le silence des puissants

La Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre Nétanyahou et Gallant. Les États-Unis ne les ont pas exécutés. Les ventes d’armes à Israël se sont poursuivies tout au long de la guerre. Le Conseil de sécurité de l’ONU reste paralysé par ses membres permanents.

Ahmad Ahendawi, directeur régional de Save the Children pour le Moyen-Orient, l’a dit clairement : « Chaque jour des 1 000 derniers jours, le monde a failli à un million d’enfants à Gaza en n’intervenant pas pour arrêter les meurtres et les mutilations d’enfants. Alors que leurs jeunes corps fragiles étaient déchiquetés par les bombes et les missiles, le monde vendait ces mêmes armes au gouvernement israélien. »

Laissez cela vous pénétrer. Nous avons vendu les bombes. Nous regardons les enfants mourir. Nous ne faisons rien.

Une génération détruite

Au-delà des morts, les vivants portent des blessures qui ne guériront jamais. On estime que 245 000 enfants risquent la malnutrition. La famine a été déclarée. Au moins 164 enfants sont morts de faim. Vingt-huit sont morts d’hypothermie dans des camps de fortune.

Une étude a révélé que presque tous les enfants à Gaza croyaient leur mort imminente. Près de la moitié ont déclaré vouloir mourir.

Une jeune fille de 14 ans nommée Amani a confié à Save the Children : « Nous pourrions mourir à tout moment. J’espère que la guerre s’arrêtera pour nous. J’aimerais vivre avec amour, paix et une vie facile. »

Ce n’est pas une déclaration politique. C’est un enfant qui demande le droit d’exister.

Il faut que cela cesse

Il n’existe pas de nombre acceptable de bébés morts. Il n’y a aucun objectif de guerre qui justifie 21 500 enfants assassinés. Le terme juridique pour le ciblage délibéré d’enfants est un crime de guerre. Le terme juridique pour les tuer à raison d’un par heure pendant mille jours est un génocide.

Appelons les choses par leur nom. Tuer des enfants n’est pas une tragédie. Ce n’est pas une complication de la guerre. C’est un crime. Et les nations qui ont fourni les armes, opposé leur veto aux résolutions et détourné le regard partagent la culpabilité.

Traduit par Lydie

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