Cuba subit une deuxième panne d’électricité généralisée en une semaine alors que le blocus pétrolier de Trump se resserre

Cuba a subi sa deuxième panne d’électricité généralisée en une semaine, alors que le blocus pétrolier de l’administration Trump prive le pays du pétrole dont il a besoin pour maintenir son réseau électrique en fonctionnement.

La panne a frappé le 10 juillet, quelques jours après un précédent effondrement du réseau électrique qui avait plongé 11 millions de personnes dans l’obscurité. Les hôpitaux ont annulé des opérations chirurgicales. Le rationnement de l’essence s’est intensifié. Le gouvernement n’a donné aucun délai pour un rétablissement complet.

La cause profonde n’est ni l’âge des infrastructures ni une défaillance technique. C’est une politique américaine délibérée. Depuis janvier, l’administration Trump bloque les livraisons de pétrole vénézuélien vers Cuba, la principale source de carburant de l’île, et menace de droits de douane tout pays qui vendrait du pétrole à La Havane. Cuba n’a reçu aucune livraison significative de pétrole depuis plus de trois mois.

“Nous avons mené des discussions avec les États-Unis concernant notre crise énergétique et économique,” a déclaré le président cubain Miguel Díaz-Canel, reconnaissant l’existence de négociations alors même que les lumières s’éteignaient.

La crise est d’une ampleur sans précédent. Le Venezuela, autrefois bouée de sauvetage de Cuba, a cessé ses livraisons après que les États-Unis ont capturé le président Nicolás Maduro en janvier et installé la présidente par intérim Delcy Rodríguez. Le Mexique a également interrompu ses livraisons sous la pression américaine. Un pétrolier russe transportant environ 116 000 mètres cubes (730 000 barils) de pétrole brut s’est approché en juin mais a fait demi-tour sans explication, présumément sous la menace américaine, selon le Morning Star.

Cuba fonctionne à l’énergie solaire, au gaz naturel et avec des centrales thermodéclectriques défaillantes. Lázaro Guerra, directeur de l’électricité au ministère de l’Énergie, a déclaré que les équipes tentaient de redémarrer les centrales clés. “Cela doit être fait progressivement pour éviter les revers,” a-t-il dit. “Parce que les systèmes, lorsqu’ils sont très fragiles, sont plus susceptibles de subir des défaillances.”

Trump n’a pas caché ses intentions. Il a dit qu’il pourrait avoir “l’honneur de prendre Cuba.” Il a déclaré à des journalistes à bord d’Air Force One que Cuba “veut conclure un accord, et je pense que nous allons bientôt soit conclure un accord, soit faire ce que nous avons à faire.”

La menace implicite d’une action militaire, Trump a répété à plusieurs reprises que “Cuba est la prochaine” après l’Iran, plane sur les discussions énergétiques. Díaz-Canel a promis une “résistance inébranlable.”

Sur le terrain, les pannes poussent les Cubains à bout. Plus tôt ce mois-ci, des manifestations violentes ont éclaté, des manifestants saccageant un bâtiment appartenant au Parti communiste au pouvoir. Les manifestations ont fusionné désespoir économique et colère politique : des pannes quotidiennes interminables, des étagères vides et un gouvernement incapable de maintenir l’électricité.

L’ONU a présenté un plan d’aide pour Cuba aux responsables américains, incluant des modèles de suivi du carburant. Cuba a demandé la médiation du Vatican. Mais la position de l’administration Trump est claire : le blocus ne sera pas levé tant que Cuba n’aura pas libéré les prisonniers politiques et libéralisé son système politique et économique.

Les analystes avertissent que le pari américain comporte des risques. Un effondrement économique total à Cuba pourrait produire une catastrophe humanitaire et une crise migratoire massive qui atterrirait à la porte de l’Amérique. “D’un côté, on dirait qu’ils ont toutes les cartes en main et que les Cubains n’en ont aucune,” a déclaré William LeoGrande, analyste spécialiste de Cuba. “Mais les conséquences de ne pas conclure d’accord du côté américain pourraient également être assez graves.”

Pour l’instant, Cuba est dans le noir, une nation de 11 millions d’habitants, un réseau électrique défaillant et un président américain qui dit vouloir l’île.

Traduit par Lydie

Scroll to Top