
9 juillet 2026
La société japonaise d’exploration lunaire ispace a réservé 500 kilogrammes (1 100 livres) de capacité de charge utile sur une future mission SpaceX Starship vers la Lune, marquant une étape majeure dans la volonté de l’entreprise de devenir un fournisseur leader de services de transport lunaire commercial.
La firme basée à Tokyo annonce qu’elle paiera environ 50 millions de dollars pour l’espace de charge utile sur Starship, avec un objectif de mission pas avant 2030. L’accord positionne ispace comme un « intégrateur d’accès lunaire », offrant aux clients deux voies vers la surface lunaire : des atterrisseurs dédiés plus petits qu’elle appelle « taxis » et un espace partagé sur les « bus » à haute capacité de Starship.
« Nous sommes très heureux de pouvoir offrir le nouveau service d’intégration d’accès lunaire utilisant l’espace de charge utile de Starship grâce à notre collaboration avec SpaceX », déclare Takeshi Hakamada, fondateur et PDG d’ispace. « Un transport lunaire à haute capacité et relativement peu coûteux, comme celui fourni par Starship, est essentiel pour réaliser l’économie lunaire durable qu’ispace vise à créer. »
Pour transporter les charges utiles des clients à travers la surface lunaire après l’atterrissage de Starship, ispace déploiera son Mobile Cargo System (MCS), un rover plat de type palette conçu pour transporter du fret sur le terrain accidenté lunaire. La capacité de charge utile du MCS est évolutive, permettant au système de croître à mesure que la demande des missions augmente.
L’accord intervient alors qu’ispace continue de se remettre des leçons difficiles de ses deux premières tentatives lunaires. La mission HAKUTO-R 1 de l’entreprise a été lancée sur un SpaceX Falcon 9 en 2022 et a atteint l’orbite lunaire mais s’est écrasée lors de l’atterrissage. La mission 2, lancée en 2025, a subi le même sort. Malgré ces revers, ispace poursuit avec trois missions d’atterrisseur ULTRA plus grandes prévues pour 2028, 2029 et 2030.
Le Starship de SpaceX a quant à lui effectué 12 vols d’essai suborbitaux à ce jour, y compris les débuts du Starship V3 plus puissant en mai 2026. La préparation opérationnelle pour les missions lunaires reste toutefois incertaine. SpaceX a dévoilé Starship pour la première fois en 2016 avec des calendriers ambitieux qui ont été repoussés à plusieurs reprises. La NASA a contracté une variante habitée de Starship, le Human Landing System (HLS), pour ramener des astronautes sur la Lune dans le cadre du programme Artemis, l’atterrissage d’Artemis IV étant désormais prévu pour fin 2028.
L’émergence de fusées capables de transporter des charges utiles à grande échelle vers la Lune devrait accélérer le déploiement d’infrastructures lunaires, notamment les systèmes d’alimentation, de communication, de construction, de relais de données et de mobilité. Le service d’intégration d’accès lunaire d’ispace vise à réduire les obstacles pour les projets d’infrastructure ultérieurs, permettant une croissance rapide du transport de charges utiles lunaires plus petites pour la validation technologique, l’exploration et le développement commercial.
« L’établissement de cette infrastructure de base sur la surface lunaire réduira les obstacles qui entravent les projets d’infrastructure ultérieurs, conduisant à une expansion rapide du transport de charges utiles lunaires relativement petites », déclare ispace dans son annonce.
SpaceX a approché ispace directement au sujet du partenariat, selon Hakamada, reflétant l’intérêt commercial croissant pour l’ouverture de la frontière lunaire à l’industrie privée. Avec plusieurs clients réservant désormais de l’espace sur Starship pour du fret lunaire, la vision d’une économie lunaire durable commence à prendre forme.
Traduit par Lydie

