
La NASA publie un projet d’appel d’offres pour la deuxième phase des stations spatiales commerciales et sollicite l’avis de l’industrie d’ici le 27 juillet
La NASA a franchi une étape importante le 6 juillet vers la sécurisation du successeur commercial de la Station spatiale internationale, en publiant un projet de demande de propositions pour la phase 2 de son programme Commercial LEO Destinations (CLD). La sollicitation cherche des contractants pour concevoir, construire, certifier et exploiter des stations spatiales privées qui remplaceraient l’ISS lors de son désorbitation vers 2030-2032.
Le projet d’appel d’offres, publié sur SAM.gov, représente le mécanisme d’approvisionnement formel pour la transition du vol spatial habité américain d’une infrastructure gouvernementale vers des stations détenues et exploitées commercialement. Les commentaires de l’industrie sont attendus d’ici le 27 juillet.
« L’industrie croit pouvoir respecter les délais et qu’un marché commercial viable existe où la NASA n’est qu’un client parmi d’autres », a déclaré l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman. « Nous nous concentrons sur le soutien de ces efforts, en permettant les capacités qui rendent cette transition possible, et en faisant tout notre possible pour garantir que les États-Unis maintiennent une présence humaine continue en orbite terrestre basse. »
Ce que couvre la phase 2
Le marché de la phase 2 est structuré sous la forme d’un contrat à prix fixe ferme, multi-attributions, à livraison indéfinie/quantité indéfinie (IDIQ). La NASA prévoit de sélectionner deux contractants ou plus pour les travaux de développement précoce, suivis d’un ordre de tâche concurrentiel pour la conception finale, les tests, l’évaluation, la certification et les services d’un ou plusieurs fournisseurs.
Le périmètre comprend des services de mission de bout en bout : formation des équipages, traitement des charges utiles, soutien en vol et infrastructure pour soutenir au moins quatre membres d’équipage pendant des périodes de 30 jours. Il s’agit d’un assouplissement par rapport à l’exigence antérieure de la NASA de rotations continues de six mois, reflétant les retours de l’industrie sur les capacités réalisables à un stade précoce.
Calendrier et budget
Les jalons cibles de la NASA prévoient une capacité opérationnelle initiale avec un soutien minimum de l’équipage d’ici décembre 2029, une capacité d’équipage continue d’ici décembre 2030 et une capacité opérationnelle complète d’ici décembre 2031. L’ISS elle-même a été autorisée à fonctionner jusqu’en 2032 en vertu de la NASA Authorization Act de 2026, offrant une fenêtre de chevauchement critique.
La demande budgétaire de l’exercice 2026 du programme s’élève à 272,3 millions de dollars, avec un total projeté sur cinq ans entre 1 et 1,5 milliard de dollars. Au moins 25 % du financement de la phase 2 est conditionné à la réussite de démonstrations spatiales avec équipage.
Une réunion d’information industrielle se tiendra au Johnson Space Center à Houston le 9 juillet. L’appel d’offres final est attendu plus tard cette année, avec des attributions de contrats visées pour fin 2026 ou début 2027.
L’état de la course aux stations commerciales
Plusieurs entreprises développent déjà des stations commerciales qui pourraient concourir pour les prix de la phase 2 :
Vast vise un lancement au premier trimestre 2027 de Haven-1, une station à module unique sur Falcon 9, suivi du Haven-2 multi-modules dont la construction débutera en 2028. L’entreprise a levé 500 millions de dollars en mars 2026, faisant partie d’un financement total de plus d’un milliard de dollars.
Axiom Space prévoit d’attacher son premier module à l’ISS vers 2027 avant de se détacher dans une configuration en vol libre. L’entreprise a levé 350 millions de dollars en février 2026 et a réalisé plusieurs missions privées d’astronautes vers l’ISS.
Starlab Space, une coentreprise entre Voyager Space et Airbus, développe une station de 8 mètres de diamètre conçue pour un déploiement en un seul lancement sur le Starship de SpaceX, visant 2029. Northrop Grumman a rejoint le projet pour fournir des services de fret Cygnus.
Blue Origin et Sierra Space poursuivent le développement d’Orbital Reef, décrit comme un « parc d’affaires à usage mixte en orbite » avec une technologie de module gonflable, bien qu’aucune date de lancement ferme n’ait été fixée.
Une stratégie durement gagnée
Le projet d’appel d’offres représente le point culminant d’un débat politique d’un an. Au début de 2025, des responsables de la NASA ont remis en question l’existence d’un marché commercial LEO viable et ont proposé de se tourner vers un module central appartenant au gouvernement qui s’attacherait à l’ISS. L’industrie a vivement réagi, arguant que le modèle attaché au gouvernement compromettrait la proposition de valeur commerciale.
En juin 2026, la NASA a fait marche arrière, s’engageant à revenir à sa stratégie originale de soutien aux stations commerciales indépendantes en vol libre. Le projet d’appel d’offres du 6 juillet formalise cet engagement dans un véhicule d’approvisionnement.
Les enjeux sont élevés. L’ISS soutient une présence américaine continue en orbite depuis 2000 et a généré plus de 3 300 publications de recherche. Et la station spatiale chinoise Tiangong a atteint une occupation continue. Une lacune dans la capacité LEO américaine, que ce soit en raison de retards dans les stations commerciales ou d’une retraite accélérée de l’ISS, mettrait fin à une présence américaine ininterrompue de 30 ans en orbite.
Traduit par Lydie

