L’ESA autorise Airbus à construire Aeolus-2, successeur de la mission pionnière de mesure du vent spatial

L’ESA autorise Airbus à construire Aeolus-2, successeur de la mission pionnière de mesure du vent spatial

Image à la une : Concept artistique du satellite Aeolus-2 en orbite ; crédit : ESA/Airbus

L’Agence spatiale européenne a signé un contrat formel avec Airbus Defence and Space UK pour poursuivre le développement d’Aeolus-2, le successeur opérationnel de la mission pionnière Aeolus qui a démontré les premières mesures spatiales des profils de vent globaux. Le contrat, d’une valeur d’environ 70 millions d’euros pour la phase de conception et de construction B2, a été signé le 29 juin au siège britannique de l’ESA à Harwell.

Aeolus-2 fait passer la technologie lidar Doppler de mesure du vent d’une démonstration de recherche à un service météorologique opérationnel permanent, géré conjointement par l’ESA et EUMETSAT. Le satellite Aeolus original, lancé en 2018 et désorbité en 2023, a amélioré la précision des prévisions numériques de 4 % et réduit l’erreur moyenne entre les prévisions et les observations de plus de 4 %, bénéficiant particulièrement aux prévisions de la haute atmosphère tropicale et polaire.

La nouvelle mission se compose de deux satellites lancés séquentiellement, chacun avec une durée de vie nominale de 5,5 à 7 ans, offrant plus d’une décennie de mesures continues des profils de vent. Chaque satellite sera équipé d’un instrument lidar Doppler de mesure du vent amélioré avec deux lasers, chacun deux fois plus puissant que le laser unique d’Aeolus, s’appuyant sur l’héritage de conception d’Aeolus et de la mission conjointe ESA-JAXA EarthCARE sur les nuages et les aérosols. Un détecteur supplémentaire mesurera également les aérosols atmosphériques.

Opérant sur une orbite héliosynchrone à environ 400 à 450 kilomètres d’altitude, Aeolus-2 émettra des impulsions laser ultraviolettes vers la Terre et mesurera le décalage Doppler de la lumière rétrodiffusée par les molécules d’air, les aérosols et les particules nuageuses pour calculer la vitesse et la direction du vent du sol jusqu’à 30 ou 40 kilomètres d’altitude. Chaque satellite générera environ 100 profils de vent par heure avec une latence des données inférieure à 120 minutes.

L’Organisation météorologique mondiale a identifié à plusieurs reprises les profils de vent globaux directs comme la variable atmosphérique la plus prioritaire qui n’est pas mesurée de manière adéquate par les systèmes d’observation actuels ou prévus. Avant Aeolus, la plupart des données de vent provenaient de radiosondes concentrées sur les masses terrestres de l’hémisphère nord, les océans, les tropiques et l’hémisphère sud dépendant d’inférences indirectes à partir des radiances satellitaires et des vecteurs de mouvement des nuages. Aeolus-2 comblera définitivement cette lacune.

Le premier satellite devrait être lancé vers 2034. Le programme s’inscrit dans le cadre du système polaire EUMETSAT et a été approuvé au conseil ministériel de l’ESA en 2022. Airbus Defence and Space UK, qui a également construit le vaisseau spatial Aeolus original dans son usine de Stevenage, sera l’entrepreneur principal.


Traduit par Lydie

Source: 1ban.news – Space Desk

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