
Des responsables de la NASA annoncent mardi qu’ils envisagent sérieusement d’envoyer le modèle d’ingénierie grandeur nature du rover martien Perseverance vers la Lune, en équipant le véhicule d’une source d’énergie nucléaire pour explorer la région du pôle sud.
Le rover, de la taille d’une voiture et surnommé « Promise » (également connu sous le nom d’OPTIMISM), se trouve actuellement au Jet Propulsion Laboratory de la NASA en Californie, où il sert de banc d’essai pour la mission Perseverance sur Mars. Si le projet est approuvé, le véhicule serait équipé d’un générateur thermoélectrique à radioisotopes multi-missions (MMRTG) alimenté au plutonium-238, lui permettant de fonctionner pendant la nuit lunaire de deux semaines et de traverser des terrains inaccessibles aux rovers solaires.
« Nous réfléchissons très sérieusement à envoyer Promise sur la Lune », déclare Jared Isaacman, administrateur de la NASA, lors d’une mise à jour mensuelle sur les plans de l’agence pour construire une base lunaire. « Nous avons le matériel, et c’est exactement ce que nous devrions essayer de faire pour engranger des réussites : amener une capacité comme Promise à la surface de la Lune. »
Le rover a une masse d’environ 1 000 kilogrammes (1 tonne). En raison de sa taille, il devrait probablement être livré par l’atterrisseur Blue Moon de Blue Origin ou par le Starship de SpaceX. La NASA dispose déjà d’un MMRTG avec une réserve de plutonium-238 qui se dégrade régulièrement, créant une urgence de type « à utiliser ou à perdre » autour de la proposition.
Carlos García-Galán, un autre responsable de la NASA en charge de l’initiative de la base lunaire, souligne l’avantage stratégique d’un rover à propulsion nucléaire.
« Ce serait une capacité formidable », déclare García-Galán. « Pour les objectifs lunaires, avoir un RTG nucléaire à bord nous permet d’aller partout où nous voulons, indépendamment de l’éclairage. Survivre à la nuit lunaire va être l’un des plus grands défis – avec cette capacité, nous n’aurions pas à nous en soucier. Donc, de longues traversées vers ces zones très difficiles d’accès, comme Curiosity et Perseverance nous l’ont montré à la surface de Mars, ce serait formidable. »
Plus nécessaire comme banc d’essai ?
Au fil des ans, Promise a servi de double physique pour résoudre les problèmes que Perseverance pourrait rencontrer sur Mars. Les commandes sont souvent testées sur ce véhicule dans le Mars Yard du JPL avant d’être envoyées au rover sur la Planète rouge. Mais après des années d’expérience opérationnelle accumulée avec les rovers Curiosity et Perseverance sur Mars, la NASA estime que le matériel du banc d’essai peut être réutilisé.
« Il est logique, au début, quand on a un problème, de le tester ici avant de le télécharger sur Mars », explique Isaacman. « Mais nous avons maintenant des années d’expérience dans l’exploitation des deux rovers à la surface de Mars, et nous avons ce matériel dans lequel les contribuables ont beaucoup investi. La question s’est donc posée : et si nous l’envoyions sur la Lune ? »
Les ingénieurs du JPL indiquent que Promise pourrait être modifié pour fonctionner sur la surface lunaire. Quelques ajustements des instruments scientifiques seraient nécessaires, mais Isaacman décrit l’idée comme une façon créative de faire progresser les objectifs lunaires de l’agence.
Pourrait accomplir de nombreuses missions scientifiques utiles
Un rover à propulsion nucléaire de cette envergure pourrait atteindre de nombreux objectifs scientifiques et d’exploration. La NASA a étudié des concepts similaires il y a plus d’une décennie avec une proposition de rover « Endurance » qui aurait traversé près de 2 000 kilomètres à travers le bassin Pôle Sud-Aitken, sur la face cachée de la Lune. Ce rover n’a jamais été construit.
La décision n’est pas définitive, et la NASA évalue toujours la faisabilité d’utiliser Promise comme élément central de sa flotte lunaire. Néanmoins, cette annonce souligne qu’Isaacman et son équipe fouillent les ressources de la NASA pour trouver du matériel existant afin d’accélérer le mandat de l’agence : retourner sur la Lune et y établir une base de surface.
L’agence spatiale est effectivement sur un pied de guerre alors qu’elle cherche à poser des humains sur le pôle sud de la Lune avant la Chine et à explorer en premier les terrains les plus scientifiquement précieux. Mars, pour l’instant, n’est pas une priorité à court terme.
Le rover Perseverance a été lancé vers Mars en juillet 2020. Son prédécesseur, le rover Curiosity de taille similaire, a été lancé vers la Planète rouge en novembre 2011. Tous deux continuent d’opérer à la surface martienne.
Traduit par Lydie

