
Les deux camps affirment que les tirs ont cessé. Reste à savoir pour combien de temps.
Les États-Unis et l’Iran sont convenus de « cesser les hostilités » après un week-end d’attaques de représailles croissantes qui ont rapproché le golfe Persique d’une guerre ouverte plus que jamais depuis le début des négociations entre les deux pays au printemps. Un responsable américain a confirmé l’accord : les deux camps cesseraient les attaques et permettraient aux navires commerciaux de reprendre leur passage par le détroit d’Ormuz. Les pourparlers, selon deux responsables américains, restent « sur la bonne voie. »
Le week-end a commencé par une attaque de drone iranienne contre le pétrolier Kiku. Les États-Unis ont répondu par des frappes contre des installations militaires iraniennes. L’Iran a ensuite riposté par des frappes des Gardiens de la Révolution contre Bahreïn et le Koweït. Le président Donald Trump a menacé d’« anéantir » l’Iran. Dimanche soir, le cycle avait achevé sa trajectoire familière : escalade, menace, retour aux pourparlers.
Le protocole d’accord de 60 jours signé début juin constitue désormais le seul cadre encore en place pour un accord final. Aucune des deux parties ne l’a renié. Aucune ne s’en est retirée. Les deux camps ont tiré des missiles sur les biens et les alliés de l’autre tout en maintenant le document en vie. Telle est la forme de la diplomatie actuelle : la violence comme tactique de négociation.
L’ancien ambassadeur des États-Unis à Oman, Richard Schmierer, a observé que les récents échanges militaires « semblent avoir épuisé leur cours. » C’est une façon de voir les choses. Une autre est que les deux camps ont délivré leurs messages et ont maintenant besoin de temps pour calculer le prochain mouvement.
Le détroit d’Ormuz est le point crucial. L’Iran a longtemps compris que le détroit est le point de pression mondial pour le pétrole. Une perturbation prolongée à cet endroit ébranlerait les marchés mondiaux d’une manière que les frappes militaires sur des bases terrestres ne font pas. Les États-Unis comprennent que maintenir le détroit ouvert est non négociable pour leurs alliés et pour l’économie mondiale. L’arrangement de cessez-le-feu permet aux navires de circuler à nouveau, mais il ne résout pas le différend sous-jacent sur le contrôle du passage dans ces eaux. L’accord est opérationnel, pas politique.
Ce que l’on appelle une désescalade n’est peut-être rien de plus qu’une réinitialisation tactique. Chaque camp a prouvé qu’il pouvait frapper l’autre. Les États-Unis ont démontré qu’ils pouvaient frapper des sites militaires iraniens avec précision. L’Iran a démontré qu’il pouvait atteindre les alliés américains à Bahreïn et au Koweït. La valeur de dissuasion de ces démonstrations est réelle, mais le précédent l’est aussi. La prochaine fois qu’un pétrolier sera touché, qu’un drone sera lancé ou qu’une menace sera proférée, le plafond de l’escalade sera plus élevé qu’avant ce week-end. Chaque cycle élève le seuil de ce qui est considéré comme inacceptable.
L’expression « cesser les hostilités » est soigneusement choisie. Elle implique une pause, pas une fin. Elle suggère que les deux camps conservent la capacité de reprendre les hostilités si les pourparlers échouent. Elle n’utilise pas le langage du cessez-le-feu ou de la trêve, qui auraient un poids juridique et diplomatique. C’est un terme militaire pour arrêter une opération spécifique, pas un terme politique pour mettre fin à un conflit.
Les pourparlers qui restent « sur la bonne voie » n’ont pas encore produit d’accord final. Le protocole d’accord prévoit une fenêtre de 60 jours pour les négociations, et cette fenêtre est toujours ouverte. Mais les frappes qui ont eu lieu pendant le week-end se sont produites à l’intérieur de cette fenêtre. Les négociations n’ont pas empêché la violence. Quelque chose d’autre doit le faire.
Il est possible que les deux camps aient véritablement conclu qu’une guerre plus large ne sert les intérêts d’aucun des deux. L’Iran subit une pression économique sévère et n’a pas besoin d’une confrontation militaire ouverte avec les États-Unis. Les États-Unis n’ont aucun appétit pour une autre guerre terrestre au Moyen-Orient. Sur cette base, une cessation des hostilités est logique en tant que choix rationnel pour les deux parties.
Mais une cessation des hostilités n’est pas un règlement. Les griefs qui ont produit les frappes restent non résolus. L’Iran veut un allègement des sanctions et des garanties de sécurité. Les États-Unis veulent des limites vérifiées sur le programme nucléaire iranien et une fin à ses opérations régionales par procuration. Ce ne sont pas de petites différences, et elles n’ont pas été comblées par un week-end d’échanges dans le Golfe.
Les prochains jours révéleront le véritable caractère de cette pause. Si la cessation des hostilités se maintient et que les pourparrels aboutissent à un accord final, le week-end sera considéré comme une escalade dangereuse qui a finalement clarifié les lignes rouges des deux camps. Si les frappes reprennent, il sera considéré comme le moment où la fiction d’une escalade contrôlée s’est effondrée.
Pour l’instant, les navires traversent le détroit, les missiles sont silencieux et les diplomates négocient. Le monde a déjà vu ce film. La question est de savoir si cette fois, la fin sera différente.
Traduit par Lydie

