
## 26 juin, M5,8 à Chiba : Tokyo fortement secouée
Le 26 juin 2026 à 12 h 46, un séisme de magnitude (M) 5,8 s’est produit au large de la préfecture de Chiba, dans l’est du Japon. Selon l’Agence météorologique japonaise (JMA), l’hypocentre se situait à environ 50 km de profondeur. De fortes secousses ont été ressenties dans le centre de Tokyo, près de 470 000 personnes ayant perçu une intensité d’environ 4. Aucun blessé ni dégât majeur n’a été signalé, mais 46 personnes ont rapporté la secousse à l’USGS. Aucun risque de tsunami.
Environ une heure avant ce séisme, à 11 h 49, un tremblement de terre de magnitude 4,1 s’était produit dans le sud de la préfecture d’Ibaraki, que la JMA considère comme une secousse préliminaire. Quatre répliques ont été observées après la secousse principale, la plus forte atteignant M3,9, toutes situées à environ 11 km au nord-est de l’épicentre.
Ce séisme faisait suite au violent tremblement de terre de magnitude 7,2 survenu la veille, le 25 juin au matin, au large d’Iwate. Le soir même, une secousse encore plus forte frappait la préfecture de Yamanashi.
## 26 juin, 22 h 29 : M5,6 aux Cinq Lacs du Fuji, intensité 6−
Le 26 juin à 22 h 29, un séisme de magnitude 5,6 a frappé l’est de la préfecture de Yamanashi, dans la région des Cinq Lacs du Fuji. L’hypocentre, exceptionnellement peu profond, n’atteignait que 20 km. Une intensité sismique maximale de 6− (faible 6) a été enregistrée à Fujikawaguchiko. Une alerte sismique rapide a été émise, mais aucun risque de tsunami.
Une intensité de 5+ a été observée à Ōtsuki (Yamanashi). Des intensités de 5− ont été relevées dans une vaste zone de la préfecture de Yamanashi, notamment à Kōfu, Fujiyoshida, Oshino et Yamanakako, ainsi que dans l’arrondissement Midori de Sagamihara et à Matsuda (Kanagawa) et Oyama (Shizuoka). Le centre de Tokyo a enregistré une intensité de 4.
L’intensité 6− correspond à un niveau où « il est impossible de rester debout et l’on ne peut se déplacer qu’en rampant », la plupart des meubles non fixés se déplaçant ou tombant. En raison de la faible profondeur de l’hypocentre (20 km), les secousses ont été violentes près de l’épicentre. Aucun blessé ni dégât majeur n’a été signalé à ce stade.
Avec ce séisme, le Japon a subi le 26 juin trois tremblements de terre dans **trois régions distinctes** en l’espace d’une seule journée.
## Le 25 juin, M7,2 au large d’Iwate : intensité 6+
Le 25 juin à 7 h 30, un séisme de magnitude 7,2 s’est produit dans l’océan Pacifique au large de la préfecture d’Iwate. L’hypocentre se situait à 44 km de profondeur. Une intensité de 6+ a été enregistrée à Hashikami (Aomori) et de 6− à Hachinohe. La JMA avait initialement annoncé une magnitude de 6,9, avant de la réviser à 7,2.
Le Shinkansen du Tohoku a temporairement suspendu ses services entre Tokyo et Shin-Aomori, avant de reprendre entre Tokyo et Sendai à 9 h 30. Quatre personnes ont été légèrement blessées, mais aucun tsunami n’a été généré. La Première ministre Sanae Takaichi a immédiatement ordonné aux ministères concernés de rassembler les informations. Lors d’une conférence de presse, la JMA a appelé à la vigilance : « Il convient de rester attentif à des séismes d’intensité 6+ environ pendant la semaine à venir. »
Ce séisme résulte probablement d’un mécanisme légèrement différent de celui du mégaséisme de la fosse du Japon qui a provoqué la catastrophe du 11 mars 2011, lequel était de type interplaque.
## Principaux séismes de 2026 : Japon et monde
2026 n’a pas encore atteint son terme, mais les séismes de grande ampleur se multiplient à travers le monde. Selon les données de l’USGS, huit séismes de magnitude 7 ou plus et soixante-deux de magnitude 6 ou plus ont été observés depuis le début de l’année.
### Principaux séismes autour du Japon (2026)
| Date | Heure | Magnitude | Lieu | Intensité max. | Remarques |
|——|——-|———–|——|—————-|———–|
| 20 avril |, | M7,4 | Large d’Iwate (Sanriku) | 5+ |, |
| 25 juin | 07 h 30 | M7,2 | Large d’Iwate | **6+** | 4 blessés, Shinkansen interrompu |
| 26 juin | 11 h 49 | M4,1 | Sud d’Ibaraki |, | Secousse préliminaire de M5,8 à Chiba |
| 26 juin | **12 h 46** | **M5,8** | **Large de Chiba Est** | **4** | **Fortes secousses à Tokyo, 470 000 personnes** |
| 26 juin | **22 h 29** | **M5,6** | **Est Yamanashi, Cinq Lacs du Fuji** | **6−** | **Intensité 6− à Fujikawaguchiko, profondeur 20 km** |
### Principaux séismes dans le monde (2026)
| Date | Magnitude | Lieu | Dégâts |
|——|———–|——|——–|
| 24-25 juin | M7,5 + M7,2 | Venezuela (Yaracuy) | 188 morts, 1 500 blessés, état d’urgence |
| 8 juin | M7,8 | Philippines (large de Mindanao) | 78 morts, le plus fort de 2026 |
| 23 juin | M7,8 | Large de l’Indonésie | Alerte au tsunami déclenchée |
| 23 juin | M7,2 | Nord du Chili | Dégâts signalés |
| 1er avril | M7,4 | Nord-Moluques (Indonésie) | 1 mort |
| 24 mars | M7,5 | Large des Tonga | Séisme profond |
| 30 mars | M7,3 | Large du Vanuatu |, |
Il est particulièrement frappant de constater qu’entre le 23 et le 26 juin, en seulement trois jours, des séismes de magnitude 7 ou plus se sont produits en chaîne dans la région du Pacifique et des Caraïbes : Japon (M7,2), Philippines (M7,8), Venezuela (M7,5 + M7,2) et Chili (M7,2).
## Comparaison historique : l’activité sismique de 2026 est-elle « anormale » ?
Sur la base des données de l’USGS, comparons le nombre de séismes de magnitude 7 ou plus au cours des dix dernières années.
| Année | M7 ou plus | M6 ou plus |
|——-|————|————|
| 2016 | 16 | 131 |
| 2017 | 6 | 104 |
| 2018 | 16 | 117 |
| 2019 | 9 | 135 |
| 2020 | 9 | 112 |
| 2021 | 16 | 138 |
| 2022 | 11 | 116 |
| 2023 | 19 | 128 |
| 2024 | 10 | 89 |
| 2025 | 15 | 129 |
| **2026 (jusqu’à juin)** | **8** | **62** |
À ce stade, le nombre de séismes de M7 ou plus en 2026 (8) est légèrement inférieur à la moyenne annuelle (environ 13). Statistiquement, il n’y a donc pas d’« anomalie » en termes de quantité. En revanche, **la concentration de cinq séismes de M7 ou plus en l’espace de trois jours au mois de juin** est clairement exceptionnelle, et c’est là l’essentiel du problème.
En sismologie, on sait que les grands séismes ont tendance à former des clusters (concentrations) dans le temps comme dans l’espace. Lorsqu’un grand tremblement de terre se produit dans une région, les variations de contrainte qui en résultent peuvent affecter des failles situées à des milliers de kilomètres : on parle de « déclenchement silencieux ». La succession de grands séismes en juin 2026 pourrait illustrer ce phénomène de façon éloquente.
## Le Japon sous tension : au carrefour de plusieurs plaques
Le Japon est l’une des régions du monde les plus actives sur le plan sismique, au point de convergence de quatre plaques : la plaque pacifique, la plaque philippine, la plaque eurasienne et la plaque nord-américaine.
Une attention particulière est portée à la **fosse de Nankai**. Cette zone de subduction s’étend sur environ 700 km, de la baie de Suruga (Shizuoka) à la mer de Hyuga (Kyushu). Par le passé, des mégaséismes de magnitude 8 s’y sont produits à intervalles de 100 à 150 ans.
Environ quatre-vingts ans se sont écoulés depuis le séisme de Showa-Tonankai (M7,9, 1944) et celui de Showa-Nankai (M8,0, 1946). La Commission gouvernementale de recherche sismique estime la probabilité d’un séisme de magnitude 8 à 9 dans les trente prochaines années entre 70 et 80 %. Dans le pire des cas, le bilan humain pourrait dépasser 230 000 morts, et les dommages économiques pourraient atteindre 213 000 milliards de yens (environ 1 700 milliards d’euros), soit plus de dix fois ceux de la catastrophe du 11 mars 2011.
En août 2024, à la suite d’un séisme de magnitude 7,1 dans la mer de Hyuga, la JMA a publié pour la première fois son « information spéciale sur la fosse de Nankai (alerte aux mégaséismes) ». Cet état d’alerte n’est plus en vigueur, mais les experts s’accordent largement sur le fait que la fosse de Nankai est entrée dans sa « période préparatoire ».
## Avis de la JMA et analyses des sismologues
Après le séisme de M7,2 au large d’Iwate le 25 juin, la JMA a appelé à la vigilance : « Des séismes d’intensité 6+ environ pourraient survenir dans la semaine à venir. » Elle a précisé que ce séisme n’atteignait pas le seuil déclenchant l’alerte de séisme tardif pour la région d’Hokkaido-Sanriku. Quant à la possibilité d’un séisme tardif le long de la fosse du Japon et de la fosse des Kouriles, l’agence maintient pour l’instant son évaluation ordinaire.
Les sismologues divergent sur l’interprétation des événements.
**Ceux qui estiment qu’« une période de vigilance est arrivée » :**
Le professeur Shinji Toda de l’université du Tohoku et d’autres chercheurs soulignent que l’activité sismique de l’ensemble de l’archipel japonais s’est intensifiée depuis le grand séisme du 11 mars 2011. En particulier, le long de la limite de plaques allant de Sanriku à Boso, l’accumulation des contraintes est avancée, créant des conditions favorables à des séismes de magnitude 7. Le récent séisme de M7,2 au large d’Iwate s’inscrirait dans ce processus de long terme.
Un article publié en 2006, intitulé « Mega Earthquake Prediction in Asia using a Yearly Unit Cycle » (Guo et Murai, *Asian J. Geoinfo.*), analysait la cyclicité de treize mégaséismes survenus dans l’est du Japon (1703-2011) et prédisait **l’année 2026 comme celle présentant le risque le plus élevé pour le prochain grand séisme dans l’est du Japon**. Cette prédiction semble prendre une tournure de plus en plus réaliste.
**Ceux qui estiment qu’« il ne faut pas surréagir » :**
D’autres rappellent que la science actuelle ne permet pas de prédire individuellement les séismes, et que conclure à une « phase d’activité anormale » sur la base d’une concentration de secousses sur quelques jours serait prématuré. Le professeur Naoshi Hirata de l’Institut de recherche sismique de l’université de Tokyo souligne qu’en comparaison des données historiques, le nombre de séismes de M7 ou plus en 2026 reste dans la moyenne, et que les années exceptionnelles comme 2023 (19 séismes) sont en réalité plus rares.
## L’avenir auquel le Japon doit se préparer
Cette recrudescence de l’activité sismique sonne plusieurs alertes importantes.
Premièrement, **le risque d’un séisme sous Tokyo**. Le séisme de M5,8 au large de Chiba le 26 juin a montré qu’un tremblement de terre susceptible de frapper directement Tokyo, où se concentrent plus de 40 millions d’habitants, peut survenir à tout moment. Si un séisme d’intensité 6+ ou plus venait à frapper le cœur de la capitale, les conséquences économiques seraient incalculables.
Deuxièmement, **la nécessité de considérer cette période comme une phase préparatoire au séisme de la fosse de Nankai**. Si le retour du grand séisme de Showa-Nankai, vieux de quatre-vingts ans, est proche, le temps restant est limité. Selon les estimations du Cabinet Office, les dégâts économiques causés par un séisme de la fosse de Nankai atteindraient 169 500 milliards de yens, auxquels s’ajouteraient 50 800 milliards de yens de pertes économiques au cours de l’année suivante.
Troisièmement, **l’impact d’une chaîne sismique mondiale**. Comme en juin 2026, lorsque de grands séismes se produisent quasi simultanément en plusieurs points de la ceinture de feu du Pacifique, les capacités internationales de secours et de reconstruction se trouvent dispersées, ce qui retarde l’aide aux zones sinistrées. Au Venezuela, les « séismes jumeaux » de M7,5 et M7,2 des 24 et 25 juin ont fait au moins 188 morts, et une aide internationale a été demandée.
## Comment comprendre la situation actuelle
Le 26 juin 2026, le Japon a connu en l’espace d’une demi-journée une succession de séismes sur **trois épicentres distincts** : **Ibaraki (M4,1)**, **Chiba (M5,8)**, puis **Yamanashi et les Cinq Lacs du Fuji (M5,6, intensité 6−)** . La veille, un violent séisme de magnitude 7,2 frappait au large d’Iwate. L’activité crustale s’étend sur une vaste zone de l’archipel, du Tohoku au Kanto en passant par le Chubu.
À l’échelle mondiale, cinq séismes de magnitude 7 ou plus se sont produits en quatre jours à partir du 23 juin (Philippines M7,8, Venezuela M7,5 + M7,2, Chili M7,2, Iwate M7,2).
Statistiquement, le nombre de séismes de M7 ou plus en 2026 reste dans la moyenne annuelle, mais la concentration sur une courte période et le déplacement des épicentres au Japon (Tohoku, Kanto, Chubu) constituent indéniablement une exception.
La JMA continue d’appeler à la vigilance. Parmi les sismologues, les voix soulignant l’intensification de l’activité sismique de l’ensemble de l’archipel se renforcent.
Le plus important n’est pas de savoir s’il est possible de prédire les séismes, mais de maintenir une société capable de faire face à tout moment. Cette période de 2026 devrait être considérée comme un avertissement pour accélérer la préparation au prochain grand séisme.
**Références :**
– Agence météorologique japonaise, « Informations sismiques » (25 et 26 juin 2026)
– Yahoo! Météo et Catastrophes, « Informations sismiques (26 juin 2026), intensité max. 6−, épicentre : est de Yamanashi, Cinq Lacs du Fuji »
– FNN Prime Online, « Séisme d’intensité maximale 6− dans l’est de Yamanashi, région des Cinq Lacs du Fuji » (26 juin 2026, 22 h 34)
– Xinhua News, « 5.8-magnitude earthquake hits Japan’s Chiba, strong shaking felt in Tokyo » (26 juin 2026)
– Kyodo News, « 4 injured as M7.2 quake hits northeastern Japan, no tsunami warning » (25 juin 2026)
– USGS Earthquake Hazards Program (Significant Earthquakes 2026)
– Wikipédia, « List of earthquakes in 2026 »
– Guo G., Murai S., « Mega Earthquake Prediction in Asia using a Yearly Unit Cycle », *Asian Journal of Geoinformatics*, 2022 ; 22:2109003
– Cabinet Office, « Estimations des dommages du mégaséisme de la fosse de Nankai » (2019)

