L’Ouganda déclare la fin de son épidémie d’Ebola, tout en avertissant que le risque demeure

Le 28 juillet, le ministère ougandais de la Santé a déclaré le pays exempt de son épidémie d’Ebola, 42 jours après que le dernier cas confirmé de transmission locale a été testé négatif et a quitté les soins. L’annonce, rapportée dans The Lancet, s’accompagnait d’un avertissement : le même virus, le Bundibugyo ebolavirus, continue de se propager de l’autre côté de la frontière, en République démocratique du Congo, et le risque de cas importés n’a pas disparu.

L’épidémie ougandaise s’inscrivait dans une épidémie régionale qui a débuté en mai 2026, lorsque l’espèce Bundibugyo du virus Ebola a été confirmée à la fois en RDC et en Ouganda. Cette espèce ne dispose ni de vaccin autorisé ni de traitement spécifique, un fait qui a façonné la riposte et fait de la fin de l’épidémie dans un pays une victoire au mieux partielle. Le compte à rebours de 42 jours, équivalent à deux périodes d’incubation maximales pour la maladie à virus Bundibugyo, a commencé le 16 juillet, lorsque le dernier cas confirmé est sorti des soins après un deuxième test négatif. Aucun nouveau cas de transmission locale n’est apparu au cours des six semaines suivantes.

De l’autre côté de la frontière, l’épidémie se poursuit. Début août, la RDC avait recensé près de 4 000 cas confirmés de maladie à virus Bundibugyo, avec plus de 1 800 décès. La province de l’Ituri reste l’épicentre, la grande majorité des cas et des décès étant concentrée dans une région isolée et densément peuplée, déjà fragilisée par l’insécurité et la crise humanitaire. L’épidémie a également débordé au-delà de la région : en mai, un citoyen américain infecté a été évacué pour raisons médicales vers l’Allemagne ; en juin, un médecin humanitaire français de retour de la RDC a été testé positif ; en juillet, un citoyen américain travaillant pour une organisation humanitaire en RDC a été confirmé infecté.

Le rapport publié dans The Lancet, un World Report du journaliste Paul Adepoju, replace la déclaration ougandaise dans ce contexte régional. L’Ouganda a maîtrisé la transmission grâce à la surveillance, à la recherche des contacts et à la mobilisation communautaire, en coordination avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Africa CDC, mais la porosité de la frontière avec la RDC signifie que le travail n’est pas terminé. La préparation transfrontalière, le dépistage et le maintien des capacités de laboratoire et de traitement restent essentiels tant que le virus circule dans la région.

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Pour les scientifiques, l’épidémie a constitué une occasion rare et difficile. La maladie à virus Bundibugyo a été beaucoup moins étudiée que l’espèce Zaire ebolavirus, responsable des grandes épidémies d’Afrique de l’Ouest et de RDC, et cette épidémie a suscité une mobilisation en faveur du premier essai clinique de traitements contre la maladie. Un essai à plateforme a commencé à recruter des patients début juillet pour tester des thérapies candidates, et le groupe consultatif technique de l’OMS s’emploie à établir des priorités parmi les candidats vaccins, même si aucun n’est encore autorisé. La fin de l’épidémie en Ouganda ne met pas fin à ces efforts ; l’épidémie en RDC en fournit à la fois le besoin et le cadre.

La déclaration montre aussi comment les épidémies se terminent, et comment elles ne se terminent pas. Une épidémie est déclarée terminée lorsque la chaîne de transmission est rompue, et non lorsque l’agent pathogène a disparu ; le compte à rebours de 42 jours est un outil permettant de confirmer le premier point tout en restant honnête sur le second. La réussite de l’Ouganda est réelle, et elle a été obtenue grâce à une surveillance soutenue et à la confiance des communautés. Mais la vulnérabilité collective de la région demeure, et l’avertissement du rapport de The Lancet est que le virus ne respecte pas la frontière que la déclaration ougandaise célèbre implicitement.

Pour les pays voisins et la communauté internationale, les implications pratiques sont immédiates. La surveillance à la frontière entre l’Ouganda et la RDC doit demeurer renforcée, les réseaux communautaires transfrontaliers bâtis pendant la riposte doivent être maintenus plutôt que démantelés, et la capacité de laboratoire qui a rendu possible le diagnostic rapide ne doit pas être laissée à l’abandon entre deux épidémies. L’OMS et l’Africa CDC ont souligné que la sécurité sanitaire régionale dépend de ce type d’investissement durable, et l’épidémie actuelle a déjà montré avec quelle rapidité un seul cas non détecté peut franchir une frontière : les cas importés en Allemagne, en France et aux États-Unis proviennent tous de voyages au départ de la région touchée.

La maladie à virus Bundibugyo a historiquement été négligée par rapport aux autres espèces d’Ebola, précisément parce que les épidémies qu’elle provoque ont été plus petites et plus rares. Cette épidémie a changé la donne, et l’infrastructure de recherche bâtie pendant la riposte, notamment le premier essai de traitement contre la maladie, offre une occasion rare de combler le déficit de connaissances. L’épidémie en RDC continue de fournir le besoin clinique, et les résultats de l’essai, lorsqu’ils arriveront, compteront pour tous les pays de la région et au-delà. La déclaration de l’Ouganda est à la fois la fin d’une chaîne de transmission et le début d’un engagement scientifique plus sérieux envers un virus qui a montré, deux fois en une décennie, qu’il peut traverser les frontières et exiger de l’attention.

Traduit par Lydie

Sources: Adepoju, P. Uganda ends Ebola outbreak but risk remains. The Lancet 408, 504 (2026). DOI: 10.1016/S0140-6736(26)01594-1. WHO Regional Office for Africa; ECDC outbreak situation reports; Al Jazeera, July 28, 2026.

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