Le remplacement de Huawei par l’UE pourrait coûter quatre fois plus que les estimations de Bruxelles, selon la GSMA

Une vive dispute agite Bruxelles sur le coût réel du retrait des équipements de télécommunications chinois des réseaux européens. La GSMA, organisation mondiale représentant les opérateurs de réseaux mobiles, a publié un rapport estimant que le remplacement des équipements des fournisseurs à haut risque, principalement Huawei et ZTE, coûterait entre 30 et 40 milliards d’euros (environ 34 à 45 milliards de dollars). Ce chiffre est environ quatre fois supérieur à l’estimation de la Commission européenne, qui évalue le coût entre 3,4 et 4,3 milliards d’euros par an sur trois ans, soit environ 10 à 13 milliards d’euros au total.

La Commission a proposé d’interdire les fournisseurs à haut risque dans le cadre d’un nouvel EU Cybersecurity Act, invoquant des préoccupations de sécurité nationale concernant la surveillance potentielle et les vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement. Plusieurs États membres de l’UE, dont la Suède, les Pays-Bas et l’Estonie, ont déjà restreint ou supprimé progressivement les équipements Huawei de leurs réseaux 5G. Mais les opérateurs des pays fortement équipés en matériel chinois, notamment l’Allemagne, la Hongrie et certaines parties de l’Europe de l’Est, font face à des coûts de remplacement nettement plus élevés.

Selon l’analyse de la GSMA, le seul retrait des fournisseurs à haut risque des réseaux mobiles coûterait entre 16 et 22 milliards d’euros. Le remplacement du réseau fixe ajoute environ 5 milliards d’euros, et celui du réseau de transport ajoute entre 9 et 12 milliards d’euros supplémentaires. Au-delà des coûts matériels directs, le rapport prévient que la réduction du nombre de fournisseurs d’équipements de trois acteurs majeurs, Ericsson, Nokia et Huawei, à deux réduirait la pression concurrentielle et ajouterait environ 8,5 milliards d’euros de hausses de prix entre 2027 et 2030.

L’estimation plus faible de la Commission suppose qu’une grande partie des équipements Huawei et ZTE devrait de toute façon être remplacée dans le cadre des cycles normaux de modernisation du réseau. La GSMA rétorque qu’un calendrier de remplacement forcé et accéléré, compressant ce qui serait un cycle de renouvellement naturel d’une décennie en trois à quatre ans, impose des coûts supplémentaires que le modèle de la Commission ne prend pas en compte.

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Certains analystes ont remis en question la méthodologie de la GSMA. Hosuk Lee-Makiyama, directeur du European Centre for International Political Economy, a soutenu que si l’étude déduisait les coûts de remplacement qui auraient eu lieu de toute façon dans des conditions normales, le coût incrémental net serait plus proche des chiffres de la Commission. Le secteur rétorque que le calendrier forcé crée des dépenses supplémentaires en matière de logistique, de planification et d’exploitation parallèle du réseau pendant la période de transition.

Le débat n’est pas purement académique. Les opérateurs télécoms européens, confrontés à des marges serrées et à de lourdes exigences d’investissement dans les infrastructures pour les réseaux 5G autonomes, réclament des mécanismes de compensation ou des délais prolongés. Plusieurs gouvernements nationaux ont indiqué qu’ils s’attendent à ce que le budget de l’UE contribue à couvrir les coûts de remplacement. La Commission n’a pas encore répondu au rapport de la GSMA ni indiqué si un soutien financier fera partie de la législation finale.

Sources: TechRadar (26 juil. 2026); Politico EU (22 juil. 2026); Mobile Europe (23 juil. 2026); The Register (24 juil. 2026)

Traduit par Lydie

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