
La Chambre des représentants a voté jeudi pour ordonner au président Trump de mettre fin à l’action militaire en Iran, quatre républicains se joignant aux démocrates dans un second avertissement du Congrès concernant la guerre qui entre maintenant dans son sixième mois.
La résolution sur les pouvoirs de guerre a été adoptée par 214 voix contre 208. Les quatre républicains qui ont fait dissidence étaient les représentants Tom Barrett du Michigan, Brian Fitzpatrick de Pennsylvanie, Thomas Massie du Kentucky et Warren Davidson de l’Ohio. Tous les autres républicains ont voté pour maintenir l’autorité du président à poursuivre la campagne.
La résolution, rédigée par la représentante Pramila Jayapal de l’État de Washington, invoque la loi sur les pouvoirs de guerre de 1973 pour exiger que le président retire les forces américaines des hostilités contre l’Iran, à moins que le Congrès n’autorise le recours à la force militaire. Elle n’est pas auto-exécutoire — une résolution similaire adoptée plus tôt cette année a été ignorée par la Maison-Blanche — mais elle sert de mesure de l’opinion du Congrès.
Cette opinion évolue.
Au début de la guerre, seuls quelques démocrates ont voté contre le conflit. Aujourd’hui, le vote s’est fait presque entièrement selon les lignes de parti, avec une défection républicaine petite mais significative. Les quatre républicains qui ont traversé l’allégeance représentent différentes factions : Fitzpatrick est un centriste qui s’est souvent opposé à son parti en matière de politique étrangère ; Massie est un libertarien qui s’oppose à toutes les interventions militaires à l’étranger par principe ; Davidson a été un critique occasionnel des excès du pouvoir exécutif ; et Barrett représente un district où la présence militaire est importante.
Le Sénat n’a pas suivi le mouvement. Une résolution complémentaire a calé à la chambre haute jeudi soir, le chef de la majorité John Thune refusant de programmer un vote. La direction républicaine au Sénat s’est montrée nettement plus déférente envers la gestion de la guerre par Trump que leurs homologues de la Chambre.
Le vote intervient alors que le Pentagone demande 67 milliards de dollars de financement supplémentaire pour la guerre, en plus des 37,5 milliards déjà dépensés. L’avertissement de la Chambre ne bloque pas ce financement — les résolutions sur les pouvoirs de guerre et les projets de loi de crédits sont des voies distinctes — mais il signale que le chèque en blanc pourrait ne pas le rester indéfiniment.
Axios a rapporté que le vote reflète « un malaise croissant des républicains face au conflit », en particulier alors que le nombre de victimes augmente et que la situation stratégique se détériore. Quatre soldats américains ont été tués et des dizaines blessés lors de frappes iraniennes sur des bases dans toute la région.
Trump n’a pas répondu publiquement à la résolution. La Maison-Blanche a refusé de commenter le vote.
L’effet pratique de l’action de la Chambre est incertain. Les résolutions sur les pouvoirs de guerre n’ont aucun mécanisme d’exécution — elles reposent sur la pression politique et la menace d’un définancement, qui ne s’est pas concrétisée. Mais le symbolisme d’un second avertissement, avec la couverture républicaine, n’échappe à aucun des deux partis. La guerre n’est plus seulement une préoccupation démocrate.
Traduit par Lydie

