Le lancement du télescope spatial Nancy Grace Roman : à quoi s’attendre

Le prochain observatoire orbital phare de la NASA, le télescope spatial Nancy Grace Roman, s’apprête à remodeler la compréhension humaine des exoplanètes, de la matière noire et de l’énergie noire lors de son lancement le 30 août 2026, à bord d’une fusée SpaceX Falcon Heavy depuis le complexe de lancement 39A du Kennedy Space Center.

Le télescope est arrivé au Kennedy Space Center le 21 juin 2026, après avoir terminé les tests au Goddard Space Flight Center de la NASA à Greenbelt, dans le Maryland. Il a voyagé à bord de la barge Pegasus de la NASA et subit actuellement les préparatifs finaux, notamment les tests des panneaux solaires, l’isolation des couvertures thermiques et le remplissage d’environ 1 100 litres (290 gallons) d’hydrazine comme propergol. Remarquablement, la mission a huit mois d’avance sur son calendrier initial.

Roman porte un miroir de 2,4 mètres (7,9 pieds), de la même taille que celui du télescope spatial Hubble. Mais son instrument à grand champ de 300 mégapixels capture une portion de ciel 100 fois plus grande par exposition que Hubble. Là où Hubble avait besoin de multiples pointages pour imager une région, Roman peut le faire en une seule prise. Le télescope embarque également un coronographe pour bloquer directement la lumière des étoiles afin de photographier les planètes orbitant autour d’autres étoiles, une capacité 100 fois plus puissante que tout équipement existant.

Les objectifs principaux de la mission couvrent trois grands domaines de l’astrophysique. Roman cartographiera plus d’un milliard de galaxies pour comprendre comment l’énergie noire entraîne l’expansion accélérée de l’univers, la plus grande question ouverte en cosmologie aujourd’hui. Il découvrira environ 100 000 exoplanètes en transit et recherchera des planètes vagabondes par microlentille gravitationnelle, fournissant le premier recensement statistique des systèmes planétaires à travers la Voie lactée. Il observera également à plusieurs reprises les mêmes régions du ciel, détectant des supernovae, des étoiles variables et des événements de disruption par effet de marée pour construire le film en accéléré le plus profond jamais réalisé du cosmos.

Les découvertes attendues sont stupéfiantes. Les scientifiques prédisent que Roman identifiera de 60 000 à 200 000 candidats exoplanètes, des milliers de planètes par microlentille, et au moins des dizaines de mondes dans la zone habitable de leurs étoiles. Il pourrait découvrir des centaines de planètes vagabondes aussi petites que Mars qui dérivent dans la galaxie sans étoile parente. Il pourrait capturer la première image directe d’une exoplanète annelée. Le télescope pourrait trouver jusqu’à 1 000 nouvelles lunes de Jupiter et 200 de Saturne. Il devrait détecter environ 80 000 supernovae de type Ia, essentielles pour mesurer les distances cosmiques. Il pourrait même confirmer la première exolune.

Roman se rendra au point de Lagrange 2 (L2) Soleil-Terre, à environ 1,5 million de kilomètres (930 000 miles) de la Terre, où il partagera l’espace avec le télescope spatial James Webb. Après le lancement, le vaisseau subira environ 90 jours de mise en service, les opérations scientifiques commençant au début de 2027. La mission principale est conçue pour cinq ans, mais les réserves de carburant et les marges des instruments suggèrent qu’elle pourrait fonctionner pendant une décennie ou plus.

La communauté astronomique américaine a classé Roman comme la mission spatiale de grande envergure la plus prioritaire de l’enquête décennale de 2010. Le télescope s’appelait à l’origine WFIRST (Wide Field Infrared Survey Telescope) avant que la NASA ne le renomme en 2020 en l’honneur de Nancy Grace Roman, la première chef de l’astronomie de l’agence. Connue comme la mère du télescope spatial Hubble, Roman a supervisé le développement des premiers télescopes spatiaux de la NASA et a organisé les astronomes autour du concept d’un grand observatoire spatial des décennies avant le lancement de Hubble. Roman est le premier télescope spatial de la NASA nommé d’après une femme.

La combinaison de la puissance d’observation à grand champ et de la capacité d’imagerie directe de Roman servira également de démonstrateur technologique pour le futur Observatoire des Mondes Habitables, un concept de mission conçu spécifiquement pour imager des planètes semblables à la Terre autour d’étoiles proches et rechercher des signes de vie.

La fenêtre de lancement du 30 août marque le début d’une nouvelle ère en astronomie spatiale, une ère qui promet de livrer des découvertes à un rythme et à une échelle que même les révolutionnaires télescopes Hubble et Webb ne pouvaient égaler.

Traduit par Lydie

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