L’UE fait pression sur Israël pour qu’il cesse la colonisation alors que les violences des colons contre les enfants s’intensifient

L’Union européenne a renouvelé son appel à Israël pour qu’il cesse l’expansion des colonies en Cisjordanie occupée, avertissant que la poursuite des constructions et la violence des colons, y compris les attaques contre des enfants palestiniens, poussent la région vers une instabilité accrue.

La déclaration de l’UE est intervenue alors que des rapports faisaient état d’attaques de colons israéliens contre des enfants palestiniens en Cisjordanie, ajoutant de l’urgence à une poussée diplomatique croissante au sein du bloc pour imposer des mesures plus sévères à Israël concernant sa politique de colonisation.

La pression monte au sein de l’UE pour sanctionner directement Israël en raison de ses colonies illégales. En mai, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont formellement approuvé des sanctions contre des colons israéliens pour des attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie, après que des mois d’opposition hongroise se soient dissipés suite à un changement de gouvernement à Budapest.

« Les ministres des Affaires étrangères de l’UE viennent de donner le feu vert pour sanctionner les colons israéliens pour violence contre les Palestiniens », a écrit la chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas après la décision. « Ils ont également approuvé de nouvelles sanctions contre les principales figures du Hamas. Il était temps de passer de l’impasse à l’action. Les extrémismes et la violence ont des conséquences. »

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a adopté un ton tout aussi ferme. « L’Union européenne sanctionne aujourd’hui les principales organisations israéliennes reconnues coupables de soutenir la colonisation extrémiste et violente de la Cisjordanie, ainsi que leurs dirigeants », a-t-il déclaré.

Ces sanctions visaient des individus liés à la violence, mais plusieurs pays membres poussent déjà pour des mesures plus sévères. La France et la Suède soutiennent des restrictions sur le commerce avec les colonies, tandis que des propositions plus larges comme la suspension de l’accord d’association UE-Israël restent profondément divisives au sein du bloc.

Kallas a indiqué qu’il y avait eu « un appel de nombreux États membres à aller de l’avant » sur les restrictions commerciales avec les colonies, et que la Commission travaillerait à présenter des propositions.

L’urgence est alimentée par l’accélération de l’expansion des colonies. Sous la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu, la plus à droite de l’histoire israélienne, avec des colons occupant des postes clés, l’expansion a été démultipliée. Les terres saisies via des avant-postes non autorisés ont plus que doublé depuis le début de la guerre à Gaza, selon l’organisation de surveillance des colonies Kerem Navot.

Environ 500 000 Israéliens vivent désormais dans les colonies de Cisjordanie. La communauté internationale considère en grande partie leur présence comme illégale au regard du droit international. Les Palestiniens affirment que l’expansion des avant-postes réduit leur accès aux terres, et la violence des colons a grimpé en flèche depuis le début de la guerre.

Le Canada a signalé qu’il envisageait également des actions supplémentaires. La ministre des Affaires étrangères Anita Anand, qui a participé au Conseil des affaires étrangères de l’UE, a déclaré aux journalistes qu’Ottawa « envisage des actions supplémentaires que nous pourrions prendre » contre les colons.

Le renouvellement de l’appel de l’UE intervient alors que le levier du bloc sur Israël reste limité. Les colonies continuent de s’étendre, la violence se poursuit et la machinerie diplomatique produit des déclarations. Que cette fois-ci soit différente, que l’UE puisse passer de l’appel à l’arrêt à l’imposition de celui-ci, reste à voir.

Traduit par Lydie

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