
Washington a élargi mercredi sa campagne contre le commerce pétrolier iranien en imposant des sanctions à cinq compagnies maritimes immatriculées à Hong Kong et à trois sociétés liées aux Îles Marshall pour avoir transporté du pétrole brut iranien vers la Chine.
Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers du département du Trésor a inscrit ces sociétés et huit pétroliers sur sa liste des ressortissants spécialement désignés en vertu du décret exécutif 13902, qui cible les secteurs pétrolier et pétrochimique iraniens. Six des huit navires ont été impliqués dans la livraison de pétrole brut iranien vers la Chine en 2026, certaines cargaisons représentant des millions de barils, selon des responsables américains.
Les sociétés hongkongaises sanctionnées sont Billion Nexus Int’l, Confident Apex, Marinova Freight, Nevada Spirit et Qi Hang Ship Management. Les entreprises liées aux Îles Marshall sont Branch Saying International Trading, Ocean Tranquility et Vast Mighty. Les pétroliers battent pavillon de la Barbade, du Vanuatu, des Îles Marshall et du Mozambique.
Washington a également inscrit sur sa liste noire deux entités d’assurance basées en Iran, la Persian Gulf Marine Insurance Company et l’HormuzSafe Marine Services Authority, les accusant de contraindre les navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz à souscrire une « assurance » contre des risques largement créés par Téhéran. Le Trésor allègue que ce mécanisme détourne des recettes vers le Corps des Gardiens de la révolution islamique.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a soutenu que le régime iranien subit de graves tensions économiques et cherche désespérément des liquidités, affirmant que Washington ne permettrait pas au transport maritime international de financer les activités des Gardiens de la révolution.
Ces désignations s’inscrivent dans une initiative plus large. Le département d’État rapporte que plus d’une centaine de navires liés à la flotte fantôme iranienne ont été sanctionnés en 2026 seulement. Ces mesures complètent les opérations d’interception navale américaines dans la région, où la Marine procède à l’arrêt et à l’inspection de navires soupçonnés de transporter des armes ou du pétrole iraniens.
En vertu des sanctions, tous les biens appartenant aux entités listées se trouvant aux États-Unis ou détenus par des ressortissants américains sont bloqués. Les transactions avec ces entités sont généralement interdites sans autorisation de l’OFAC. Les entreprises non américaines qui commercent avec les parties sanctionnées s’exposent également à des risques de sanctions secondaires.
Cette décision cible une faille bien connue du régime de sanctions. L’Iran s’appuie depuis des années sur un réseau de compagnies maritimes obscures, des changements fréquents de pavillon et des arrangements d’assurance opaques pour continuer à exporter son pétrole vers des acheteurs en Chine et ailleurs. Pékin est le plus gros acheteur de pétrole brut iranien à prix réduit, souvent par l’intermédiaire de sociétés écrans qui rendent les transactions difficiles à tracer.
L’annonce de mercredi indique que Washington réduit les options disponibles pour ces intermédiaires.
Traduit par Lydie

