Les États-Unis et l’Iran ont signé un mémorandum de malentendu

L’accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran s’est effondré parce que la Maison-Blanche n’a pas compris, ou n’a pas voulu comprendre, ce qu’elle avait signé, selon un ancien diplomate de l’ONU qui affirme que la rédaction bâclée de l’administration Trump a anéanti la meilleure chance de mettre fin à la guerre.

David Raikow, ancien diplomate de l’ONU ayant servi au Soudan, au Soudan du Sud, en Libye et en Afghanistan, écrit dans Foreign Policy que le mémorandum d’entente d’Hormuz était un cas d’école de négligence diplomatique.

« La Maison-Blanche a fait exploser l’accord de cessez-le-feu d’Hormuz parce qu’elle n’a pas compris, ou n’a pas voulu comprendre, ce à quoi elle avait accepté », écrit Raikow. « Les résultats jetteront une longue ombre sur le détroit. »

Le problème fondamental, soutient-il, est que dans les conflits armés où la confiance entre les parties est pratiquement nulle, le texte d’un accord est la seule chose qui compte. Chaque mot, chaque virgule et chaque clause a son poids, car aucun des deux camps n’accordera à l’autre le bénéfice du doute.

« Le souci du détail compte dans la construction de la paix, mais pas pour cette Maison-Blanche », écrit Raikow. « Quand il s’agit d’accords de paix et de cessez-le-feu, les détails comptent. Le manque de confiance ou de bonne volonté entre les parties ne laisse presque aucune place à l’erreur ou à l’imprécision. »

L’accord devait arrêter les combats autour du détroit d’Hormuz et créer un espace pour des négociations sur le programme nucléaire iranien et la réouverture de la voie maritime. Au lieu de cela, en quelques semaines, les deux camps s’accusaient mutuellement de violations, et les États-Unis reprenaient les bombardements.

L’effondrement a des conséquences bien au-delà des combats immédiats. Le détroit transporte environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz. Sa fermeture a fait bondir les prix de l’énergie, contribuant à l’inflation qui domine désormais la vie politique américaine.

L’approche de Trump envers l’accord s’inscrit dans un schéma plus large. Le président a montré peu d’intérêt pour les mécanismes de la diplomatie, préférant les annonces fracassantes et les relations personnelles à la négociation patiente. Assis aux côtés d’Erdogan à Ankara, il a annoncé qu’il lèverait les sanctions CAATSA contre la Turquie et envisagerait de vendre des F-35, une décision aux implications considérables pour les ventes d’armes russes à travers l’Asie, sans considération apparente des conséquences juridiques ou stratégiques.

Raikow souligne que le texte signé d’un accord est le seul enregistrement faisant autorité de ce qui a été promis, et qu’une rédaction négligente peut défaire des mois de négociations laborieuses. « Même s’il n’est jamais soumis à un tribunal, le texte signé d’un accord est le seul moyen d’établir exactement ce sur quoi les parties se sont réellement mises d’accord », écrit-il.

L’effondrement du cessez-le-feu d’Hormuz a plongé la guerre dans une phase plus dangereuse qu’auparavant. Les deux camps ont repris les attaques à grande échelle. Les États-Unis terminent maintenant leur septième nuit consécutive de frappes, visant des ponts, des infrastructures énergétiques et des installations hydrauliques dans le sud de l’Iran. Téhéran a répondu par des missiles et des drones visant les bases américaines dans le Golfe.

L’avertissement de Raikow s’applique au-delà du cas iranien. « Quand il s’agit d’accords de paix et de cessez-le-feu, les détails comptent », écrit-il. L’administration Trump a traité un cessez-le-feu comme un simple morceau de papier. Aujourd’hui, le détroit est fermé, les bombes tombent, et le mémorandum d’entente est devenu un mémorandum de malentendu.

Traduit par Lydie

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