Un cargo a forcé le blocus. Les États-Unis l’ont stoppé à coups de missiles

Mardi, un hélicoptère naval américain a tiré deux missiles Hellfire dans la salle des machines du navire. Le bâtiment, un cargo battant pavillon panaméen dans le golfe d’Oman, avait ignoré des avertissements répétés et continuait de faire route vers un port iranien. Le Commandement central américain a indiqué que le navire, le M/V Vela Nova, ne se dirigeait plus vers l’Iran. Le blocus, imposé par Washington pour étrangler les exportations pétrolières iraniennes, est passé des avertissements aux tirs.

Le décompte du CENTCOM montre à lui seul comment l’escalade s’est construite : mardi, le bilan était de 55 navires refoulés, 2 arraisonnés et 3 mis hors d’état de naviguer, le Vela Nova étant le dernier en date. Ces chiffres racontent l’histoire d’un blocus qui prend des dents : d’abord un appel et un avertissement, puis une équipe d’arraisonnement, et désormais des missiles tirés dans les machines d’un navire civil parce que son commandant a choisi de tester les règles.

La ligne juridique est ici très mince. Un blocus est un acte de guerre au regard du droit international, et le faire respecter contre un navire marchand qui refuse de s’arrêter est le sale travail traditionnel de la guerre navale. Les États-Unis présentent cela comme l’application d’une mesure qu’ils sont en droit d’imposer. Téhéran le présente comme de la piraterie en haute mer. L’équipage du Vela Nova, qui qu’il soit, est composé de civils pris au milieu d’un débat doctrinal, et ce sont eux qui ont essuyé les tirs. Les détails, gouvernail ou salle des machines, seront débattus plus tard ; ce qui n’est pas contesté, c’est que les forces américaines ont tiré des missiles réels sur un navire marchand et que personne à Washington ne prétend qu’il s’agit d’un simple contrôle routier.

Un blocus marqué par des arrêts et des reprises

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Le blocus n’est pas une constante. Il a commencé le 13 avril, après l’effondrement des pourparlers de paix à Islamabad, et autorisait les forces américaines à arrêter tout navire se rendant dans un port iranien ou en sortant. En juin, les deux camps ont signé un accord de deux mois qui échangeait une pause de l’embargo contre une circulation marchande sans entrave. Le mois dernier, après de nouvelles escarmouches et des attaques contre la navigation, les Américains l’ont rétabli. Le Vela Nova, c’est ce à quoi ressemble un blocus rétabli lors de sa première épreuve sérieuse : un navire qui a décidé que la menace était un bluff, et qui a découvert qu’elle ne l’était pas.

L’Iran a déjà fixé le prix d’une réouverture du détroit d’Ormuz. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré lundi que les conditions nécessaires pour que le détroit soit déclaré voie navigable internationale ouverte n’existeraient pas tant que le blocus naval américain et ses autres violations se poursuivraient, et que Washington devait lever le blocus et verser des compensations avant toute discussion de réouverture. Chaque missile tiré sur un navire marchand rend cette position plus facile à tenir pour Téhéran, car les images d’un cargo civil en flammes, ou immobilisé, sont la propagande que l’Iran ne peut pas acheter.

C’est le piège du blocus. Il a été conçu comme un outil de pression, un moyen de couper les revenus iraniens sans envahir le pays. Mais un blocus ne fonctionne que si les navires lui obéissent, et les navires ne lui obéissent que s’ils croient que les forces qui l’appliquent tireront. Les Américains ont désormais démontré qu’ils tireraient. Cette démonstration peut dissuader les dix prochains capitaines, ou produire un équipage mort, un incident international et une guerre que personne n’avait planifiée, car c’est ainsi que fonctionnent les escalades en mer. Un navire ignore l’avertissement, un hélicoptère tire, une salle des machines prend feu, et la question de savoir qui a tiré le premier devient celle de savoir qui attaquera ensuite. Le blocus a désormais des dents. Ce sont les dents qui le font fonctionner, et ce sont les dents qui le rendent dangereux.

Traduit par Lydie

Sources: South China Morning Post, BBC, Reuters, CENTCOM via Israel National News

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