Les États-Unis bombardent le sud de l’Iran, accusés de violer le cessez-le-feu et la trêve funéraire de Khamenei

Les États-Unis lancent des frappes aériennes sur plusieurs sites du sud de l’Iran mercredi, quelques heures après avoir révoqué une dérogation de sanctions qui avait brièvement permis les exportations pétrolières iraniennes. Les cibles incluent la ville portuaire de Bandar Abbas, l’île de Qeshm et la localité côtière de Sirik, toutes stratégiquement positionnées le long du détroit d’Ormuz.

Des explosions sont signalées dans toute la province d’Hormozgan. Les médias d’État iraniens confirment l’activation des systèmes de défense aérienne. Le Commandement central américain déclare que les frappes constituent une réponse aux attaques iraniennes contre trois navires commerciaux dans le détroit.

Ce bombardement représente une escalade marquée dans un conflit qui connaissait un fragile cessez-le-feu de plusieurs mois, cessez-le-feu que Washington semble désormais avoir abandonné.

L’Iran parle d’une violation

Téhéran répond en accusant les États-Unis de violer l’accord de paix qui avait suspendu les hostilités depuis avril. Le protocole d’accord, signé fin juin, avait suspendu les sanctions pétrolières américaines et prévoyait la reprise du trafic maritime à travers le détroit. Il a duré deux semaines.

« L’Iran accuse les États-Unis de violer l’accord de paix après des frappes ciblant des sites autour du détroit d’Ormuz », rapporte The Guardian. Le gouvernement iranien déclare que ces frappes prouvent que Washington ne peut être considéré comme fiable dans le respect de ses propres engagements diplomatiques.

L’accusation a du poids. L’accord était censé créer un espace de négociation pour une fin définitive de la guerre américano-iranienne. Au lieu de cela, les États-Unis révoquent leur dérogation de sanctions pétrolières mardi, puis bombardent le territoire iranien mercredi.

La promesse funéraire non tenue

Ces frappes revêtent une signification supplémentaire. Le président Trump avait promis de suspendre les attaques pendant les sept jours de funérailles du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors des frappes américano-israéliennes du 28 février.

Les funérailles, qui débutent le 4 juillet, attirent des millions de pleureurs dans les rues de Téhéran. Trump avait déclaré publiquement que les deux parties avaient convenu d’une semaine de calme. « Nous leur avons donné une semaine de congé pour des funérailles », dit-il dans un discours dans le Dakota du Sud.

Mais les frappes de mercredi, ciblant Sirik, Qeshm et Bandar Abbas, brisent cette promesse. La Maison-Blanche déclare que la réponse a été déclenchée par les attaques iraniennes contre des navires marchands, arguant que l’Iran a violé la trêve en premier.

Les responsables iraniens affirment que les attaques contre les pétroliers ont elles-mêmes été provoquées par la révocation américaine de la dérogation de sanctions. La séquence des événements est contestée, mais le résultat ne l’est pas : le cessez-le-feu est effectivement mort.

Ce qui a été touché

Les frappes se concentrent sur la côte sud de l’Iran, le long du détroit d’Ormuz. Sirik est un port côtier. L’île de Qeshm est la plus grande île du golfe Persique et abrite des installations militaires iraniennes. Bandar Abbas est une grande ville portuaire et la base de la marine iranienne.

Collectivement, ces cibles représentent l’infrastructure que l’Iran utilise pour surveiller et contrôler le trafic à travers le détroit, voie maritime par laquelle transitent 20 % du pétrole mondial.

« Les actions de l’Iran dans le détroit sont totalement inacceptables pour les États-Unis et ne resteront pas impunies », déclare un responsable américain à CNN.

Mais la punition a désormais dépassé la réponse proportionnée. Les États-Unis ont révoqué un accord diplomatique, bombardé le territoire iranien et rompu une trêve funéraire, le tout en l’espace de 48 heures.

Quelle est la suite

L’Iran a promis de riposter. La question est de savoir s’il répliquera contre les bases américaines dans le Golfe, comme il l’a fait en juin après l’incident de l’hélicoptère Apache, ou s’il tentera d’escalader davantage en ciblant plus agressivement la navigation marchande.

Les marchés pétroliers réagissent déjà. La révocation de la dérogation de sanctions a fait monter les prix mardi. Les frappes ajoutent une prime de risque militaire.

La voie diplomatique, déjà étroite, semble désormais fermée. Alors que l’Iran accuse les États-Unis de mauvaise foi et que les États-Unis insistent sur leur légitime défense, le détroit d’Ormuz reste une zone de guerre, et non une table de négociation.

Sources : Al Jazeera (8 juillet 2026), The Guardian (8 juillet 2026), CNN

Traduit par Lydie

Scroll to Top