
Le chef des droits de l’homme de l’ONU estime que les opérations militaires israéliennes au Liban pourraient constituer des crimes de guerre, alors que le bilan des morts civiles et des déplacements de population ne cesse de s’alourdir.
Volker Turk, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a conclu lundi une visite de deux jours au Liban par une évaluation sans concession. Il a accusé Israël de commettre des violations massives des droits de l’homme qui pourraient constituer des crimes internationaux, selon un communiqué publié par son bureau.
Les chiffres sont éloquents. Depuis l’escalade des hostilités le 2 mars 2026, plus de 4 300 personnes ont été tuées par des frappes israéliennes au Liban, dont au moins 392 femmes et 253 enfants. Plus de 12 000 personnes ont été blessées. Environ 620 000 femmes et filles ont été déplacées, dont quelque 16 000 femmes enceintes, dont beaucoup accouchent sans soins médicaux adéquats.
Selon Volker Turk, les forces israéliennes ont émis des ordres de déplacement couvrant environ 14 % du territoire libanais, notamment les zones situées au sud du fleuve Zahrani, la majeure partie de la banlieue sud de Beyrouth et certaines parties de la vallée de la Bekaa. Des experts de l’ONU ont noté que ces ordres rappelaient ceux utilisés par Israël à Gaza contre la population civile.
L’ONU s’est également dite alarmée par l’utilisation de munitions au phosphore blanc dans les zones résidentielles. Le phosphore blanc provoque de graves brûlures et lésions respiratoires, et son emploi dans les zones peuplées est interdit par le droit international humanitaire lorsque l’attaquant ne peut garantir la distinction entre cibles militaires et civiles.
Dans un rapport distinct daté du 22 juillet, des experts de l’ONU ont dénoncé des violations systématiques et généralisées du droit international au cours de la guerre israélienne contre le Liban. Ils ont averti que les actions militaires d’Israël constituaient une violation du droit international humanitaire et de ses principes de distinction, de proportionnalité et de précautions dans l’attaque.
Israël affirme que ses opérations ciblent les positions du Hezbollah et qu’il prend des précautions pour éviter les dommages civils. Mais les enquêteurs de l’ONU ont documenté des attaques contre des immeubles résidentiels ayant tué des familles entières, des frappes à proximité d’hôpitaux et d’ambulances, ainsi que la démolition de maisons et de commerces dans des villages proches de la frontière sud.
L’incursion terrestre israélienne dans le sud du Liban a également suscité des interrogations. Des responsables turcs ont fait des déclarations indiquant une intention de maintenir une présence territoriale, et des experts de l’ONU ont estimé que l’occupation et les démolitions de maisons pourraient elles-mêmes violer le droit international.
La communauté internationale peine à réagir. Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas été en mesure d’adopter des résolutions sur le conflit en raison du veto américain. Mais le HCDH a appelé à des enquêtes promptes et indépendantes sur toutes les violations présumées et à ce que les responsables soient traduits en justice.
Traduit par Lydie

