Trump menace l’UE de tarifs « substantiels » après l’amende de 890 millions d’euros infligée à Google par Bruxelles

Donald Trump a menacé l’Union européenne de nouveaux tarifs « substantiels » après que la Commission européenne a infligé une amende de 890 millions d’euros à Google dans une affaire antitrust. Le président américain a posté sur les réseaux sociaux que l’Europe « vole » les entreprises et les contribuables américains, et que l’UE paiera un « très lourd tribut. »

Cette amende, annoncée jeudi, est la dernière d’une longue série de sanctions antitrust européennes contre les géants américains de la technologie. Google à lui seul a maintenant été frappé de plus de 8 milliards d’euros d’amendes de l’UE au cours de la dernière décennie, dans plusieurs affaires concernant son moteur de recherche, son système d’exploitation Android et sa technologie publicitaire.

La réponse de Trump met le feu à l’accord de Turnberry, la trêve commerciale conclue entre les États-Unis et l’UE à l’automne 2025. Cet accord était censé désamorcer une guerre commerciale transatlantique naissante en abaissant les barrières tarifaires et en établissant un cadre de résolution des différends. L’amende de Google, et la réaction de Trump, mettent à l’épreuve la pertinence réelle de cet accord.

« Cela montre que l’administration Trump considère l’application du droit européen de la concurrence contre les entreprises américaines comme un acte de guerre économique, » a déclaré un analyste commercial cité par Politico. Que Bruxelles l’ait voulu ou non, c’est ainsi que Washington le perçoit.

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Trump a envisagé d’utiliser l’article 301 du Trade Act de 1974, le même outil qu’il a utilisé contre la Chine lors de son premier mandat, pour lancer une enquête formelle sur la réglementation technologique européenne. Cela pourrait conduire à des tarifs sur les produits européens bien au-delà des représailles ciblées qu’il a déployées ces dernières semaines contre d’autres partenaires commerciaux.

Les responsables européens soutiennent que l’application du droit de la concurrence relève du droit, et non de la politique commerciale. Les règles de concurrence de l’UE s’appliquent à toute entreprise opérant sur le marché unique, quelle que soit sa nationalité. Google a été condamné pour avoir abusé de sa position dominante sur le marché de la technologie publicitaire, un comportement qui, en Europe, est illégal.

Trump n’accepte pas cette distinction. Pour lui, une amende infligée à une entreprise américaine est une amende infligée aux États-Unis. Le tarif de représailles est sa réponse par défaut à toute action étrangère qu’il considère comme hostile aux intérêts commerciaux américains.

Le calendrier compte. Trump a déjà imposé des tarifs à plus de 80 pays ces dernières semaines. L’UE avait été épargnée du pire, protégée par l’accord de Turnberry. Les événements de cette semaine suggèrent que cette protection s’amenuise.

L’UE va maintenant devoir décider si elle riposte, avec des tarifs sur les produits américains et une contestation à l’Organisation mondiale du commerce, ou encaisse le coup et tente de réparer l’accord. Aucune option n’est bonne pour une économie européenne déjà confrontée aux répercussions de la guerre en Iran sur les prix de l’énergie et à la fragmentation plus large du commerce mondial.

Une guerre commerciale avec les États-Unis est la dernière chose dont Bruxelles a besoin. Mais Trump ne lui a guère laissé le choix.

Traduit par Lydie

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