
Le président Donald Trump menace de « décimer et détruire toutes les régions d’Iran » si le gouvernement iranien parvient à l’assassiner, faisant monter les enchères rhétoriques d’un conflit qui ne montre aucun signe d’apaisement.
Dans un message publié tard dans la nuit de jeudi sur Truth Social, Trump déclare avoir donné des instructions à l’armée pour qu’elle soit prête à lancer des frappes contre l’Iran s’il est tué ou visé. « J’ai laissé des consignes : si quoi que ce soit arrive, qu’on les bombarde tout simplement à des niveaux qu’ils n’ont jamais vus », confie-t-il au New York Post dans un entretien distinct publié le même jour.
Cette menace survient dans un contexte de tensions accrues après la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, plus tôt ce mois-ci. Lors des processions funéraires à Téhéran, des manifestants portaient des banderoles représentant Trump avec une cible sur la tête. Le Wall Street Journal rapporte qu’Israël a partagé avec la Maison-Blanche des renseignements sur un complot d’assassinat iranien, bien que Trump ait contesté ces informations.
« Non, non, Israël n’a rien apporté », affirme Trump, tout en reconnaissant qu’il est la cible principale de l’Iran « depuis longtemps ».
Un président peut-il ordonner des frappes posthumes ?
La réalité juridique est moins claire que ne le suggère la rhétorique de Trump. Le New York Times et d’autres médias soulignent qu’un président ne peut pas laisser d’instructions contraignantes pour une action militaire après sa mort. Toute autorité prévue par la Constitution serait transférée au vice-président, qui deviendrait commandant en chef.
Mais la menace elle-même pèse lourd. Dans une guerre où les États-Unis ont déjà mené des frappes massives sur le territoire iranien, le conflit a débuté le 28 février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des opérations coordonnées contre l’Iran. L’avertissement de Trump signale que toute attaque réussie contre sa personne déclencherait une escalade au-delà de ce qui a déjà eu lieu.
Négociations et bombardements, simultanément
La menace intervient le même jour où des responsables américains confirment que des pourparlers techniques avec l’Iran reprendront à Oman samedi, le vice-président JD Vance faisant partie des participants attendus. La poursuite simultanée de la diplomatie et de l’escalade est la caractéristique essentielle de l’approche de Trump dans le conflit iranien.
Les États-Unis exigent que l’Iran déclare publiquement que le détroit d’Ormuz restera ouvert à la navigation, une condition clé pour tout cessez-le-feu. L’Iran n’a pas accepté.
Les contradictions s’accumulent. Le cessez-le-feu est régulièrement déclaré mort, puis partiellement relancé. Les pourparlers se poursuivent, mais les frappes aussi. Et désormais, le président menace de représailles apocalyptiques en cas d’assassinat tout en envoyant des négociateurs rencontrer le même gouvernement qu’il menace d’anéantir.
Trump avait déjà fait une déclaration similaire en janvier 2025, affirmant que l’Iran serait « anéanti » si ses assassins réussissaient. La dernière version est plus détaillée et plus précise : l’armée aurait reçu des instructions permanentes, et l’expression « toutes les régions d’Iran » ne laisse aucune ambiguïté sur l’ampleur de la réponse.
Pour l’Iran, le calcul est tout aussi cruel. Qu’il existe ou non un complot d’assassinat actif, la perception à Téhéran sera que le président américain considère la destruction de leur pays comme une réponse proportionnée à toute attaque contre lui. Cette perception à elle seule façonne la trajectoire du conflit.
Traduit par Lydie

