Le budget de lancement du Pentagone dépasse les 30 milliards de dollars alors que la demande de la Space Force s’envole

Le budget de lancement du Pentagone dépasse les 30 milliards de dollars alors que la demande de la Space Force s’envole

La Space Force américaine a triplé le plafond de son principal contrat de lancement commercial à 17 milliards de dollars, portant le total des achats de lancements militaires à plus de 30 milliards de dollars alors que le Pentagone s’efforce de déployer de nouvelles constellations de satellites pour la défense antimissile, la surveillance et le relais de données.

L’expansion du programme NSSL (National Security Space Launch) Phase 3 reflète un changement spectaculaire dans les ambitions spatiales militaires. Il y a tout juste un an, les responsables prévoyaient environ 84 missions réparties sur les deux voies du programme. Aujourd’hui, ce nombre a considérablement augmenté, sans signe de ralentissement.

Comment fonctionne le programme

Le programme NSSL est divisé en deux niveaux. La voie 1 concerne les missions moins sensibles : charges utiles expérimentales, lancements partagés et satellites pour le relais de données ou les réseaux de surveillance. Les fournisseurs commerciaux peuvent y concourir sans certification gouvernementale approfondie, ce qui maintient une barrière à l’entrée basse.

La voie 2 est réservée aux actifs les plus critiques du Pentagone : les plus gros satellites d’espionnage, les plateformes de communication durcies contre les radiations conçues pour survivre à un conflit nucléaire, et autres charges utiles de sécurité nationale hautement prioritaires. Seules les fusées qui passent le processus de certification rigoureux de l’armée sont qualifiées. Actuellement, le Falcon 9 et le Falcon Heavy de SpaceX, ainsi que le Vulcan d’United Launch Alliance, détiennent cette certification.

Un nombre croissant de fournisseurs

Le Space Systems Command a initialement sélectionné SpaceX, ULA et Blue Origin pour la voie 1 en 2024. Rocket Lab, Stoke Space, et plus récemment Relativity Space et Impulse Space ont depuis rejoint le groupe. La Space Force émet des demandes de propositions annuelles et attribue des commandes fermes aux gagnants. SpaceX a remporté la majorité jusqu’à présent ; Blue Origin a remporté sa première commande de la voie 1 plus tôt cette année.

Le plan quinquennal initial prévoyait au moins 30 commandes pour la voie 1 avec un plafond de 5,6 milliards de dollars. Le contrat de la voie 2 était fixé à 13,7 milliards de dollars pour 54 lancements jusqu’en 2029. Mais en avril, le Space Systems Command avait identifié 25 missions supplémentaires pour la voie 2 au-delà de l’estimation initiale, et le plafond de la voie 1 a désormais été triplé.

Qu’est-ce qui alimente cette croissance

Les responsables n’ont pas publié de ventilation détaillée, mais plusieurs programmes majeurs sont clairement derrière cette augmentation.

La Space Force a récemment attribué des contrats de plusieurs milliards de dollars à SpaceX pour les constellations Space Data Network (SDN) et Airborne Moving Target Indicator (AMTI), des réseaux satellites mondiaux conçus pour fournir une connectivité et des données de ciblage aux forces américaines.

Le principal moteur pourrait être Golden Dome, le bouclier de défense antimissile proposé par l’administration Trump, qui devrait nécessiter un grand nombre de capteurs et d’intercepteurs spatiaux.

La trajectoire budgétaire confirme la tendance. La Maison Blanche a demandé 71,1 milliards de dollars pour la Space Force pour l’année fiscale 2027, soit près du double des quelque 40 milliards de dollars alloués en 2026. La commission des crédits de la Chambre propose 55,5 milliards de dollars, tandis que le Sénat n’a pas encore publié sa version.

Avec la valeur totale des contrats NSSL dépassant déjà les 30 milliards de dollars et continuant d’augmenter, l’appétit militaire pour les services de lancement ne montre aucun signe de ralentissement.

Clark – 1ban.news

Traduit par Lydie

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