Rubio propose l’aide américaine pour mettre fin à la guerre en Ukraine, mais sans raccourci ni calendrier

Marco Rubio affirme que les États-Unis sont prêts à aider à mettre fin à la guerre en Ukraine. Il précise également qu’il n’y a pas de voie rapide vers un accord. Ces deux déclarations, livrées après une rencontre avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Manille, disent la vérité sur la situation.

Le secrétaire d’État américain s’est exprimé jeudi en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN, un lieu choisi précisément pour signaler que l’Ukraine n’est pas qu’un problème européen. Rubio a qualifié le conflit de « guerre insensée » et a déclaré que l’administration Trump est « déterminée à travailler » pour y mettre fin, mais seulement « si les conditions et les facteurs ont changé pour rendre cela possible ».

Ce n’est pas le langage d’une percée. C’est celui d’un diplomate qui maintient un canal ouvert tout en gérant les attentes.

Lavrov, de son côté, n’a rien offert qui suggère un changement de position de Moscou. La Russie n’a montré aucune volonté de revenir au projet d’Istanbul de 2022, d’accepter un cessez-le-feu dans des conditions proches de celles de l’Ukraine, ou d’abandonner ses revendications territoriales dans l’Est et le Sud. Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié la rencontre de « professionnelle » sans faire preuve d’optimisme quant à une résolution rapide.

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L’appel de Rubio à un « effort soutenu et à des idées nouvelles » suggère que l’administration estime que les cadres diplomatiques existants ont atteint leurs limites. À quoi ces nouvelles idées pourraient ressembler, et si elles seraient acceptables pour Kyiv, qui n’était pas dans la salle, reste flou.

La rencontre était le premier face-à-face de Rubio avec Lavrov depuis son entrée en fonction. C’est en soi un fait notable : le plus haut diplomate américain et le plus haut diplomate russe ont dialogué à un moment où la guerre s’est installée dans un conflit d’usure sans changements majeurs sur les lignes de front. L’urgence de la rencontre ne venait pas d’un changement sur le champ de bataille, mais de la simple reconnaissance que la guerre approche de sa quatrième année sans fin visible.

« La diplomatie exigera un effort soutenu et des idées nouvelles », a déclaré Rubio.

C’est le cadre honnête : les États-Unis veulent sortir de la dynamique où ils fournissent armes et argent tandis que la guerre se poursuit indéfiniment, mais ils veulent aussi éviter un règlement qui ressemble à une victoire russe. Ces deux objectifs sont en tension. Personne à Manille ne les a résolus.

Le ministère russe des Affaires étrangères a prévenu que Moscou ne voit aucun signe que les États-Unis soient prêts à cesser leur soutien militaire à l’Ukraine dans le cadre d’un processus de paix. C’est plus que tout le fossé que les « idées nouvelles » devraient combler. Tant qu’il ne se rétrécit pas, la guerre se poursuit, avec ou sans offres d’aide depuis Manille.

Traduit par Lydie

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