
Les Superintelligence Labs de Meta, l’initiative phare de Mark Zuckerberg visant à construire « une superintelligence personnelle qui nous connaît profondément », ont lancé leur premier produit public le 8 juillet avec un nom qui, avec le recul, plaçait la barre beaucoup trop haut. Muse Image, un modèle de génération d’images par IA doté de 30 filtres conçus pour fonctionner avec le contenu Instagram, n’a pas tenu 72 heures avant d’être retiré de la plateforme.
La fonctionnalité à l’origine de la controverse était simple dans sa conception mais catastrophique dans ses implications pour la vie privée. Muse Image permettait aux utilisateurs de mentionner avec un @ n’importe quel compte Instagram public dans Meta AI et de « générer des images IA créatives les mettant en scène », appliquant des filtres stylisés au contenu d’autrui par défaut, sans nécessiter l’accord de cette personne. L’annonce de lancement de Meta décrivait cette fonction comme rendant l’IA « plus personnelle, amusante et sociale. »
La réaction fut immédiate. La SAG-AFTRA, le syndicat des acteurs, a qualifié la fonctionnalité d’« erreur de calcul totale concernant les dangers et préjudices évidents inhérents à une telle utilisation. » Le syndicat a exigé un « consentement explicite et visible » pour toute utilisation des images de ses membres. Les défenseurs de la vie privée ont souligné que le bilan de Meta, cité trois fois dans l’article comme « menant le monde » en matière d’échelle de réseau social, de cyberharcèlement et de réactions négatives de la communauté sur la vie privée, aurait dû rendre le résultat prévisible.
Le 11 juillet, la fonctionnalité avait disparu. Le communiqué de rétractation de Meta indiquait : « Notre intention était de fournir un outil créatif utile et de donner aux gens le contrôle sur la façon dont leur contenu public pouvait être référencé de cette manière. Nous avons entendu les retours selon lesquels cette fonctionnalité n’a pas atteint son objectif, elle n’est donc plus disponible. »
Cet épisode constitue un début difficile pour les Superintelligence Labs de Meta, que Zuckerberg a présentés comme le pari à long terme de l’entreprise sur l’IA de niveau AGI. Certains des filtres Muse Image avaient été conçus en collaboration avec des créateurs Instagram, une stratégie délibérée de priorisation du contenu des créateurs par rapport aux médias traditionnels, ce qui n’a fait qu’amplifier la controverse lorsque ces créateurs ont vu comment leur travail pouvait être réutilisé.
Le rapport de The Register sur l’incident a noté l’ironie avec une sécheresse caractéristique : « Meta admet que sa première ‘superintelligence’ était trop stupide pour survivre trois jours. »
Traduit par Lydie
Sources : Meta admet que sa première « superintelligence » était trop stupide pour survivre trois jours (The Register, 13 juil. 2026)

