Lebanon-Israel Ceasefire Agreement Carries Seeds of Next War, Analyst Warns

L’accord de cessez-le-feu entre le Liban et Israël a été présenté comme une percée diplomatique. À y regarder de près, il ressemble davantage à un piège soigneusement tendu.

L’accord-cadre annoncé par le Secrétaire d’État américain Marco Rubio le 26 juin 2026 était le fruit de mois de médiation américaine, de multiples prolongations d’une trêve antérieure et de l’épuisement croissant d’une guerre qui avait tué plus de 2 000 personnes au Liban et déplacé plus d’un million de personnes. Sur le papier, il promettait « une paix et une sécurité durables ». Dans la pratique, comme le soutient Sami Halabi, directeur politique à l’Institut Badil de Beyrouth, dans une nouvelle tribune publiée par Al Jazeera, l’accord est structurellement fragile et contient les germes de la prochaine guerre.

Le problème central n’est pas ce que dit l’accord. C’est ce que l’accord attribue.

Selon les termes de l’accord, le gouvernement libanais assume l’entière responsabilité de la prévention des attaques depuis son territoire par le Hezbollah et d’autres groupes armés non étatiques. Israël, quant à lui, conserve le droit de répondre aux violations par ce qu’il considère comme de la légitime défense. Cette asymétrie n’est pas un bug, c’est l’architecture même.

Considérez ce que chaque camp abandonne. Le Liban s’engage à imposer un cessez-le-feu à l’intérieur de ses propres frontières contre un groupe armé militairement plus puissant que l’armée libanaise et politiquement ancré dans la gouvernance du pays. Les institutions de l’État restent fragmentées et faibles : les Forces armées libanaises n’ont pas la capacité de contrôler les armes, la logistique ou le personnel du Hezbollah. S’attendre à ce que Beyrouth accomplisse ce que des décennies de guerre civile et d’occupation n’ont pas permis, ce n’est pas de la diplomatie. C’est un vœu pieux déguisé en politique.

Israël ne renonce à rien de contraignant. Il conserve le droit de frapper, de faire voler des drones de combat au-dessus du territoire libanais et de maintenir des positions militaires dans le sud du Liban. La soi-disant « Ligne jaune » que les forces israéliennes ont tracée le long de la zone frontalière fonctionne comme une zone d’occupation informelle que le cessez-le-feu légitimise en n’y faisant pas référence. Lorsque les avions de guerre israéliens franchissent le mur du son au-dessus de Beyrouth ou qu’un bulldozer de Tsahal s’enfonce plus profondément dans un territoire frontalier contesté, l’accord n’offre aucun mécanisme de conséquence. Le seul recours du Liban est de se plaindre auprès des médiateurs qui ont rédigé l’accord.

L’analyse de Halabi va au cœur de ce qui rend cet accord dangereux. En attribuant l’application au Liban et les droits de réponse à Israël, les termes créent un mécanisme intégré d’attribution du blâme. La prochaine fois qu’une roquette sera tirée depuis le sud du Liban, ou que les renseignements israéliens prétendront détecter un renforcement du Hezbollah, la séquence est déjà écrite : Israël frappe, le Liban proteste et la communauté internationale demande pourquoi Beyrouth n’a pas su contrôler son territoire. La question de savoir ce qu’Israël faisait dans le sud du Liban en premier lieu n’est jamais posée.

L’accord ne touche pas non plus aux causes profondes du conflit. L’occupation des fermes de Chebaa, une parcelle de terre contestée qu’Israël détient depuis 1967, n’est pas abordée. Les différends frontaliers plus larges entre le Liban et Israël restent irrésolus. Plus de 450 000 réfugiés palestiniens enregistrés au Liban, dont la présence a façonné le paysage politique du pays pendant trois générations, ne sont pas mentionnés. Ce ne sont pas des questions secondaires. Ce sont les conditions matérielles qui alimentent la résistance armée et rendent les cessez-le-feu temporaires.

Le Hezbollah a clairement fait connaître sa position. Naïm Qassem, le chef du groupe, a qualifié l’accord-cadre d’« humiliant, honteux et d’une abdication de souveraineté » le 27 juin, le déclarant nul et non avenu. Le groupe a exigé une trêve complète avec un retrait israélien total au lieu des zones de sécurité pilotes que l’accord envisage. Le Hezbollah n’a jamais été signataire d’aucun des arrangements de cessez-le-feu, mais il reste la force militaire la plus capable au Liban. Son rejet importe parce que l’accord ne peut fonctionner sans sa conformité, et l’accord n’offre aucune voie réaliste pour l’obtenir.

Les violations israéliennes de la souveraineté libanaise se sont poursuivies à chaque phase de la trêve. Des drones de surveillance survolent quotidiennement les villes libanaises. Des incursions militaires dans les villages frontaliers ont été documentées par les Casques bleus de l’ONU. En avril, une frappe israélienne a tué six personnes dans le sud du Liban malgré le cessez-le-feu en vigueur. Ces actions ne sont pas des exceptions à l’accord. Elles sont autorisées par celui-ci, parce que l’accord accorde à Israël le droit de répondre aux menaces telles qu’Israël les définit.

La prochaine guerre, conclut Halabi, n’est pas une question de si mais de quand. Et quand elle viendra, le Liban en sera tenu pour responsable. La mécanique est déjà en place : un accord qui tient le Liban responsable de ce qu’il ne peut pas contrôler, accorde à Israël la liberté d’agir comme il le souhaite et ne résolve aucun des différends sous-jacents. Le cessez-le-feu ressemble à de la diplomatie en surface. En dessous, c’est un mécanisme pour produire le prochain cycle de violence avec le blâme pré-assigné.

La diplomatie qui ne tient pas compte des déséquilibres de pouvoir n’est pas de la médiation, c’est de l’imposition par d’autres moyens. L’accord Liban-Israël ne sera pas retenu comme l’accord qui a apporté la paix. Il sera retenu comme l’accord qui a rendu la prochaine guerre inévitable et qui s’est assuré que le Liban en paierait le prix.

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