
Les ministres israéliens de la Défense et des Finances ont annoncé des projets visant à établir de nouvelles colonies illégales à Gaza et en Cisjordanie occupée, marquant une escalade significative de la politique d’annexion du gouvernement.
Le ministre de la Défense, Israël Katz, a déclaré qu’il cherche à établir trois avant-postes militaires Nahal dans le nord de Gaza, sur des sites où des communautés israéliennes existaient avant le retrait israélien de 2005. En inspectant les ruines du nord de Gaza, Katz a décrit la dévastation comme lui procurant un « bon sentiment » et a présenté les avant-postes comme une nécessité sécuritaire.
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui supervise également l’Administration des colonies du ministère de la Défense, a déclaré avoir « finalisé les plans » pour trois colonies dans le nord de Gaza et n’attendre plus que l’approbation du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour procéder immédiatement.
Ces annonces interviennent alors qu’un haut commandant israélien a révélé que l’armée contrôle désormais environ 65 % de la bande de Gaza, un chiffre qui contredit directement les termes de l’accord de cessez-le-feu négocié par Trump.
En Cisjordanie, le rythme de l’expansion des colonies s’est considérablement accéléré. Neuf projets de colonisation ont été avancés depuis le début du mois de juillet seulement, selon des groupes de surveillance palestiniens. Les terres confisquées via des avant-postes non autorisés ont plus que doublé depuis le début de la guerre. Israël a également repris la construction dans quatre colonies évacuées en 2005, Homesh, Sa-Nur, Ganim et Kadim, après avoir abrogé la loi sur le désengagement.
La communauté internationale a condamné ces actions. L’Union européenne a renouvelé cette semaine son appel à Israël pour qu’il cesse l’expansion des colonies, et les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont officiellement approuvé des sanctions contre des colons israéliens individuels en mai. La France et la Suède poussent en faveur de restrictions commerciales avec les colonies.
Ces nouveaux projets de colonisation représentent une rupture fondamentale avec tous les cadres de cessez-le-feu négociés depuis le début de la guerre en octobre 2023. Aucun de ces cadres, qu’ils aient été négociés par les Américains, accueillis par le Qatar ou médiatisés par l’Égypte, n’envisageait des colonies militaires israéliennes permanentes à l’intérieur de Gaza.
Le projet d’avant-poste Nahal de Katz ajoute une nouvelle complication : s’ils sont établis, ils créeront des faits sur le terrain qui rendraient toute future structure de gouvernance civile à Gaza dépendante de l’autorisation militaire israélienne pour exister. Le système Nahal, qui combine présence militaire et infrastructures civiles, a historiquement été utilisé en Cisjordanie et dans le Gaza d’avant 2005 pour ancrer le contrôle israélien avant l’installation civile permanente.
Smotrich a été le moteur de cette expansion. Il a appelé à l’annexion de 82 % de la Cisjordanie et a décrit la destruction à Gaza comme « la phase de démolition » d’un « renouveau urbain ». S’exprimant lors d’une conférence immobilière à Tel Aviv l’année dernière, il a déclaré : « Nous avons fait cela, maintenant nous devons commencer à construire. »
Ces annonces coïncident avec la campagne de l’administration Trump visant à démanteler la Cour pénale internationale, qui avait émis des mandats d’arrêt contre Netanyahu en 2024. Le bureau du secrétaire d’État Marco Rubio a annoncé un effort « pangouvernemental » pour sanctionner le personnel de la CPI et faire pression sur les alliés pour qu’ils se retirent de la Cour, éliminant ainsi le mécanisme international le plus crédible capable de traiter ce que les juristes ont qualifié de crimes contre l’humanité.
Traduit par Lydie

