
Les forces israéliennes ont démoli dimanche une maison palestinienne en Cisjordanie occupée, quelques jours après qu’un avocat a confirmé qu’une ordonnance judiciaire la protégeait de la démolition. La maison, construite en 2016 via le propre système de permis d’Israël, abritait deux familles palestiniennes, dont huit enfants.
La démolition a eu lieu à Masafer Yatta, un ensemble de hameaux ruraux dans les collines du sud d’Hébron, devenu le point focal d’une campagne israélienne intensifiée visant à évacuer les communautés palestiniennes de la région. Les résidents locaux affirment que l’armée n’a donné aucun avertissement préalable.
Cet événement n’est pas isolé. Masafer Yatta se trouve en grande partie dans ce qu’Israël a désigné comme la « Zone de tir 918 » dans les années 1980, une zone d’entraînement militaire qui recouvre des villages palestiniens existant bien avant cette désignation. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies estime qu’environ 20 % de la Cisjordanie a été désignée comme zone de tir, affectant plus de 5 000 Palestiniens de 38 communautés.
Rien qu’à Masafer Yatta, 215 foyers palestiniens, soit environ 1 150 personnes, dont plus de la moitié sont des enfants, vivent sous la menace constante d’expulsion forcée et de démolition de leurs maisons. Les autorités israéliennes et les activistes d’extrême droite ont ciblé la région à plusieurs reprises, et les organisations internationales de défense des droits humains ont prévenu que l’expulsion des résidents constituerait une grave violation du droit international humanitaire.
La démolition de dimanche est notable car la maison était construite légalement et bénéficiait d’une protection judiciaire active. L’avocat de la famille a confirmé qu’une ordonnance du tribunal militaire avait reconnu la résidence comme protégée. Les forces israéliennes l’ont démolie quand même.
Cet incident survient alors que des figures de la coalition israélienne poussent ouvertement à la reconstruction des colonies à Gaza, plusieurs ministres ayant participé le même jour à une marche vers la frontière exigeant le retour des colonies israéliennes évacuées en 2005. Les éléments d’extrême droite du gouvernement du Premier ministre Benyamin Nétanyahou sont devenus plus audacieux depuis le début de la guerre avec l’Iran, utilisant la couverture d’un conflit régional plus large pour accélérer les saisies de terres et les démolitions en Cisjordanie.
Plus tôt ce mois-ci, la Commission palestinienne de résistance aux murs et aux colonies a déclaré avoir documenté 11 074 violations israéliennes dans les territoires occupés au cours du premier semestre 2026. Hébron, où se trouve Masafer Yatta, a enregistré le nombre le plus élevé avec 2 224 incidents.
Le schéma est cohérent : une occupation militaire qui régit les Palestiniens par décret militaire, leur refuse les permis de construire dans la majeure partie de la zone C, puis démolit tout ce qui est construit, y compris les maisons construites avec permis et protégées par des ordonnances judiciaires. La loi, en pratique, est ce que l’armée décide qu’elle est un jour donné.
Traduit par Lydie

