
Washington et Téhéran échangent des tirs, alors que Trump déclare que les frappes continueront jusqu’à ce qu’il dise « assez ».
Les États-Unis ont lancé une troisième nuit consécutive de frappes contre l’Iran le 14 juillet, visant notamment des sites de missiles et de drones, des capacités navales, des systèmes de défense côtière, ainsi que des installations de stockage et de lancement de missiles de croisière sur l’île de Grande Tunb. Le CENTCOM a déclaré que ces frappes visaient à imposer un « lourd tribut » aux forces iraniennes et à réduire davantage la capacité de Téhéran à menacer le transport maritime commercial dans le détroit d’Ormuz.
Ces frappes font suite à la déclaration du président Donald Trump, plus tôt dans la semaine, selon laquelle le mémorandum d’entente du 17 juin avec l’Iran était « caduc ». Ce protocole d’accord, qui prévoyait la réouverture du détroit d’Ormuz sur une période de négociation de 60 jours, a volé en éclats après la reprise des échanges de tirs entre les deux parties.
Les 14 et 15 juillet, l’Iran a répondu en lançant environ 50 projectiles contre Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, la plus grande salve quotidienne depuis le cessez-le-feu du 8 avril. L’Iran a tiré 36 drones, dont 33 ciblaient uniquement le Koweït. Les Gardiens de la révolution ont revendiqué des dégâts sur les bases américaines dans le Golfe, bien que le CENTCOM ait démenti les informations faisant état de pertes américaines lors de ces attaques.
Trump a réuni son équipe de sécurité nationale dans la Situation Room pour discuter d’une possible offensive majeure dans les jours à venir. Selon Axios, les cibles prévues incluent les actifs stratégiques de l’Iran, plutôt que les sites de défense aérienne et de missiles sur lesquels les récentes frappes s’étaient concentrées. Cette nouvelle campagne viserait à forcer le régime iranien à capituler sur des questions incluant le détroit d’Ormuz et le programme nucléaire de l’Iran.
La rhétorique martiale de Trump a accompagné le tempo militaire. « Les frappes contre l’Iran continueront jusqu’à ce que je dise assez », a déclaré le président.
La Maison-Blanche a annoncé le rétablissement d’un blocus naval des ports iraniens et un péage de 20 % sur le fret transitant par le détroit d’Ormuz, Trump déclarant que les États-Unis seraient désormais connus comme le « Gardien du détroit d’Ormuz ». L’Organisation maritime internationale des Nations unies a déclaré qu’il n’existait « aucune base juridique » pour imposer des péages obligatoires sur un détroit international.
L’escalade militaire a un lourd tribut humain. Les pertes militaires américaines s’élèvent à 14 morts confirmés et plus de 400 blessés. Les pertes civiles iraniennes, selon HRANA, atteignent au moins 1 701 personnes. Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz est passé d’une moyenne quotidienne de 138 navires avant la guerre à moins de 20. Le baril de Brent a grimpé à environ 86,54 dollars.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit se rendre à Washington le 18 juillet et pourrait rencontrer Trump le 20 juillet. Le président libanais Joseph Aoun devrait suivre le 22 juillet.
Parallèlement, les dirigeants régionaux ont appelé Trump pour lui proposer un arrangement différent : des investissements à grande échelle aux États-Unis. Trump a annoncé sur Truth Social qu’il remplacerait la « taxe de remboursement » de 20 % par des « accords commerciaux et d’investissement que les différents États du Golfe concluront avec les États-Unis ».
Aucune des deux parties ne montre de signes de recul. La question n’est plus de savoir si la guerre prendra fin, mais jusqu’où elle devra empirer avant que quiconque ayant le pouvoir de l’arrêter trouve la volonté de le faire.
Traduit par Lydie

