Les restrictions à l’exportation américaines poussent DeepSeek à développer ses propres puces IA

La startup chinoise d’IA DeepSeek développe sa propre puce d’inférence sur mesure, marquant un pivot stratégique vers l’indépendance matérielle alors que les contrôles à l’exportation américains resserrent l’accès aux semi-conducteurs avancés.

Le projet, confirmé par trois personnes proches du dossier et rapporté en premier par Reuters, est en cours depuis environ un an. DeepSeek constitue discrètement une équipe de conception de puces via des canaux de recrutement privés et mène des discussions avec des cabinets de conception, des fonderies et des fournisseurs de mémoire.

Inférence, pas entraînement. La puce est conçue spécifiquement pour l’inférence, l’étape où un modèle d’IA entraîné génère des réponses pour les utilisateurs, plutôt que pour l’entraînement de nouveaux modèles. Alors que les applications d’IA passent des laboratoires de recherche à la production à grande échelle, l’inférence est devenue la source dominante de la demande de calcul, créant un marché croissant pour des processeurs spécialisés axés sur l’efficacité.

DeepSeek s’appuyait auparavant sur les GPU H800 de Nvidia, des puces conçues pour le marché chinois avant que Washington n’impose des restrictions plus larges. L’entreprise a depuis transféré une grande partie de sa charge de travail IA vers les processeurs Ascend de Huawei. Le fondateur Liang Wenfeng a reconnu dans un entretien en 2024 que les contrôles à l’exportation américains étaient devenus un obstacle majeur pour l’entreprise.

Cette décision place DeepSeek aux côtés d’une liste croissante d’entreprises d’IA concevant leurs propres puces. OpenAI a dévoilé Jalapeno, sa première puce d’inférence construite avec Broadcom, le mois dernier. Anthropic a également exploré le développement de puces. En Chine, Alibaba et Baidu ont massivement investi dans leurs propres processeurs d’IA.

Les actions de Nvidia ont baissé d’environ 1,6 % dans les échanges avant l’ouverture suite à cette nouvelle, reflétant l’attention des investisseurs face à l’évolution du secteur qui s’éloigne de la dépendance à un seul fournisseur de puces.

L’effort en est encore à un stade précoce. Développer un processeur d’IA compétitif nécessite des années de travail d’ingénierie, des milliards d’investissement et un accès à une fabrication avancée, autant d’éléments qui restent contraints pour les entreprises chinoises sous les régimes d’exportation actuels.

Traduit par Lydie

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