Burnham présente ses excuses pour la réponse du Labour à Gaza et annonce une politique plus ferme envers Israël

Andy Burnham, l’homme qui s’apprête à devenir le prochain Premier ministre britannique, a fait ce que son prédécesseur n’a jamais fait : il a présenté des excuses pour la réponse du Labour à la guerre à Gaza.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux le 9 juillet, Burnham a déclaré que le parti « n’a pas fait les choses correctement » au début des opérations militaires israéliennes, et que sa réponse « a trop souvent été insuffisante ».

« Je sais que beaucoup de gens estiment qu’au début de l’action militaire israélienne à Gaza, mon parti n’a pas fait les choses correctement, et j’en suis désolé », a-t-il déclaré. « Nous devons faire mieux. »

Ces excuses sont une nécessité politique. Le Labour sous Keir Starmer a perdu un soutien considérable à cause de Gaza, voyant les jeunes électeurs et les membres progressistes partir vers le Parti Vert et les indépendants. Le refus initial de Starmer d’appeler à un cessez-le-feu, suivi de revirements timides, a laissé des dommages durables. Les sondages montraient le Labour à un niveau de soutien historiquement bas au moment de son départ.

Burnham tente de reconquérir ces électeurs – et il annonce une rupture plus nette que la plupart ne l’attendaient.

Il a déclaré qu’un gouvernement sous sa direction irait plus loin que celui de Starmer : « envisager de nouvelles sanctions, à la fois contre ceux impliqués dans la violence à Gaza, mais aussi envisager des mesures pour interdire le commerce de marchandises en provenance des colonies illégales. » Il a décrit la destruction de Gaza comme « une cicatrice sur notre conscience collective. »

Mais il s’est arrêté avant de qualifier les actions d’Israël de génocide, affirmant qu’il existe « des preuves croissantes que des crimes de guerre semblent avoir été commis » mais que cela relève en fin de compte des tribunaux internationaux. La cheffe adjointe du Parti Vert, Mothin Ali, a qualifié cela d’évasion : « Si vous demandiez à Andy Burnham si la Russie a commis des crimes de guerre en Ukraine, il dirait oui. »

La ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper, s’exprimant lors d’une conférence de Chatham House le même jour, a déclaré que le gouvernement examinait déjà « ce que nous pouvons faire de plus » en matière de sanctions et de restrictions commerciales avec les colonies illégales. Le ministre du Commerce Sir Chris Bryant a confirmé que le gouvernement « étudie activement » une interdiction du commerce des marchandises des colonies, bien qu’il ait noté les difficultés à déterminer leur origine.

Ce changement est important. La Grande-Bretagne a reconnu l’État palestinien en septembre 2025 sous Starmer et a imposé des restrictions sur les exportations d’armes vers Israël. Mais la posture publique restait prudente. Les excuses de Burnham, directes, personnelles et diffusées en vidéo, signalent que la prudence touche à sa fin.

La question est de savoir si cela suffit. Les organisations humanitaires ont accueilli favorablement ces mots mais ont exigé des actions : un embargo total sur les armes, une suspension de l’accord commercial entre le Royaume-Uni et Israël, et une interdiction immédiate du commerce avec les colonies. Burnham ne s’est encore engagé sur aucune de ces mesures. Pour les électeurs qui ont quitté le Labour à cause de Gaza, des excuses sont un début. Leur suffisance dépendra de la suite.

Traduit par Lydie

Scroll to Top