Bis Repetita : y a-t-il une réelle volonté de mettre fin à cette guerre d’un côté ou de l’autre ?

Le schéma se répète. Les États-Unis bombardent l’Iran. L’Iran ferme le détroit d’Ormuz. Les États-Unis bombardent à nouveau. L’Iran riposte. Quelqu’un déclare le cessez-le-feu mort. Quelqu’un d’autre annonce que les pourparlers vont continuer. Et le cycle recommence.

Cette semaine, la boucle s’est resserrée. Vendredi, le président Trump a déclaré le cessez-le-feu américano-iranien « TERMINÉ », c’est sa mise en majuscules, tout en affirmant que les discussions se poursuivraient. Samedi, les Gardiens de la révolution ont annoncé avoir fermé le détroit d’Ormuz « jusqu’à nouvel ordre » après avoir tiré un missile de croisière naval sur le MV GFS Galaxy, un navire commercial battant pavillon chypriote qui a subi d’importants dégâts dans sa salle des machines. Un membre d’équipage est porté disparu. L’équipage a abandonné le navire.

Les États-Unis ont répondu par une troisième vague de frappes cette semaine, visant 140 sites militaires iraniens, des positions de missiles et de drones, des réseaux de communication et des stations de surveillance côtière dans les villes portuaires de Bandar Abbas, Sirik, Chabahar, Bandar-e Deyr et Assalouyeh.

« L’Iran a fait un mauvais choix. Maintenant, ils paient », a déclaré le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth.

La réponse de l’Iran s’est faite sur deux registres. Les Gardiens de la révolution ont frappé la base aérienne Prince Hassan en Jordanie, revendiquant la destruction d’un centre de commandement et de hangars de drones MQ9. Des missiles et des drones ont également été signalés au-dessus des Émirats arabes unis, du Qatar et de Bahreïn. Et le nouveau guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a publié sa première déclaration publique majeure depuis son accession au pouvoir après l’assassinat de son père en février.

« Nous promettons de venger le sang du leader martyr et de tous les martyrs de ces deux guerres contre les tueurs criminels et déshonorés », a déclaré Khamenei. « La question ne dépend ni de mon existence personnelle ni de celle d’autres responsables. Que nous soyons présents ou non, elle se réalisera. »

Les funérailles d’Ali Khamenei, enfin organisées cette semaine après des mois de retard, ont vu des pancartes appelant à l’assassinat de Trump. Trump a averti que toute tentative contre sa vie déclencherait la destruction de « toutes les régions » de l’Iran.

La fermeture du détroit d’Ormuz est l’escalade la plus dangereuse. Environ 20 % du pétrole et du gaz mondiaux transitent par cette voie d’eau étroite. L’exigence de l’Iran, par l’intermédiaire des Gardiens de la révolution, est que les navires doivent emprunter une route passant par les eaux iraniennes plutôt que la route recommandée par les États-Unis passant par les eaux omanaises. Les Gardiens de la révolution ont prévenu que l’« agression » américaine résultant de la fermeture serait traitée avec « sévérité » et que de nouvelles bases dans la région seraient visées.

Le Commandement central américain a présenté l’escalade comme un échec de l’Iran à se conformer au mémorandum d’accord existant. « L’Iran a eu une nouvelle opportunité de démontrer son adhésion au mémorandum d’accord après avoir été tenu responsable d’attaques antérieures contre des navires commerciaux, mais a de nouveau échoué », a déclaré le Centcom.

L’expression « une nouvelle opportunité » va au cœur de la question. Combien d’opportunités ? Combien de cessez-le-feu ? Combien de cycles de frappes et de représailles avant que quelqu’un ne se demande si l’un ou l’autre camp veut réellement mettre fin à cette guerre ?

Les médiateurs essaient encore. Trump a confirmé que les pourparlers se poursuivraient, même en déclarant le cessez-le-feu mort. La demande américaine, transmise par les médiateurs, est simple : l’Iran doit déclarer publiquement que le détroit d’Ormuz est ouvert et s’engager à cesser de tirer sur les navires commerciaux. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, accuse les États-Unis de violer l’accord. L’Iran a déclaré aux responsables américains que les attaques précédentes contre des pétroliers étaient une erreur commise par un « groupe interne voyou », une affirmation que Washington n’a pas acceptée.

Aucun des deux camps ne peut se permettre de s’arrêter. Trump a construit sa présidence sur l’image de la force ; un cessez-le-feu qui ressemble à une retraite, surtout avec la promesse de vengeance de Khamenei en toile de fond, est politiquement impossible. Le nouveau guide suprême iranien doit prouver qu’il est aussi dur que son père, et son régime lutte pour sa survie face à une armée américaine qui a déclaré être prête à détruire complètement l’Iran.

Le résultat est une guerre qu’aucun des deux camps ne peut gagner et qu’aucun des deux camps ne mettra fin. Bis repetita, et encore, et encore.

Traduit par Lydie

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