Ben-Gvir mène 2 300 colons dans l’assaut d’Al-Aqsa tandis que les Palestiniens sont exclus

Le ministre israélien de la Sécurité nationale mène plus de 2 300 colons juifs dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa jeudi, l’une des plus grandes incursions sur le site le plus sacré de Jérusalem depuis des années, tandis que les fidèles palestiniens se voient refuser l’entrée et que plusieurs sont agressés par les forces israéliennes.

Itamar Ben-Gvir, le ministre d’extrême droite qui a transformé les visites provocatrices sur ce site contesté en marque politique, rejoint des milliers de colons célébrant Tisha BeAv, le jour de deuil juif commémorant la destruction des Temples antiques. Le député du Likoud Amit Halevi exécute des rituels talmudiques dans l’enceinte et hisse un drapeau israélien, une violation directe du statu quo historique qui régit le site.

Le gouvernorat de Jérusalem qualifie cette opération de « plus grande action d’assaut de l’année ». La police israélienne autorise l’entrée de groupes allant jusqu’à 150 colons à la fois. Des dizaines de personnes exécutent une « prosternation épique » devant le Dôme du Rocher.

Les fidèles palestiniens tentant d’atteindre la mosquée pour les prières de l’aube se voient refuser l’accès aux portes. Un important déploiement policier dans toute la vieille ville et les cours de la mosquée les exclut effectivement. L’agence Wafa rapporte que les forces israéliennes agressent plusieurs fidèles qui tentent d’entrer.

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Il ne s’agit pas d’un acte spontané. Ben-Gvir a fait de ces incursions un élément central de son mandat, et chacune d’elles érode l’accord non écrit qui régit le Haram al-Sharif / Esplanade des Mosquées depuis des décennies. Selon le statu quo, les Juifs peuvent visiter mais pas prier ; les rituels religieux non musulmans sont interdits ; et le Waqf nommé par la Jordanie administre le site. La présence de Ben-Gvir et le drapeau de Halevi visent à signaler que ces règles ne s’appliquent plus.

Le moment est révélateur. Israël est à quelques semaines d’élections, et le parti d’extrême droite Otzma Yehudit de Ben-Gvir se bat pour sa survie politique. Les provocations à Al-Aqsa mobilisent régulièrement sa base et déplacent la conversation nationale vers la sécurité et la fierté nationale, loin de l’économie, de la guerre à Gaza et des enquêtes pour corruption qui ont assombri le gouvernement.

La Jordanie, gardienne officielle des lieux saints musulmans de Jérusalem, condamne fermement l’incursion. L’Autorité palestinienne la qualifie d’« escalade dangereuse ». Le ministère des Affaires étrangères met en garde contre les plans israéliens visant à « saper le statu quo historique et juridique ».

Vingt Palestiniens ont été tués par des colons israéliens depuis le début de l’année 2026, selon un rapport de commission publié le même jour. Deux autres sont tués par les forces israéliennes à Beit Furik, à l’est de Naplouse. Deux sont tués dans une frappe israélienne sur le nord de Gaza.

Rien de tout cela ne devrait inquiéter Ben-Gvir. Il est photographié souriant devant le Dôme du Rocher doré, son téléphone à la main, documentant le moment pour ses partisans. Le message est sans équivoque : le statu quo est mort, et il entend l’enterrer.

Traduit par Lydie

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