Les Australiens voient Israël moins favorablement que la Chine, selon un sondage

Les Australiens ont une opinion plus négative d’Israël que de la Chine, selon le dernier sondage Guardian Essential. L’enquête menée auprès de 1 017 personnes a interrogé les répondants sur leurs attitudes envers une douzaine de pays. Seulement 19 pour cent avaient une opinion favorable d’Israël. La Chine a obtenu 24 pour cent.

Ces chiffres racontent une histoire inconfortable pour un pays qui compte à la fois les États-Unis et Israël parmi ses alliés officiels, tout en traitant la Chine comme son principal rival stratégique. Le taux de favorabilité le plus élevé est allé au Royaume-Uni avec 53 pour cent, suivi des nations européennes avec 47 pour cent et de l’Ukraine avec 41 pour cent. Les États-Unis ont obtenu 29 pour cent. La Palestine a obtenu 21 pour cent. Les notes les plus basses sont allées à l’Iran avec 11 pour cent, à la Russie avec 13 pour cent et à la Syrie avec 15 pour cent.

L’écart entre Israël et la Chine mérite qu’on s’y attarde. La Chine fait l’objet de mises en garde régulières du gouvernement australien concernant les ingérences étrangères, l’expansion militaire en mer de Chine méridionale et la coercition économique. Israël est un partenaire sécuritaire de longue date, lié à Canberra par des liens profonds en matière de défense et de renseignement. Mais l’opinion publique australienne a inversé la hiérarchie attendue. Israël est désormais perçu moins favorablement que le pays que les responsables australiens décrivent publiquement comme la menace stratégique la plus importante de la région.

Le sondage a également révélé que la perception de Donald Trump s’est effondrée depuis sa réélection. Moins d’un tiers des répondants voient désormais le président américain positivement. Cela importe car l’alliance américano-australienne est le fondement de la planification de la défense australienne, garantie par l’accord de sous-marins nucléaires AUKUS et par une coopération militaire régulière.

Les femmes sont les moins favorables à Israël : seulement 14 pour cent des femmes ont déclaré une attitude positive. Les personnes âgées de 35 à 54 ans étaient les suivantes les moins favorables, à 18 pour cent. Les 18 à 34 ans étaient à 19 pour cent, et les 55 ans et plus à 21 pour cent. L’écart entre les sexes est frappant et cohérent avec les tendances plus larges des sondages montrant que les femmes des pays occidentaux se détournent d’Israël plus rapidement que les hommes.

Les questions de ce sondage ne correspondaient pas exactement à celles posées lors d’enquêtes précédentes, de sorte que les comparaisons directes dans le temps sont imprécises. Mais la tendance générale est assez claire lorsque l’on examine d’autres données. Une enquête du Pew Research Center menée dans 36 pays entre février et mai 2026 a révélé que des majorités dans la plupart des pays exprimaient une opinion défavorable d’Israël et peu de confiance dans le Premier ministre Benyamin Netanyahu. La guerre en Iran, qui a commencé fin février, semble avoir accéléré un mouvement déjà en cours.

Le gouvernement australien a eu des désaccords publics avec Israël au sujet des guerres à Gaza, au Liban et en Iran. Canberra a condamné la mort de l’aidante humanitaire australienne Zomi Frankcom après une frappe de l’armée israélienne sur un convoi humanitaire à Gaza. Il a critiqué les opérations militaires israéliennes au Liban. Ces positions officielles correspondent assez étroitement à l’opinion publique.

Mais l’écart entre le sentiment public et la politique reste réel. L’Australie continue de partager des renseignements avec Israël, de coopérer sur la technologie de défense et de maintenir la structure d’alliance que les gouvernements successifs ont traitée comme non négociable. Le sondage suggère que le public est moins engagé dans cette relation que ne le pense la classe politique.

Les pays qui ont obtenu les meilleurs scores auprès des Australiens — le Royaume-Uni et l’Europe — sont ceux avec lesquels l’Australie n’a pas de traités de défense formels mais partage des liens culturels et institutionnels. Les pays qui ont obtenu les scores les plus bas — l’Iran, la Russie, la Syrie et désormais Israël — sont ceux avec lesquels Canberra entretient soit un conflit, soit des frictions diplomatiques. La différence est que dans le cas d’Israël, la friction est relativement récente et l’alliance reste formellement intacte. Cela ne peut pas durer indéfiniment si les chiffres continuent d’évoluer dans la même direction.

Traduit par Lydie

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