
WASHINGTON, Les États-Unis ont rétabli les sanctions économiques sur le pétrole iranien, a confirmé mardi le département du Trésor, révoquant une dérogation accordée il y a un peu plus de deux semaines après une série de nouvelles attaques contre des pétroliers dans le détroit d’Ormuz attribuées à Téhéran.
Cette décision marque un revirement brutal. À la fin du mois de juin, Washington avait suspendu son embargo pétrolier contre l’Iran jusqu’au 21 août dans le cadre d’un protocole d’accord visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient. Cet accord était censé rétablir le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, où la navigation commerciale est perturbée depuis les frappes américano-israéliennes sur l’Iran fin février.
« Les actions de l’Iran dans le détroit sont totalement inacceptables pour les États-Unis et ne resteront pas impunies », a déclaré à CNN un responsable américain sous couvert d’anonymat. Le département du Trésor a immédiatement publié un document interdisant « toute nouvelle transaction » d’hydrocarbures iraniens.
Les attaques qui ont brisé l’accord
La dérogation aux sanctions s’est effondrée après que plusieurs navires ont été attaqués dans le détroit ces derniers jours, ont indiqué des responsables américains. Le Trésor a qualifié le comportement de l’Iran de « totalement inacceptable », un langage qui annonce un retour à la posture de pression maximale qui caractérisait la politique américano-iranienne avant la trêve de courte durée.
Le détroit d’Ormuz est le point de passage le plus critique au monde pour le pétrole. Environ 20 % du pétrole mondial et près d’un tiers de son gaz naturel liquéfié transporté par voie maritime transitent par cette étroite voie navigable. Depuis que les frappes américano-israéliennes du 28 février contre l’Iran ont déclenché les représailles de Téhéran, le trafic commercial dans le détroit est en grande partie interrompu, avec des centaines de navires bloqués dans le golfe Persique.
De la suspension au rétablissement
La suspension des sanctions en juin s’inscrivait dans le cadre d’une initiative diplomatique plus large. Washington cherchait à apaiser les prix mondiaux de l’énergie et à créer les conditions d’un cessez-le-feu. Le protocole d’accord avec l’Iran prévoyait une désescalade progressive : allègement des sanctions en échange de l’arrêt des attaques contre la navigation et d’un retour aux négociations.
Elle a duré deux semaines.
Le rétablissement signifie que les exportations de pétrole iranien, qui avaient brièvement bénéficié d’une couverture juridique, sont de nouveau soumises aux mesures de coercition américaines. Étant donné que la Chine est le principal acheteur de pétrole brut iranien, l’effet pratique dépend de la volonté de Washington de faire appliquer les sanctions contre les acheteurs chinois, une question qui reste ouverte.
Réaction des marchés pétroliers
Le rétablissement des sanctions devrait pousser les prix du pétrole à la hausse. Après la suspension de juin, les prix avaient légèrement baissé par rapport aux sommets atteints au plus fort de la crise d’Ormuz. Ce revirement inverse la tendance.
Les analystes d’ING estiment que la suspension précédente avait libéré environ 1,5 jour de la demande mondiale de pétrole. Le rétablissement referme cette fenêtre, resserrant l’offre à un moment où les marchés de l’énergie sont déjà sous tension en raison du conflit en cours entre les États-Unis et l’Iran et de la perturbation de la navigation dans le détroit.
Pas de bonnes options
L’effondrement rapide de l’accord de juin souligne la difficulté de toute voie diplomatique avec Téhéran alors que la crise du détroit d’Ormuz se poursuit. L’Iran exige la fin des opérations militaires américano-israéliennes et la levée de toutes les sanctions comme condition au rétablissement d’un passage sûr. Washington insiste sur l’arrêt des attaques contre la navigation comme condition préalable aux pourparlers.
Aucune des deux parties n’a cédé. Il en résulte une impasse qui maintient l’artère énergétique la plus vitale du monde effectivement fermée, et les marchés pétroliers dans l’incertitude.
Traduit par Lydie
Sources : Franceinfo / AFP (7 juillet 2026), The Hill (7 juillet 2026), CNN

