
Une frappe israélienne touche des tentes dans la zone humanitaire de Gaza, tuant deux personnes et en blessant des dizaines
Une frappe aérienne israélienne a touché des tentes abritant des familles déplacées dans la zone d’al-Mawasi à Khan Younès lundi, tuant au moins deux personnes et embrasant plusieurs tentes dans une zone que l’armée israélienne elle-même avait désignée comme zone humanitaire sécurisée.
La frappe a visé le district côtier de Mawasi, où des dizaines de milliers de Palestiniens déplacés vivent dans des camps de tentes précaires après avoir été chassés de leurs foyers à travers la bande de Gaza. Des sources médicales ont confirmé qu’au moins deux personnes ont été tuées et 27 autres blessées lorsqu’un drone israélien a frappé une tente de plage, selon des témoignages sur place. Ailleurs à al-Mawasi, une frappe israélienne distincte a tué une femme et sa jeune fille dans leur tente. Des témoins ont décrit des scènes de panique alors que la fumée et les flammes engloutissaient les abris temporaires, tandis que les équipes de secours s’efforçaient d’extraire les survivants des décombres.
Les blessés ont été transférés au complexe médical Nasser et aux hôpitaux de campagne koweïtien et d’al-Mawasi à Khan Younès, où le personnel médical, déjà éprouvé par des mois de guerre, travaillait à soigner des blessures allant de légères à critiques.
L’attaque de lundi faisait partie d’une vague plus large d’opérations militaires israéliennes à travers Gaza qui ont tué au moins huit personnes en une seule journée, dont des enfants. À Deir al-Balah, dans le centre de Gaza, une frappe de drone visant un rassemblement civil a tué trois Palestiniens, dont un enfant. Les forces israéliennes ont également ouvert le feu sur des civils près du rond-point de Bani Suheila, à l’est de Khan Younès, tuant un Palestinien et blessant une jeune fille.
La zone d’al-Mawasi a été désignée par Israël comme zone humanitaire depuis décembre 2023, destinée à servir de refuge sûr aux civils fuyant les zones de combat actives. Mais cette désignation a offert peu de protection. La zone a été frappée à plusieurs reprises au cours du conflit, notamment une attaque majeure en juillet 2024 qui a tué au moins 90 personnes et une frappe en septembre 2024 qui a tué 19 personnes.
Quelques jours avant l’attaque de lundi, le 24 juin, un garçon de 11 ans nommé Ahmed Al-Raqab a été tué par un missile israélien alors qu’il jouait devant la tente de sa famille dans le même secteur côtier d’al-Mawasi. Son père, Sabri Al-Raqab, a été filmé à l’hôpital Nasser berçant le corps de son fils en pleurant. « Il portait une pastèque. Quel était le crime de cet enfant ? » a-t-il déclaré. « Il a pris une pastèque et ils ont tiré sur lui. Est-ce un combattant ? Ce n’est pas un combattant. C’est un enfant. »
Ces meurtres surviennent quelques semaines après que la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU a publié un rapport concluant que « les autorités et les forces de sécurité israéliennes ont délibérément ciblé les enfants palestiniens, entraînant un génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre dans la bande de Gaza ». L’enquête de l’ONU a révélé que plus de 20 000 enfants ont été tués et plus de 44 000 blessés au cours des deux premières années de l’assaut.
Malgré un cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025, la violence ne s’est pas arrêtée. Selon l’UNICEF, au moins 265 enfants ont été tués à Gaza depuis le début du cessez-le-feu, soit une moyenne d’un enfant par jour sur plus de huit mois. « Pendant une période soi-disant définie par la retenue et la protection, un enfant a été tué, en moyenne, chaque jour pendant plus de huit mois », a déclaré James Elder, porte-parole de l’UNICEF. « C’est un chiffre absurde et dévastateur. »
Depuis la trêve d’octobre 2025, les violations du cessez-le-feu par Israël ont entraîné la mort de 1 045 Palestiniens et blessé 3 380 autres personnes, en majorité des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé de Gaza. Depuis octobre 2023, plus de 73 000 Palestiniens ont été tués et plus de 173 000 blessés, avec environ 90 % des infrastructures civiles de Gaza détruites.
L’armée israélienne a déclaré qu’elle ciblait les opérateurs du Hamas qu’elle accuse d’être infiltrés dans les zones civiles et humanitaires. Le Hamas nie utiliser les zones humanitaires à des fins militaires. Les organisations de défense des droits humains ont averti à plusieurs reprises que les attaques contre les zones humanitaires désignées violent le droit international humanitaire.
Israël contrôle désormais plus de 70 % de la bande de Gaza, selon des responsables israéliens. Lundi, des véhicules militaires ont été observés en train de déplacer des barrières en béton marquant la soi-disant « ligne jaune » de sécurité d’environ 150 mètres vers l’ouest, élargissant de fait le territoire contrôlé par Israël en violation des termes du cessez-le-feu.
Pour les familles qui fouillent maintenant les restes calcinés de leurs tentes à al-Mawasi, le concept de zone sécurisée est devenu une fiction de plus en plus amère. Déplacées à multiples reprises pendant près de trois ans de guerre, elles n’ont nulle part où fuir.
Traduit par Lydie

