Une liste restreinte de témoins pour un désarmement que le Hezbollah rejette

L’arrangement présente un défaut évident, que tous les acteurs concernés feignent d’ignorer. Le Liban et Israël se sont mis d’accord sur une liste restreinte d’États susceptibles d’envoyer des soldats pour certifier le désarmement du Hezbollah, dans le cadre d’un accord négocié par les États-Unis, et Washington aura le dernier mot, avec la possibilité de retenir plusieurs pays à la fois. Un responsable libanais a confirmé les grandes lignes vendredi, tout en refusant de préciser quels États étaient en lice ni combien de noms comptait la liste. La partie dont les armes doivent être certifiées n’a rien signé et affirme qu’elle ne les remettra pas.

La liste a pris forme cette semaine à l’ambassade américaine de Rome, lors de la dernière session consacrée à la mise en œuvre de l’accord du 26 juin, qui lie le retrait échelonné d’Israël du territoire libanais au démantèlement vérifié de l’arsenal du Hezbollah. Cet accord a fait suite à cinq cycles de consultations menées sous l’égide des États-Unis à Washington. Selon le responsable libanais, chaque camp a écarté les candidats qu’il ne pouvait pas accepter, et seuls les noms ayant survécu aux coupes demeurent. Washington va désormais trancher, a-t-il dit, et la porte reste ouverte à la sélection de plusieurs États à la fois. Des informations antérieures indiquaient que la France avait été rayée de la liste par Israël comme par les États-Unis. Tout ce qui suit la sélection reste en suspens : la taille d’un éventuel déploiement, ses relations avec l’armée libanaise et le fondement juridique de la présence de soldats étrangers sur le sol libanais.

C’est sur cette dernière question que les mécanismes se compliquent. Un premier modèle placerait la force étrangère sous l’égide de la FINUL, la mission de maintien de la paix des Nations unies dont le mandat expire en décembre, une démarche qui exigerait une nouvelle résolution du Conseil de sécurité. Selon le responsable libanais, c’est une avancée que Washington et Jérusalem soient désormais ouverts à cette voie. D’autres possibilités incluent un dispositif distinct confié à une agence des Nations unies ou un mémorandum d’entente avec Beyrouth. La seule option que le Liban a catégoriquement écartée est le recours à des sociétés de sécurité privées pour effectuer la vérification ; le responsable a déclaré que seuls des États sont acceptables.

Rien de tout cela n’a fait bouger le Hezbollah. Le mouvement n’est pas signataire, a déclaré publiquement qu’il ne désarmera pas et continue d’opérer dans le Sud pendant que l’accord se construit autour de son refus. La guerre qui a produit l’accord du 26 juin dure depuis mars, parallèlement à la campagne américano-israélienne plus large contre l’Iran. Après que Washington et Jérusalem ont frappé l’Iran le 28 février, le Hezbollah a tiré vers Israël en signe de solidarité avec Téhéran. Israël a répondu par des frappes aériennes et une offensive terrestre qui a pris une bande du sud du Liban d’environ dix kilomètres (6 miles) de profondeur, et plus d’un million de civils ont fui leurs maisons. Dans ce paysage, un dispositif de vérification que le groupe armé rejette est un document qui flotte au-dessus d’une guerre qu’il ne contrôle pas.

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Les détails non résolus sont les mêmes que d’habitude, et ils ne sont pas mineurs. Aucun accord n’existe sur la prochaine zone que les forces israéliennes remettraient à l’armée libanaise. Beyrouth a proposé Bint Jbeil et Khiam, deux villes qui ont subi de lourds bombardements et où les troupes israéliennes ont rasé des quartiers entiers. La prochaine réunion est prévue début septembre. Le ministère israélien des Affaires étrangères n’a fait aucun commentaire dans l’immédiat, et Washington s’est borné à juger les discussions productives, sur le plan technique comme sur celui des experts. Un conseiller du Premier ministre israélien a déclaré que les progrès dépendent de mesures libanaises concrètes et vérifiables pour désarmer le Hezbollah, et que la sécurité d’Israël n’est pas une monnaie d’échange.

La liste restreinte est une forme de progrès : deux gouvernements qui ont passé des mois à se battre s’accordent désormais sur un menu de contrôleurs potentiels. Mais un processus de vérification a besoin d’un sujet qui l’accepte. Les témoins ont été choisis ; l’accusé n’est pas entré dans la salle.

Traduit par Lydie

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