Pyongyang répond au Tomahawk de Tokyo : Kim Yo Jong promet de nouvelles options

Le premier tir réel d’un missile de croisière Tomahawk par le Japon a suscité une réponse au sommet de la famille dirigeante nord-coréenne. Kim Yo Jong, sœur du dirigeant Kim Jong Un, a déclaré mercredi dans un communiqué relayé par les médias d’État que Pyongyang mettrait en place des options militaires supplémentaires en réponse au renforcement des capacités de frappe du Japon.

Le déclencheur a été l’essai, le 29 juillet, d’un Tomahawk de fabrication américaine tiré depuis le destroyer Aegis JS Chokai dans le Pacifique, la première fois que le Japon tirait ce missile. Tokyo a commandé 400 Tomahawks après avoir révisé en décembre 2022 sa doctrine de sécurité pour y inclure une capacité de contre-frappe, rompant avec des décennies de politique strictement défensive, et les livraisons ont commencé cette année. L’essai a transformé une capacité théorique en une capacité démontrée.

La déclaration de Kim, diffusée par la KCNA, était sans détour sur ce que le Japon est devenu. Elle a qualifié celui-ci d’État criminel de guerre, dont la possession d’une capacité de frappe préventive constituait une grave menace pour la paix et la sécurité mondiales, accusé Tokyo de s’employer à se transformer en État guerrier et affirmé que Pyongyang ne resterait jamais un spectateur passif de l’évolution militaire japonaise. Elle a attribué la responsabilité de l’essai directement à Washington, déclarant que les États-Unis avaient fourni les missiles, remodelé un navire de guerre pour les utiliser et offert les conditions et le lieu du tir. Elle a accusé le Japon d’avoir abandonné sa posture défensive au profit de forces armées conçues pour la frappe préventive et les opérations outre-mer, et a fait valoir que les nouvelles capacités à longue portée mettaient la Corée du Nord et ses voisins à portée.

Elle a également visé le fondement constitutionnel de ce renforcement. Les démarches du Japon pour acquérir une capacité de frappe préventive, a-t-elle fait valoir, vont à l’encontre du droit international et d’une constitution qui renonce au potentiel guerrier et à la belligérance. Elle a rejeté l’image d’État épris de paix que le Japon se donne, y voyant une tactique de camouflage masquant une ambition de devenir une puissance militaire, et a déclaré que la poussée en faveur de la frappe préventive était entrée dans une phase d’action concrète. Reuters a noté que ces propos étaient les plus durs qu’elle ait adressés à Tokyo depuis des mois.

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L’essai du Tomahawk n’était pas la seule récrimination de la liste. Kim a également évoqué les autres tirs d’essai de missiles du Japon et sa participation à un exercice militaire conjoint mené par les États-Unis aux Philippines en mai. La déclaration s’inscrit dans une campagne menée depuis juillet, lorsque la KCNA a commencé à publier éditoriaux et commentaires, dont au moins six, attaquant les dispositifs de sécurité trilatéraux entre les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon comme une menace pour la région.

Les analystes interprètent ce message comme une préparation autant qu’une protestation. Yang Moo-jin, de l’Université des études nord-coréennes de Séoul, estime que Kim présente le renforcement de Tokyo comme un volet d’un effort américain plus large visant à renforcer les capacités militaires par procuration contre le Nord. Lim Eul-chul, de l’Institut des études d’Extrême-Orient de l’Université Kyungnam, juge que ces messages pourraient préparer le terrain à de futures démonstrations militaires, notamment des tirs de missiles ou la présentation de capacités de frappe sous-marine.

Le Japon, de son côté, justifie ce renforcement comme une réponse à l’environnement de sécurité le plus grave et le plus complexe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et son dernier livre blanc sur la défense, publié quelques jours plus tôt, décrit l’activité militaire nord-coréenne comme une menace pour le Japon plus grave et plus imminente que jamais. Le raisonnement de chaque camp nourrit celui de l’autre : Tokyo s’arme parce que Pyongyang menace, et Pyongyang menace parce que Tokyo s’arme. L’essai a rendu cette boucle visible, et aucun des deux camps ne montre le moindre intérêt à en sortir.

Traduit par Lydie

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